Roi du pays de Gallea vers le [ une montagne
des Gallois. due do Bourgogne, pore de Charles»
î. Empereur d'Aile iu»ene ; li lé- *. Bu Flandre,
gciirïc disait qu'il était enfermé d>ns ' 5. Jules II [.503-1M3).
314 I. HICHELET.
pinceau ni couleur, ne savait ce que c'était qu'âne fresque, et l'on voulait qu'il fil, en lace, en concurrence du plus facile et du plus grand des peintres1, cette œuvre énorme de peindre toute cette petite église (deux cents pieds sur cent pieds de haut). Il en frémit, essaya d'éluder; Jules II fut inflexible. Michel-Ange fit venir les plus habiles maîtres de Florence pour apprendre la fresque2, les fit quelque peu travailler ; puis mécontent, il les paya et ne voulut plus les revoir. 11 s'enferma dès lors dans la chapelle, peignant seul et préparant seul, broyant seul des couleurs. Terrible épreuve de nature à tuer l'homme le plus robuste. Et arrivé au tiers de ce travail immense, il crut que tout était perdu. La chaux séchait lentement, et, par places, elle se couvrait de moisissures.
Ce qui aida fort Michel-Ange, c'est que la chapelle Sixtine, œuvre de Sixte IV3, l'oncle de Jules II, n'était qu'une pensée secondaire pour celui-ci, qui attachait la gloire de son pontificat à la construction de Saint-Pierre*. Il obtint d'avoir seul la clef de la chapelle, de n'avoir aucune visite. Celle du pape, qu'il n'osait refuser, il la lui rendait difficile, en ne laissant d'accès aux échafauds que par une raide échelle à chevilles où le vieux pape devait se hasarder.
Cette voûte obscure et solitaire, dans laquelle il passa au moins cinq ans (1507-1512), fut pour lui l'autre du Carmel, et il y vécut comme Élie '. 11 y avait un lit, sur lequel il peignait suspendu à la voûte, la tête renversée. Nulle compagnie que les prophètes et les sermons de