Une tête antique
Ici se termine l’inventaire des biens laissés par Michiel Van Mierevelt. Si l’on devait en faire l’estimation, en ramenant toutes les sommes qui s’y trouvent consignées à la valeur actuelle de l’argent, on arriverait à un total très imposant, et qui atteindrait facilement deux, peut-être trois
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LES ARTISTES CELEBRES
millions de francs. Une pareille fortune, gagnée à la force du pinceau, en dit plus sur la vie du peintre e]ue tous les commentaires qu'on pourrait imaginer.
Un homme aussi ordonné, aussi sérieux en affaires que Mierevelt, ne devait guère avoir de dettes, on le conçoit aisément. Aussi nous n’en avons point trouvé d’autres que les dépenses courantes de sa maison,
dépenses que la mort ne lui permit pas de solder.
Il devait à son apothicaire pour médicaments fournis. . 6o d. 7 s.
A son marchand de vin 66 fl.
A son tailleur 19 fl. 14 s.
A .lacob Arents Calom, d’Amsterdam, qui lui avait livré
une grande carte de Hollande 24 11.
Etc., etc., toutes sommes insigniflantes et sans intérêt.
Dans ce long inventaire de richesses, qui respire le négoce presque autant que l’art, il est un dernier article, bi«B propre à nous donner quelque satisfaction de cœur. Aussi est-ce par lui que nous allons terminer cette longue notice. Je veux parler des sommes que Jan Van Beest préleva sur la succession de son beau-père, et qu’il distribua aux établissements de bienfaisance, tant au nom du vieux mailre défunt qu’au nom de ses héritiers. J’en ai retrouvé la note parmi les papiers
composant le dossier de Jan Van Beest. En voici la copie :
On donna :
Aux pauvres luthériens 400 fl.
A la communauté des anabaptistes flamands 400 11.
A la communauté des anabaptistes Waterlanders 600 11.
Aux remontrants 5oo fl.
A l’orphelinat et aux pauvres de Katwyck-en-Zee 800 fl.
A la maison des vieillards de Délit 800 fl.
A la maison de charité (en deux fois) 3o fl.
A l’orphelinat de Délit 856 11.
Toutes ces sommes étaient considérables pour l’époque. Une préoccupation charitable, couronnant une vie de labeur, rachète largement quelques velléités parcimonieuses. Il faut donc beaucoup pardonner à Mierevelt, à cause de cette dernière bonne pensée qu’il exprima sans doute à son lit de mort, ou dont ses héritiers, tout au moins, surent lui faire l’honneur.
bibliographif: