LE CULTE DU ÏXU
Los races aryennes qui, sorties de l'Asie centrale, ont peuplé l'Inde, la Perse et l'Europe el dont nous sommes les descendants, ont de tout temps rendu un culte au feu. La religion du foyer semble être o que l'arrivée des ÀryAs en Europe. Dans le passage
Jusle reconnaissance. Si l'on n'eût eu le feu, dans ces temps, qu'eut été la rie? Combien misérable, dénuée, incertaine! Sans le feu, rien; avec lui, tout. Le feu. la naît, fait fuir les bêles, les codeurs des ténèbres. L'hyène et le chacal n'aiment pas les lueurs du foyer; le lion même s'éloigne en grondant. Mais les feux du matin, la flamboyante aurore mettent décidément en déroute ces sinistres myopes; ils ont en horreur le soleil.
Dans nos villes bien éclairées, dans nos maisons fermées et garanties, nous n'avons plus le sens de celte situation. Qui n'a eu pourtant, en voyage, quelque nuit à passer en lieu suspect, dans quelque villa solitaire de pays mal famé? Le plus brave, s'il parle franchement, dira qu'il ne fut pas fâché de voir le jour. C'était bien autre chose alors; l'homme n'avait guère d'arme que la massue, ou tout au plus la grosse et courte épée qu'on voit aux monuments assyriens. C'est de tout près, et nez à nez, qu'il fallait poignarder le lion. 11 abondait alors, et même aux pays de froid hiver, comme la Grèce; à plus forte raison en Bactriane et Sogdiane ', où vivaient nos Aryàs. Rare aujourd'hui en ces contrées, le chat monstrueux (lion ou tigre) a baissé de taille comme le chien son ennemi.
Sous la garde d'un chien terrible, dans la maison bien ou mal close, la famille — homme et animaux — écoutait plus d'une fois la nuit les redoutables miaulements. La vache émue ne tenait pas en place; l'Ane si fin d'Orient dressait son oreille mobile et aspirait les bruits.
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C'est lui qu'on regardait, qu'on consultait surtout. C'est lui qui le premier (nous dit le Rig-Véda'), sentant le lion parti, flairait le malin, disait l'aube. On se hasardait a sortir; en tête le gigantesque chien, aimé et caressé, l'homme ensuite avec les bestiaux, la femme et les petits enfants. Tous heureux, gens et bêtes, et les plantes aussi, rajeunies. L'oiseau, ayant tiré sa télé de dessous l'aile, préludait sur la branche, semblait charmé de vivre. On s'unissait à lui pour bénir la lumière; on chantait attendri : c Merci ! Encore un jour ! »
La religion du foyer ne serait jamais née dans le Midi ; elle naquit au Nord. On n'en peut guère douler quand on voit l'homme, dans ses vœux pour une longue vie, désirer < cent hivers » . On sent bien le climat sévère des hauts plateaux d'Asie dans les tendresses, les caresses qu'on fait au Feu, au bon ami, Agni'.On parle aussi d'une manière sentie de la fine brebis du Candahar3 aux laines chaudes et délicates. Dans les hymnes du mariage, où la femme choisit son époux, on lui fait dire avec une grâce innocente : « Je suis faible, et je vais à toi. Sois bon pour ma faiblesse. Je serai toujours Roma Sd, la douce brebis des Gandaras, la soyeuse brebis qui vient chez toi te réchauffer. »