Musitien italien an service du I Gis de Louis XIV
l'exemple d'Henri IV et de Sully, qui vaillamment commencèrent la réforme bien avant lapaixdeVervins'.
Mais le dernier et le grand avertissement se fit en 1707. On entrait dans la banqueroute. Chamillart* en était aux ressources désespérées des assignats, d'une espèce de papier-monnaie. Et on n'en voulait plus, de son papier. Tout l'argent fuyait sous la terre. Éperdu, ne sachant où donner de la tête, devenu jaune, étique, luimême ne pouvait plus se porler sur ses jambes. Il n'y avait pas de temps à perdre. L'année 1708 mangée d'avance. Pour faire face à la guerre et à toutes dépenses, il ne reste que 20 millions.
Dans ce moment suprême, à ce lit de l'agonisant, viennent deux médecins, deux prophètes, Vauban el encore Boisguilberl4. Leurs avis, différents en plusieurs choses, sont identiques en une, l'essentielle, qu'on peut dire d'un mot : « l'égalité, » l'impôt sur tous, sans égard aux privilèges.
Vous ne lirez rien de si éloquent dans les hommes de 1789, non pas même dans Mirabeau, que la préface du Factum de Boisguilberl (1707). Il y a à la fois l'amertume du grand inventeur méconnu, l'àpreté désespérée de la sibylle qui revient une dernière fois; ce sont les accents de Gassandre', mais avec la sombre menace du temps nouveau qui vient vengeur.
Vauban fut disgracié, comme un dangereux fou. Ordre de saisir son livre*. Il meurt six semaines après de voir la France perdue. Pour Boisguilberl, on lui accorde l'essai