Dans la mythologie antique Cu
il. Chitoau du pays de Chartres.
où l'on dort. On y Tait mieux : on n'y fait nulle chose. »
Le rusé prince Eugène1 le surprenait parfois, mais non pas à temps pour le battre. Il avait d'éclatants réveils. D'ailleurs, sous un général si dormeur, chacun veillait pour soi. Tel colonel devenait général en de telles crises, se dévouait. Il faut lire Mirabeau* sur son grand-père, qui se fit tailler en pièces à Cassano3. L'orgueil de l'armée d'Italie, son mépris pour celle du Nord', son fanatisme inconcevable pour son étrange général, étonnent en ce récit qui dément Saint-Simon.
Villars1 fut un autre homme, sauf des ressemblances extérieures. Sa constitution admirable ne faiblît jamais. C'était un grand homme brun, nerveux, toujours en mouvement. Il fabriquait sa généalogie de manière à se rattacher aux antiques Villars du Dauphiné. Mais son indestructible force disait assez sa bonne souche plébéienne. Son grand-père était notaire dans le Lyonnais, et, très probablement, comme tant de Lyonnais, de race provençale ou gasconne. Son père avait été le plus bel homme qu'on pût voir, aimé de tous, très brave, recherché pour second aux plus fameux duels, un héros de roman; on l'avait nommé Orondate. Notre Villars n'aimait que les romans, les comédies, les opéras, qu'il retenait, citait à chaque instant. Sa vie, de près d'un siècle, fut une merveilleuse gasconnade. Torrent de vanteries, langue de charlatan, figure trop parlante, un peu folle, tout cela détonnait à Versailles6, et on l'aurait jugé