GENRE GRAMM ATOPHORA EHRENBERG
Face latérale rectangulaire, allongée, à angles arrondis, montrant deux paires de fausses cloisons généralement dues ou courbées et aussi deux rudiments de cloisons provenant d'un prolongement interne des valves.
Valve linéaire ou elliptique, en général, finement ponctuée, à pseudo-raphé difhcilement visible, mais munie de nodules terminaux.
Frustules réunis en colonies zigzaguées.
Endochrome granuleux, épars.
Les deux espèces de ce genre qui sont communes dans les eaux saumätres de la Belgique ne sont pas réellement planktoniques, mais s'observent, néan-
moins, accidentellement dans les produits de pêche au filet fin : assez souvent Gr. marina KUÜTZING var. vulgaris où Gr. oceanica var. vulgaris GRUNOW, figure 32, dont les colonies abondent dans certaines eaux du littoral et, plus rarement, G7. serpentina EHRENBERG, figure 31.
GENRE ACHNANTÉHES Borx.
Valves naviculoïdes dissemblables, à raphé droit. Valve supérieure n'ayant qu'un pseudo-raphé sans nodules, valve inférieure ayant un vrai raphé et des nodules médian et terminaux.
Frustules à face suturale courbée en genou; individus solitaires, géminés ou réunis en bande et fixés souvent par un stipe visible.
Endochrome formé de deux lames dont l’une, très épaisse, est appliquée contre l’une des deux valves, tandis que l’autre, plus mince, reste indépendante.
Plusieurs espèces de ce genre s'observent accidentellement dans le microplankton de la Mer flamande, particulièrement les plus grandes : A. longipes AGARDH et À. brevipes AGARDH, qui, même à l'état de grande rareté, se font remarquer, à première vue, au milleu du fouillis des formes vraiment planktoniques.
Nous avons figuré À. longipes AGARDH, figure 33, l'espèce la plus fréquemment observée. Elle diffère de sa congénère par la présence, entre les côtes transversales, de deux rangées de perles, au lieu d'une seule.
GENRE RHABDONEMA KUüuTzING.
Valves lancéolées ou linéaires, à pseudo-raphé distinct, à extrémités généralement lisses, munies de côtes ou de perles robustes.
Face suturale montrant de nombreuses fausses cloisons.
Frustules réunis en filaments rubanés et courtement stipités.
Par leur stipe, les espèces du genre sont forcément sédentaires, mais leurs éléments dissociés, isolés ou encore groupés en série, s'observent parfois dans les eaux au large, où ils Hottent momentanément et peuvent être repêchés.
Nous ne figurons que À. r#nutum KUTZING, figures 34 à 36, pl. XIV.
on [Sa
FiGurEes. — Figure 34. Fragment de colonie rubanée, présentant, en &, un individu normal; en b, un individu en division, en (4.
Figure 35. Vue valvaire.
Figure 36. Coupe transversale optique montrant les fausses cloisons internes.
GENRE STRIATELLA AGarDH.
Valves lancéolées, munies d'un pseudo-raphé ordinairement apparent, dépourvues de côtes, mais très finement striées.
Face suturale montrant un grand nombre de cloisons.
Frustules associés par un angle, en colonie zigzaguée et longuement stipitée.
Endochrome granuleux, rayonnant autour du novau.
L'espèce S. zntipunctata AGARDH, que nous avons reproduite, figures 37 et 38, s'observe assez souvent dans le microplankton recueilli au voisinage de la côte.
La faible amarre, qui la fixe aux corps immergés du littoral et des canaux qui y déversent leurs eaux, est très fragile et les flots la soutiennent assez longtemps, à cause de sa grande surface, sans doute, et de sa légèreté relative.
FIGURES. — Figure 37. Aspect latéral d'une portion de colonie munie de son stipe, p, et pourvue, en 4, de son contenu : chromatophore, c#, et noyau, 7, en à, figurée vide.
Figure 38. Vue valvaire, avec son aspect dans l'eau.
GENRE NITZSCHIA GRruNOW (sensu lato).
Le genre Vrfzschia, dans lequel certains auteurs tels que VAN HEURCK, à la suite de GRUNOw, font rentrer le genre Bacr//arria, qui ne s'en écarte que par la centricité de la carène, renferme quelques espèces vraiment planktoniques, dont l'abondance est parfois considérable dans les produits de pêche au filet fin.
Valves munies d'une carène à points carénaux courts ou prolongés en côtes courtes. Carènes des deux valves opposées diagonalement.
Endochrome composé d'une seule lame interrompue partiellement ou entièrement au niveau du noyau central.
Frustules libres (Wifzschia, sensu stricto), rarement réunis en forme de copeaux /Bacillaria) où renfermés dans des tubes ou des frondes mucilagineuses
{Æomæocladia), exceptionnellement à valve très longuement rostrée et à carène très excentrique (Vrézschiella).
Nous ferons de ces subdivisions du genre Wiézschia (sensu lato) autant de sous-genres distincts.
SOUS-GENRE BACILLARIA GMEL.
Carène centrique ou presque centrique, à points non allongés. Frustules droits. Striation très visible
Bacillaria paradoxa GMEr. >]. XIV, fig. 39 et 40.)
1880. Vitzschia paradoxa GRUNOW, p. 85.
1883. Bacillaria paradoxa V AN HEURCK, Synopsis, pl 61, fig. 6 et 7. 1899. Bacillaria paradoxa VAN HEURCK, Traité, p. 392, pl. 16, fig. 518.
CARACTÈRES. — Valves étroitement rectangulaires, à extrémités faiblement rostrées.
Carène à peu près centrale. Frustules réunis en copeaux de forme irrégulière et changeante, par glissement des individus les uns sur les autres.
FIGURES. — Figure 39. Aspect d'un fragment de colonie, où les individus, placés en vue latérale, montrent leur glissement les uns sur les autres. En 4, frustules pourvus de leur endochrome; en 4, spécimens vides, vus dans l’eau.
Figure 40. Vue valvaire
OBSERVATIONS. — Il est rare que 2. paradoxa fasse complètement défaut dans les produits de pêche au filet fin, en dehors de ceux prélevés pendant les mois les plus chauds de l'année. Par la grande surface des colonies et l'enroulement de celles-ci à la façon de copeaux de bois, cette espèce présente de larges contacts avec l'élément liquide et lui permet de flotter librement.
On la rencontre jusque dans les eaux saumâtres du littoral, en particulier dans la crique de Nieuwendamme, bras mort de l'Yser.
SOUS-GENRE NITZSCHIA (sensu stricto) HASSAL.
Les caractères sont ceux du genre exposés plus haut. Nous n'avons dans nos eaux marines qu'une espèce de Vrézschia véritablement planktonique. C'est W. serrata. D'autres espèces s'observent accidentellement
dans les produits de pêche au filet fin; mais il est évident que ce sont des transfuges d'eau saumâtre où même d'eau douce, qui ne peuvent s'adapter aux eaux marines et n’y font pas souche.
Nitzschia seriata CLeve.
(PI. XIV, fig. 47 et 42.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE
1883. ANitzschia seriata CLEVE, pl. 38, fig. 75. 1887. Synedra Holsatiae HENSEN, p. 01, pl. 5, fig. 50. * 18970. Nitzschia fraudulenta CLEVE, p. 300, fig. 11.
1910. ÂMitzschia seriata MEUNIER, p. 334, pl. XXXIV, fig. 38 à 40
CARACTÈRES. — Frustules en forme de fuseau, à extrémités pointues, réunis en colonie filiforme, par soudure l’un à l'autre d'une petite partie de leur extrémité.
FIGURES. — Figure 41. Vue latérale d'un fragment de colonie filiforme. Figure 42. Vue sagittale d'un fragment analogue.
OBSERVATION. — Cette délicate espèce est assez commune dans le microplankton de la Mer flamande, particulièrement à la fin de l'hiver, du moins au voisinage du West-Hinder. On la rencontre aussi dans les eaux saumâtres du littoral, dans la crique de Nieuwendamme, par exemple.
SOUS-GENRE NITZSCHIELLA RABENHORST.
Valves à carène très excentrique et à extrémités longuement rostrées.
Nitzschiella longissima Rares.
(PI. XIV, fig. 43 à 46.) BIBLIOGRAPHIE.
1883. Vitzschiella longissima V AN HEURCK, Synopsis, pl. 70, fig. 1 à 8 1899. Vitzschiella longissima VAN HEURCK, Traité, p. 404, pl. 17, fig. 568. 1910. AVitzschiella longissima MEUNIER, p. 337, pl. XXXIV, fig. 41 à 46.
CARACTÈRES. — Valves lancéolées, à rostre très long, égalant ou dépassant la
longueur de la partie plus large de la valve. Carène très excentrique Présente plusieurs variétés établies sur Là direction des rostres valvaires.
Fiqures. — Figure 46. Variété #ypica, à rostres dirigés en ligne droite. Figure 45. Variété Closterium W. SuirH, à rostres incurvés du même côté, en forme de croissant, à la façon de la plupart des Closterium.
Figures 43 et 44. — Variété reversa W. SmrrH, à rostres courbés en sens inverse.
OBSERVATIONS. — Sous ses trois variétés, cette espèce s'observe fréquemment
dans nos échantillons, mais en petit nombre de représentants, la plupart du temps.
Il faut du reste assez d'attention pour les déceler au milieu des nombreuses autres formes planktoniques, qui se rencontrent habituellement dans les produits de pêche du littoral. On les observe également dans les eaux saumâtres, au voisi-
nage de la mer.
SOUS-GENRE HOMŒOCLADIA AGARDH.
Nitzschia vivant dans des enduits muqueux.
Homæocladia delicatissima (CLEVE) MEUNIER.
(PI XIV, fig 47.)
1897a. Nitzschia delicatissima CLEVE, p. 24, pl. 2, fig. 22. 1910. /lomæocladia delicatissima MEUNIER, p. 340, pl. XXXIV, fig. 34.
CARACTÈRES. — Frustules petits, très étroits, dépourvus de caractères structuraux visibles dans l’eau.
Espèce remarquable surtout par son commansalisme habituel avec Phaeocystes, dans les paquets visqueux duquel on la rencontre presque exclusivement en abondance. Se distingue beaucoup mieux par son habitat spécial que par ses caractères spécifiques propres.
FIGURE. — Figure 47. Aspects variés, valvaires et latéraux.
OBSERVATIONS. — Nous considérons cette espèce comme appartenant au sousgenre //omæocladia, parce que, indépendamment de ses rapports intimes avec les flocons visqueux de Phaeoc ysérs, elle apparait parfois, mais rarement, en dehors de cette gangue gommeuse et semble, même alors, engagée elle-même dans un thalle muqueux très difhcile à saisir à frais.
Son abondance est en rapport étroit avec celle de son commensal habituel, et celui-ci forme souvent la grande masse des produits de pêche au filet fin.
GENRE SYNEDRA EHRENBERG.
Valves très allongées, plus ou moins lancéolées ou linéaires, parfois un peu courbes ou ondulées, munies d'une ligne médiane hvaline ou d’un espace blanc parfois peu distincts; fréquemment munies d'un pseudo-nodule médian et souvent de nodules terminaux très petits et peu visibles. Stries transversales, jamais de côtes tranversales.
Frustules sessiles sur d’autres végétaux.
Endochrome formé de deux lames dentelées sur les bords ou divisées en lanières et reposant par le milieu sur les valves.
Synedra Nitzschioïdes GRUNOW.
(PI. XIV, fig. 48 à 50.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1862. Synedra Nitzschioïdes GRUNOW, p. 403, pl. 5, fig. 18.
1883. Z'halassiolhrix Nilzschioïdes GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 43, fig.7 et 10. 1886. T'halassiothrix curvata CASTRACANE, p. 55, pl. 24, fig. 6.
1894. T'halassiothrix Frauenfeldii CLEVE, p. 6 (non GRUNOW)
1899. Z'halassionema Nit:schioides GRUNOW, dans VAN HEURCK, Traité, p. 319.
1900. Z'halassiothrix Frauenfeldii var. Nitischioides JORGENSEN, p. 21.
1905. Z'halassiothrix l'rauenfeldii var. Nit:schioïdes JORGENSEN, p. 102, pl. 6, fig. 1.
CARACTÈRES. Valve linéaire à extrémités obtuses. Pseudo-raphé très large.
Valves montrant, sur les bords, de grosses perles bien visibles.
Frustules à face latérale rectangulaire, réunis en filament zigzagué ou disposés en étoile.
FiGurEs. — Figure 48. Vue d'un fragment de colonie, montrant, en 4, l’aspect de l’endochrome et, en 6, les frustules vides.
Figure 49. Vue valvaire.
Figure 50. Aspect de la variété curvata CASTRACANE. En à, cellules pourvues de l’endochrome:; en 6, cellules vides.
OBSERVATIONS. — (Juel que soit le nom que l'on assigne à cette espèce, elle est bien connue de tous les planktonistes et se montre particulièrement abondante dans les produits de pêche au filet fin de la Mer flamande. Par la disposition de ses frustules en colonies étoilées, elle présente à l'élément liquide une grande surface de contact, ce qui lui permet de flotter aisément, contrairement aux autres espèces qui ont besoin de s'établir sur d'autres objets immergés.
Nous ne considérons pas comme spécifiquement distincte la forme légèrement courbée qui lui est souvent mélangée (fig. 60) et dont CASTRACANE à fait son Lhalassiothrix curvata, Vout au plus est-ce une variété,
On observe aussr accidentellement
Syredra ulna Euninnine, d'eau douce,
Synedra fulgens WW, SMrin, d'eau marine,
Synedra afhnis KÜTANG, d'eau saumâtre,
Synedra pulchella KÜrzNG, d'eau saumâtre,
qui ne font jamais partie essentielle du microplankton proprement dit,
GunNré PLAGIOGRAMMA GRÉVILLE,
Valves avant à la partie médiane un espace hvyalin généralement transversal, souvent munies au milieu d'un pseudo-ocellus on munies de deux côtes robustes se montrant en saillie sur la face suturale; extrémités hvalines, stries ponctuées,
Frustules réunis en bandes,
Plagiogramma Van Heurckit GRUNOW,
(PI, XIV, fig, 51 à 54.)
1883, Plaviogramma Van Leurchtt GRUNOW, duns VAN HEURCK, Synopsis, pl 306, lig, 4.
1800, /Vaviogramma Van Aleurchii VAN HEURCK, Traité, p.338, pl, 10, fig, 301
CARACTÈRES, Valve étroitement laincéolée, à extrémités un peu rostrées, lisses, À bande transversale hvaline, étroite, rentlée, bordée des deux côtés de stries formées de petites ponctuations,
ace latérale insensiblement contractée à partir du milieu Jusqu'en dessous des extrémités qui sont dilatées-tronquées, La vue latérale laisse voir, d'un côté des lrustules dissociés, deux fines baguettes qui s'articulent sous la dilatation des extrémités et qui se projettent en dehors comine deux ressorts servant, semble-t411, à l'écartement des individus voisins de la colonie rubanée,
liaures, Figure 51, Vue valvaire d'un individu pourvu de son endochrome. Vu dans l'eau,
Figure 52, Vue suturale d'un spécimen avec ses deux tiges latérales qui se détendent vers l'extérieur, Ces tiges très fines paraissent être de nature gommeuse,
Figure 64, Vue sagittale d'un fragment de colonie rubanée, En «, avec endo chrome; en 4, abstraction laite du contenu cellulaire,
| OsservArions, — Fréquent dans les produits microplanktoniques de la Mer flamande, mais difficile à observer dans les obsérvations cursives,
Vas Hecrek ne fait aucune allasion à la présence des deux fines baguettes valvaires dont la détente provoqnée la dislocation naturelle des coloniés. Céla |. constitue cependant le trait le plus caractéristique de l'espéce à frais.
Mais la solnbilité dé ces délicats appendices, dans les réactifs employés pour le nettoyage des frustales, empéche leur conservation dans le montage dés préparations que l'on vent conserver,
On peut signaler aussi 27. Gregorianum GRÉVILE, qui est béamconup plus raré et qui ne s'obsérve bien qu'après traitement des produits ét montage dé céx-ci en préparation soit dans le styrax, soit dans la bromonaphtaline, Nous ne l'avons pas figuré, Voir Van Hécrok, Traité, p. 338, pl. 10, fig. 300.
GEXRE CAMPYLOSIRA GRENOW.
Valve cymbelliforme 4 extrémités rostrées, 4 bord dorsal arqué, # bord ventral légérémént concavé, couverte dé ponctnations éparsés, sans pseudo-raphé | Face connéctive arqnée, contractée sons les extrémités.
Frustulés réunis én bandes parfois trés longues.
Campylosira cymbelliformis (A, Scamior) GRoxOW, (PT. XIV, fig, 33 ét 36.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
Synedra arcus var. minor GRUNO W.
Synedra cymbelliformis À. SCHMIDT.
Dimérégramma arcus W. ARNOTT.
1883. Campylosira cymbelliformis VAN HECROK, Synopsis, pl. 45, fig. 43. 1899. Campylosira cymbelliformis Van HEGRCK, Traité, p. 327, pl. fr, fig. 437.
| CaRACTÈRES. — Caractères du genre, dont l'éspéce cymbelliformis est seule
Frccres. — Figure 55. Vue valvaire. | Figure 56. Vue sagittale d'un fragment de colonie. En 4, 4véc endochrome;
én 6, frustules vides.
ERV ATIONS . Communément présente, en pétité quantité, dans les HS planktoniques de la Mer flamande. S'observe en colonies rnbanéés 1 difficiles 4 saisir, si l'on n'y prété attention.
GENRE CYMATOSIRA GRUNow.
Valve lancéolée, à grosses ponctuations. Face frontale rectangulaire-ondulée. Frustules en bandes.
Cymatosira belgica GRUNOW.
1883. Cymatosira belgica GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 45, fig. 38 à 41. 1890. Cymatosira belgica VAN HEURCK, Traité, p. 327, pl. 11, fig. 456.
Valve lancéolée, insensiblement atténuée jusqu'aux extrémités qui sont subaiguës, à grosses ponctuations éparses, mais laissant généralement un pseudoraphé plus ou moins large. Frustules rectangulaires, en bandes courtes, à face suturale contractée sous les extrémités.
Nous n'avons pas figuré cette petite espèce, qui n'est pas fréquente dans nos échantillons et qui ne s’observe bien que sur des préparations montées de manière à traduire ses caractères.
GENRE FRAGILARIA LyNGBye.
Valves symétriques dépourvues de côtes. Frustules rectangulaires réunis en longues colonies rubanées.
Fragilaria striatula LYNGBYE.
(PI: XIV, fig 57 et 58.)
1819. Fragilaria striatula LYNGBYE, Hydroph. dan., p. 183, pl. 63. 1883. Fragilaria striatula V AN HEURCK, Synopsis, pl. 44, fig. 12. 1890. Fragilaria striatula VAN HEURCK, Traité, p. 324, pl. 30, fig. 842.
CARACTÈRES. — Valve étroitement lancéolée, à extrémités un peu rétrécies, pseudo-raphé très étroit. Stries très délicates. Frustules quadrangulaires allongés, à zone connective plissée, réunis en longues bandes extrêmement faciles à se déformer, à peine siliceux. (V. H.)
Un seul chromatophore interrompu vers le milieu par le noyau.
FiGures. — Figures 57 et 58. Fragments de colonies de grandeur différente, vus dans l’eau.
OBSERVATIONS. — Les colonies rubanées de cette espèce sont assez fréquentes dans beaucoup de nos échantillons. Elles sont toujours muqueuses à l'état naturel et portent accolées à leur surface des particules étrangères, qui en masquent les caractères. Ceux-ci sont difhciles à saisir même après traitement par l'hypochlorite de potassium; ils ne résistent pas à l'incinération.
GENRE RAPHONEIS EHRENBERG.
Valve lancéolée ou elliptique à stries transversales, moniliformes, généralement radiantes, très distinctes, ou plutôt creusées d'alvéoles disposées de la même façon que les perles apparentes en milieu réfringent. Pseudo-raphé plus ou moins distinct. Face latérale étroitement linéaire. Frustules souvent disposés en colonies rubanées, courtes et fixés aux objets flottants.
Raphoneis amphiceros EHRENBERG.
(PL XIV, fig. 59 à 61.) BIBLIOGRAPHIE,
1844. Raphoneis amphiceros EHRENBERG, Bericht der Berl. Ac.
1883. Raphoneis amphiceros V AN HEURCK, Synopsis, pl. 36, fi:. 22 et 23.
1899. Raphoneis amphiceros V AN HEURCK, Traité, p. 330, pl. 10, fig. 304
1910. Raphoneis amphiceros MEUNIER, p. 295, pl. XXXII, fig. 33 a 35, formes excentriques vues dans l'eau.
CARACTÈRES. — Valve largement lancéolée, à extrémités rostrées et parfois subcapitées; stries plus ou moins courbées, radiantes, formées, en milieu réfringent, de grosses ponctuations ou, en milieu aqueux, d’alvéoles placés à distance égale et formant des lignes longitudinales presque droites, la médiane et parfois les plus voisines de celle-ci écourtées.
FIGURES. — Figure 59. Vue valvaire de la variété 7’ hombrica GRuNow, à valve (e] La . nm . ) lus courte, plus renflée, à extrémités faiblement ou à peine rostrées. . } % . . : . .
Figure 60. Vue valvaire de la variété ypica. Celle-ci est à son tour susceptible de plusieurs variantes dans la forme et dans l’arrangement des perles ou plutôt des alvéoles.
Figure 61. — Vue latérale de la même.
OBSERVATIONS. — Cette espèce, sous ses deux variétés principales, est très répandue dans les produits planktoniques de la Mer flamande. Elle n'en est, peut-on dire, jamais complètement absente. Sujette à de nombreuses variations de
forme et à des irrégularités de structure, elle est, de plus, souvent atteinte de déformations tératologiques.
Raphoñneis Surirella GRUNOW.
(PI. XIV, fig. 62.)
1883. Raphoneis Surirella GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 36, fig. 26 et 27. 1899. Raphoneis Surirella VAN HEURCK, Traité, p. 330, pl. 10, fig. 397. 1910. Raphoneis Surirella MEUNIER, p. 296, pl. XXXII, fig. 36, vu dans l’eau.
CARACTÈRES. — Valve étroitement elliptique ou faiblement lancéolée, à extrémités obtuses, à pseudo-raphé étroit, linéaire, à extrémités seules dilatées ou à pseudo-raphé très large, contracté seulement à la partie moyenne (var. australrs).
Stries faiblement radiantes, à grosses ponctuations ou à gros alvéoles formant des lignes longitudinales plus ou moins courbes.
FiGurE. — Figure 62. Variété australis, à pseudo-raphé très large, contracté seulement à la partie moyenne. Aspect en milieu réfringent. Vue valvaire.
OBSERVATIONS. — Faute de place, nous n'avons pas figuré la variété type. Les deux variétés de cette espèce sont aussi assez répandues, mais moins abondantes, toutefois, que celles de la précédente, dans les produits microplanktoniques. On les rencontre aussi communément dans les eaux légèrement saumâtres du littoral.
Raphoneis belgica GRUNOW.
(PI. XIV, fig. 63 et 64.) BIBLIOGRAPHIE.
1833. Raphoneis belgica GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 36, fig 25, 29 et 30.
1809. Raphoneis belgica VAN HEURCK, Traité, p. 330, pl. 10, fig. 396.
CARACTÈRES. — Valve de forme très variable, généralement étroitement lancéolée, à extrémités rostrées ou simplement obtuses. Stries ponctuées droites, toutes d'égale longueur, aboutissant à un pseudo-raphé étroit.
FIGURES. — Figure 63. Vue valvaire d'un spécimen à extrémités rostrées. Figure 64. Vue valvaire d'un exemplaire à extrémités obtuses.
OBSERVATIONS. — S'observe souvent en mélange avec les deux précédentes ; moins abondante toutefois que Æ. amphiceros, l'espèce la plus commune.
Ut
GENRE ASTERIONELLA Hassar.
Valves étroites, linéaires, à extrémités inégalement capitées. Face connective linéaire, à extrémités inégalement renflées ou l'une des deux seulement renflée.
Asterionella Kariana GRruNow.
(PI. XIV, fig. 65 et 66.)
1880. Asterionella Kariana GRUNOW, dans CLEVE et GRUNOW, p. 110, pl. 6, fig 121. 1883. Asterionella Kariana V AN HEURCK, Synopsis, pl. 52, fig. 4 et 5. 1904. Asterionella Kariana GRAN, p.543, pl. 18, fig. 13
CARACTÈRES. — Frustules soudés, par la partie élargie de leur base, en colonie spiralée, qui décrivent des tours de spire sur un assez grand rayon. Ces frustules, élargis dans leur partie inférieure et brusquement étranglés immédiatement après, sont de nouveau dilatés dans leur partie moyenne et s'atténuent enfin légèrement vers leur extrémité supérieure. Plusieurs chromatophores.
FIGURES. — Figures 65 et 66. Vue de deux fragments de colonies spiralées en vue connective. En d, figure 65, frustule en division.
OBSERVATIONS. — Cette espèce, inconstante dans nos eaux, s'observe néanmoins dans beaucoup de nos échantillons, bien que Vax HEurcKk ne la signale pas comme belge. Elle est toujours assez rare et n'arrive jamais à constituer une partie importante des produits planktoniques.
Dans le voisinage du West-Hinder, elle se montre particulièrement pendant les mois de février et mars, avec sa congénère À. 7aponica.
Asterionella japonica CrEVE.
(PI. XIV, fig. 67 et 68.) BIBLIOGRAPHIE.
1882. Asterionella japonica CLEVE, dans CLEVE et MOELLER, n° 307. 1886. Asterionella glacialis CASTRACANE, p. 50, pl. 14, fig. 1.
1807c. Asterionella spatulifera CLEVE, p. 101.
1900. Asterionella japonica CLEVE, p. 22.
CARACTÈRES. — Frustules disposés en colonies spiralées, dessinant des tours plus étroits. Ces frustules sont de forme triangulaire à la base, filiformes plus haut.
Les valves ont une extrémité dilatée-arrondie et se montrent étroitement linéaires ailleurs. Un seul chromatophore généralement ; deux dans les cellules en voie de division.
FiGurEs. — Figure 67. Fragment de colonie spiralée, en vue suturale. En 4, frustule en division.
Figure 68. — Vue valvaire, avec chromatophore vu de face.
OBSERVATIONS. — À. Japonica est l’une des espèces les plus constantes et des
plus abondantes dans le microplankton de la Mer flamande. Elle en est souvent l’un des facteurs principaux par la quantité de ses colonies.
Il est étonnant que Van HEuURCK ne l'ait pas signalée dans son traité, bien qu'il l'ait eue abondamment sous la main dans ses récoltes de l'Escaut.
Il est vrai, d'autre part, que le cytoderme peu siliceux de À. 7aponica et surtout de À. Kariana n'a pas pu résister au traitement violent auquel il soumettait ses récoltes.
Asterionella formosa HassaL var. oracillima (Hantsch) GRUNOW.
CPLPXIM ie Cureti70.)
Asterionella gracillima HANTSCH
Asterionella formosa HASSAL var. gracillima GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 51, fig. 22, et dans VAN HEURCK, Traité, page 321, avec figure dans le texte, 77.
CARACTÈRES. — Frustules disposés en colonies étoilées. En vue suturale, ils sont linéaires, élargis aux deux extrémités. Les valves sont aussi longuement linéaires, étroites dans leur partie médiane, un peu élargies à leurs deux extrémités et arrondies au sommet.
FiGures. — Figure 69. Fragment d'une colonie étoilée, en vue suturale. En 4, cellule avec chromatophore; en à, frustules vides. Figure 70. Vue valvaire.
OBSERVATION. — Espèce d'eau douce et saumâtre, rencontrée accidentellement dans le milieu marin, où elle ne se reproduit pas.
Il nous semble pouvoir clôturer ici le dénombrement des espèces de Diatomacées trouvées habituellement à l'état planktonique dans les eaux de la Mer flamande.
Sans doute, nous y avons surpris accidentellement bien d’autres espèces.
Nous pourrions citer des représentants des genres : Azphora, Cymbella,
Amphiprora, Synedra, Isthinia, Hantschia, Nrifzschia, Cyclotella, Cocconets, Scoliopleura, Campylodiscus, etc., représentants bien connus d'ailleurs et manifestement étrangers au milieu duquel le hasard du coup de filet les a retirés, comme des épaves des florules d'eau saumâtre et mème d’eau douce entraînées du littoral dans le grand réservoir marin.
Chaque cours d’eau, chaque ruisselet même, amène des spécimens des régions qu’il draine et mêle ces formes disparates aux espèces propres au milieu marin.
Mais nous serions inexcusable de leur décerner un faux brevet d'indigénat marin en les étudiant 2» extenso. Elles l'ont été, du reste, à un autre point de vue par H. VAN HEURCK, avec un luxe de précision qu'il serait difhcile d'égaler.
Toutefois, dans une mer étroite comme celle dont nous analysons la florule, la délimitation des formes franchement planktoniques n'est pas aussi nette qu'elle pourrait l'être au large des océans. Bien des espèces du littoral peuvent passer accidentellement dans les eaux marines et y conserver quelque temps du moins leur vitalité. Nous n'aurions donc pas pu faire abstraction de certaines d’entre
elles sans dénaturer le caractère littoral de l’objet de notre étude.
Aussi, prions-nous le lecteur de ne pas trop urger le sens du mot plankton qui paraît dans le titre de ce travail, mais d'y introduire l’atténuation que la chose comporte.
Note additionnelle sur Coscinosira polychorda GRAN.
GENRE COSCINOSIRA GRAN.
Colonies pareilles à celles de Thalassiosira, mais dont les individus sont réunis, non plus par un seul funicule axial, mais par plusieurs petits cordons muqueux qui sont régulièrement disposés à quelque distance du centre des frustules.
Coscinosira polychorda GRAN.
SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE
1897a. Coscinodiscus polychordus GRAN, p. 30, pl. 2, fig. 33, et pl. 4, fig. 50.
19008. Coscinosira polychorda GRAN, p. 115.
Nous avons avancé, plus haut, page 66, que Coscrnostra polychor da GRAN