Jan Pieter Waelpot était libraire à Délit
2. Ce l' loris Balthasar, dont il est question dans un grand nombre d octrois des
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P R I N C F, H l<; U F D I I A I R K DE li O H M K .
(l’ciiit p.-ir Micliicl \'.in Miercvelt cl "i:ivc p:n- W, ,1. Dclll, i6ci|.)
LES ARTISTES CELEBRES
Autres créances
De l’héritage de feu Fytgen Jochums, il reste à recevoir. loo fl. o s.
Ici se place une double mention qui nous apprend que l’inventaire est incomplet : « Jacob Delft, l’un des orphelins, est-il dit dans le premier paragraphe, a trouvé bon qu’on lui attribuât en partage, tant en etfetsde corps qu’en livres, estampes et autres objets mobiliers provenant de cette succession, suivant la liste dressée, une somme de 578 11.
10 sols.
« D’autre part, Christina Delft, le second enfant, a pareillement, suivant liste dressée, retenu pour goq 11. 4 sols d’objets divers.
« Kn conséquence, suivant balance, Christina Delft se trouve de ce chef débitrice vis-à-vis de son frère de 33 1 florins. »
Cette annotation a une importance particulière, en ce qu’elle nous révèle que le mobilier, les elfets de corps, les bijoux, l’orfèvrerie, etc., ont été triés et qu’un certain nombre de pièces ont été mises de côté par les héritiers. Il faut donc tenir compte de cette réserve dans les appréciations qui vont suivre, et quoique l’inventaire dénonce un intérieur assez luxueux pour le temps, nous devons conclure qu’avant ces reprises,
11 l’était bien davantage; car il est plus que probable que ce furent les objets mobiliers les plus beaux et les plus artistiques que conservèrent, pour leurs jeunes pupilles, le vieux Mierevelt et le notaire Jan Van Beest, l’un et l’autre gens experts en ces matières.
Etats-Généraux et qui le plus souvent était qualifié sur les registres de l'état civil, ffoutsmit, c’est-à-dire orfèvre, était un graveur des plus renommés. C’est à lui qu’on doit une partie de ces belles cartes, si précieuses comme renseignements, qui furent exécutées à la fin du xvi" siècle et dans les premières années du xvii°. Les cartes de la Bctmvc, du Siège d’Ostende, de la Ville de l’Ecluse, etc., lui valurent des récompenses de leurs Hautes Puissances.
En i6o3, Floris Balthasar perdit sa femme Annitgen Thomas, dont il avait eu Quatre enfants, nommés Balthasar, Grietgen, Maritgen et Frans; chacun de ces enfants toucha pour sa part d'héritage 25 florins.
En 161G, leur père étant mort insolvable, les maîtres des orphelins firent saisir le peu de linge et de meubles que laissait le pauvre graveur. On vendit tout et les tuteurs s’attribuèrent tout d’abord 5o florins pour la part d’héritage des deux enfants encore mineurs, plus 216 florins pour leur entretien jusqu’à leur majorité. Frans, le plus jeune, fut mis en apprentissage chez son frère aîné Balthasar, qui était, lui aussi, graveur, et tous deux se distinguèrent dans la profession qu’avait illustrée leur père.
MICHIEL VAN MIEREVEI.T ET SON ('ÆNDRE
Titre VI
Vêtements d’homme
Ce titre ne renferme que quatorze articles. Je crois inutile d’en donner le détail. Il importe peu, en effet, de savoir que Willem Deiff laissait deux vieilles paires de gants et huit bonnets de nuit. Dans ce maigre attirail nous ne noterons que les armes :
1° Une rapière argentée; 2° une rapière bleue; 3° un mousquet; 40 un poignard.
L’une des rapières, la seconde sans doute, fut adjugée avec une hallebarde pour 2 H. i5 sols; le mousquet fut vendu i H. 18 sols. Je n’ai pas trouvé trace à la vente du poignard et de la première rapière. Peut-être furent-ils conservés par Jacob Deiff dans un second lot qu’il retint lors de la vente.
Titre VII
Vêtements de femme
La garde-robe de Gertruijt Miereveh était infiniment mieux montée que celle de son mari. Il est vrai que celui-ci était mort depuis dixhuit mois lorsque l’inventaire eut lieu et qu’une partie de ses effets avait pu être donnée ou distribuée. L’inventaire des habits féminins comporte quarante et un articles et nous relevons dans le nombre des vêtements de satin et des étoffes de soie, ce qui était alors un très grand luxe dans la bourgeoisie hollandaise. Le linge de corps était aussi très abondant et des plus soignés. Certaines chemises furent vendues jusqu’à 7 fi. 17 sols la paire. Plusieurs collerettes atteignirent le prix de 7 et 8 florins la pièce. Une d’elles fut même vendue 8 fl. 6 sols et une autre fut poussée jusqu’à 9 fl. 6 sols. Enfin deux détails de toilette nous sont révélés par cette longue nomenclature. Gertruijt portait la cape espagnole et se coiffait avec des fers \ c’est ainsi qu’on appelle en Hollande les plaques de métal dont les femmes se servent pour tenir leurs cheveux. On voit que la mode n’en date point d’hier L
Titre VIII
Or et argenterie, ainsi que coraux et diamants
Ce titre ne comprend pas moins de vingt-deux articles : bijoux,
I. Une note de l’Inventaire nous apprend, en outre, qu’une partie de ces eltets fut léguée à Jannetgen Eloris, et une autre, à Svveertgen .\ssueris, sans duuie ses deux servantes.
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parures, pièces d’orfèvrerie. Le ménage, de ce côté, était donc largement pourvu. Toutefois, pour les petits-enfants d’un joaillier-orfèvre il n’y a pas d’excès. La spécilication des objets étant très vague, nous nous abstiendrons de détails. Il ne faut pas oublier, du reste, que les pièces les plus précieuses avaient été réservées pour les enfants. Toutefois, nous pouvons noter quatre bagues en or, dont une enrichie d’un diamant; deux chaînes de corail, une écuelle, deux grands gobelets et un petit gobelet en argent, des porte-clefs, des chaînes, une sonnette, etc... de meme métal.
T 1 1 R b; IX
Lits avec leurs garnitures.
La maison comprenait six lits. L’un d’eux, celui des époux sans doute, devait être somptueux, car il fut adjugé à un pri.y élevé. L’etisemblc de ce titre forme douze articles. ^
Titre X
Lainages [Wollegoet].
Ce chapitre comprend tous les objets confectionnés en tissus de laine, les tapisseries, entre autres, et les meubles couverts en drap. 11 renferme quatorze articles. 11 y avait là un certain luxe, très facile à comprendre, du reste, chez un artiste jaloux d’avoir sous les yeux des tentures agréables.
Titre XI
Linge^'ie.
Est particulièrement luxueux. C’était là l’empire de Gertruijt et elle parait avoir été jalouse de l’étendre aussi loin que possible. Je compte jusqu’à vingt-cinq paires de drap, cent dix-huit serviettes, quinze nappes, chiffre d’autant plus considérable qu’en ce temps le linge était encore une rareté et qu’on avait distrait la provision des deux enfants. Quant à la qualité, elle devait égaler la quantité. Lors de la vente, nous voyons, en effet, une nappe vendue i5 florins, une autre damassée [damast taefellaeckeiî), atteindre zollorins, près de i5o francs de notre monnaie!
Titre XII
Poterie d'étain [Tinnewerck].
Ce titre nous apprend que tout le service de table était en étain. Il énumère une centaine de pièces, plats, assiettes, salières, etc.
L. J. CAMERARIUS, AMBASSADEUR DE SUEDE RUES DES ÉTATS DE HOLLANDE. (Peint par .Mieliiel Van Miercvelt et "rave par \V. J. Iielll, iôi!<i.|
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Titre XIII Objets de cuivre.
Comprend dix-neuf articles embrassant tous les ustensiles de ménage, depuis la pincette et la pelle jusqu’à ces grands plateaux repoussés, qui sont aujourd’hui si recherchés des amateurs.
Titre XIV Ferronnerie.
Commence par deux lanternes en fer-blanc avec des verres, et se continue par l’assortiment obligé des objets de fer indispensables.
Titre XV Ouvrages en bois.
Décrit la plupart des meubles, chaises, armoires, tables, etc. J’y relève les articles suivants ; l’armoire aux verres avec les verres qui s’y trouvent ; six chaises espagnoles, un coffre à secret, trois miroirs, etc., etc.
Titre XVI
Porcelaines et plâtres.
Comme les objets groupés sous ce titre reparaissent sur les états de vente, nous n’en donnerons point ici le détail. Nous nous bornerons à mentionner une Suzanne en plâtre, une des très rares statues qui soient dans cette maison d’artiste.
Titre XVII
Peintures.
Pour ce chapitre, nous renvoyons également à la vente. Le cabinet de l’artiste se composait de quatre-vingt-quatorze numéros. Sur ce chiffre, quatre tableaux seulement furent distraits des enchères et ne passèrent pas sous le marteau du commissaire-priseur.
C’étaient :
Une Pomone et Flore, d’après Blommert (sic)' ;
Une toile représentant Démocrite et Heraclite ;
Une grisaille représentant le Jugement de Salomon;
Kt une dernière toile: Jésus prêchant dans une barque.
I. Nous avons, dans cette énumération, respecté, pour les noms propres, l’orthographe et, autant que possible, pour le reste, la rédaction meme des scribes officiels.
Indépendamment de ces œuvres d’art, il en est encore quelques-unes que, par piété filiale, les deux enfants se firent un devoir de réclamer. Telles sont :
1° Le portrait de Jacob Delff, père du défunt, peint par Fourbus ;
2° La Famille [huîjsge’{in]^ du meme Jacob Delff;
3“ Le portrait de Maertgen Jochums;
4° Le portrait du défunt, peint par Jacob Delff le jeune (son fils, l’héritier actuel, qui, déjà à cette époque, aidait son grand-père Mierevelt' ;
5° Un portrait rond de Willem Delff, le grand-père du défunt;
6° Vingt-cinq épreuves de choix de chaque grande planche gravée par le défunt, parmi lesquelles vingt-huit estampes dont les épreuves ne pourront être mises dans le commerce avant deux ans révolus';
7“ Un album de petites estampes exécutées par le défunt ;
8° Un lot de panneaux faits d’un seul morceau de bois;
9“ Enfin un lot de violons ?
Titre XVIII La Bibliothèque.
Quand on connaît les œuvres d’un artiste aussi exactement que nous connaissons celles de Willem Delff, il n’est pas sans intérêt de savoir quelles étaient ses lectures préférées, de connaître les ouvrages dont il aimait à s’entourer. Nous croyons donc bien faire en donnant le détail des livres dont se composait sa bibliothèque.
Cette bibliothèque comprenait trente-sept numéros. Plusieurs des publications étaient importantes; un certain nombre étaient illustrées. A travers la mention fort sommaire et souvent écourtée du scribe officiel, nous avons cherché à démêler le vrai titre de l’ouvrage, et nous avons fait suivre la mention notariale (écrite en italique), des détails bibliographiques que nous avons pu réunir^.
1. Een gi'oot martelaers boek in-folio (traduction en néerlandais du Martyrologiuni romanum).
2. ’t Huis boek Bullingeri ;le livre domestique de Bullingcr. Un des nombreux écrits du théologien protestant Henri Bullingcr (néon iSoq —
1. Sans doute par suite de traités qui liaient les héritiers vis-à-vis des marchands chargés la vente des planches.
2. J’ai été grandement aidé dans ce travail un peu spécial, par mon excellent ami le bibliophile A. Willems. Je tiens à remercier ici l’éminent auteur île Vliistoire des El^éviers, de son précieux concours.
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mort en iSjS); on en trouve la liste dans les Méinoii es de Niceron. Tome 28.]
3. t'Leven van Keyse>- Carel de Vierde. (11 doit y avoir là une erreur; on ne connaît pas de biographie de Charles IV. Il s'agit évidemment du livre intitulé Wacraclitîghe historié van het leven ende doden van Kej'ser Karel. Antwerpen, Fr. Fickaert 1618 in-40).
4. t'Leven Christi (la Vie de Jésus-Christ. Peut-être : 'tboeck vanden leven ons heeren Ihesii christi. Antwerpen, Gh. de Leeu, in-folio souvent réimprimé).
5. De Bclachendc Werelt Van der Venne : (le Monde grotesque de Van der Venne. Adr. van dei' Venues, tafereel van de bclacchende Werelt. S Gravenhage, i635, in-4". Recueil de poésies. L’auteur, A. Van der Venue, était en même temps peintre et dessinateur).
6. De ivecke der Scheppinge Van Bartas ;la Semaine de la création de Bartas. De xreke Van Willem Van Salnste, heere Van Bartas inhoiidende de Scheppinghe des Werelts, vertaelt door Z. Heyns. Zwol., Z. Heyns, 1616, in-8°. Traduit en vers néerlandais par Zacharie Heyns).
7. Oorspi'onck der nederlantse beroertc (Origine des troubles dans les Pays-Bas. Oorsprong en n’oortgang der nederlandsche beroerten ende ellendicheden. S. 1., i6i6, ou bien Deift, 1626, in-4°. Ouvrage anonyme de Jean Ghysius, prédicant à Strecfkerk, dans la Hollande méridionale).
8. Tme Vergidde Tesiamenten (deux Nouveaux Testaments dorés).
g. De Helden Godts van Vondel (les Héros de Dieu, par Vondel. De
helden Godes des Omvdcn Verbonds. Gerijmt door J. van Vondelen. Amsterdam, chez Dlrck Pieterz, 1620, in-4°. Recueil de poésies sur les héros de l’Ancien Testament par Vondel. L’édition contient de nombreuses vignettes.)