DEUXIÈME SÉRIE. — LES ORTHOSTOMES
Formes non cylindriques dans la portion principale, à ouverture droite, sans
étranglement.
Tintinnopsis bulbulus sp. nov.
MIRE 2tel25)
CARACTÈRES. — Capsule de dimensions moyennes, dont le corps est sphérique et surmonté d’une tubulure large, marquée, vers l’orifice, d'un sillon spiralé souligné lui-même par une accumulation locale de très fins débris de quartz.
La longueur de la capsule varie suivant le développement de la tubulure antérieure. La surface en est partiellement couverte de fragments de corps minéraux étrangers, de quartz principalement.
Le nom de bw/bulus que nous lui assignons, évoque l’idée d'un ballon en usage chez les chimistes.
C'est une espèce d’eau douce.
FIGURES. — Figure 22. Capsule à tubulure courte habitée par l’infusoire.
Figure 23. Capsule à tubulure plus longuement développée.
On remarquera que le sillon spiralé qui contourne cet organe est souligné par une accumulation sur les tours de spire de fragments ténus de quartz.
OBSERVATIONS. — Il ne faudrait pas confondre cette espèce avec celle que nous avons fait connaître en 1910, sous le nom de 7°. #1acropus. Celle-ci a son renflement basal en forme d’ellipsoïde aplati et terminé inférieurement par une pointe courte. De plus elle a des dimensions beaucoup plus grandes et, enfin, elle est marine.
DISTRIBUTION. — C'est l'observation fréquente de cette forme dans les eaux douces de certains étangs du parc de Tervueren qui nous fait tenir cette espèce comme appartenant en propre au microplankton d'eau douce. Sa forme caractéristique nous a permis de reconnaître sans peine les rares échantillons que nous avons pu constater en eau marine où ils ont passé accidentellement.
Tintinnopsis lata MEUNIER.
(PI. XXII, fig. 24.) BIBLIOGRAPHIE.
1910. T'intinnopsis lata MEUNIER, p. 141, pl. XI, fig. 19 à 22.
CaRACTÈRES. — Capsule assez grande, longuement ventrue, à fond subaigu, à orifice un peu moins large que la partie médiane et ne présentant ni évasement ni rétrécissement. La membrane n'est non plus qu'imparfaitement couverte de petits fragments de quartz.
FiGurE. — Figure 24. Aspect d’une capsule vide.
OBSERVATIONS. — Nous ne pouvons nous défendre de constater une ressemblance frappante entre cette forme et celle que nous avons décrite, en 1910, sous le nom de 7° /ata et qui provenait de la mer de Kara.
Y a-t-il identité ou simple analogie entre notre forme actuelle et celle qui habite les mers polaires? Nous ne saurions le dire sans témérité, les conditions d'habitat étant si différentes.
DisTRIBUTION. — Cette espèce est très rare dans le microplankton de la Mer flamande; sa rareté doit la faire considérer comme habituellement étrangère à nos eaux.
Tintinnopsis vasculum sp. nov.
(PI. XXII, fig. 25.)
CARACTÈRES. — Capsule en forme de vase étranglé vers les deux tiers supérieurs, au-dessus d’une base longuement conique et terminée en pointe émoussée et surmonté vers le haut par une tubulure plus courte, un peu évasée, qui forme l’orifice.
FiGure. — Figure 25. Vue stéréoscopique d'une capsule vide.
OBSERVATIONS. — Nous ne trouvons dans la littérature aucune forme qui rappelle adéquatement celle-ci. Nous l’élevons conséquemment au rang d'espèce distincte.
DISTRIBUTION. — Sa rareté dans nos échantillons nous la fait considérer comme généralement étrangère aux eaux de la Mer flamande.
Tintinnopsis strigosa sp. nov.
(PI. XXII, fig. 26.)
CARACTÈRES. — Forme assez grande, tubuleuse, mais faiblement déprimée dans sa partie médiane. Le fond est conique et se termine en pointe émoussée.
L'ouverture est du même calibre que le corps, dans sa partie non déprimée ; elle ne présente ni évasement ni rétrécissement.
La coque est complètement couverte de fragments de nature siliceuse.
FiGurE. — Figure 26. Capsule vide avec sa forme spécifique.
OBSERVATIONS. — Nous ne lui trouvons non plus aucune analogie véritable avec les espèces déjà décrites, si ce n'est peut-être avec 7° beroidea de Jür- GENSEN (1899). Mais il nous paraîtrait téméraire de vouloir l'y rapporter, à cause de la grande différence de calibre entre les deux formes, à cause aussi du doute qui plane sur le bien fondé de sa référence à ses prédécesseurs, sur la nature même de l’objet qu'il représente.
DISTRIBUTION. — Cette forme n’est aussi qu'exceptionnellement dans nos eaux.
Tintinnopsis turbo sp. nov.
(PI. XXII, fig. 27.)
CARACTÈRES. — Capsule en forme de toupie. La partie inférieure est conique et pointue. La partie supérieure forme une courte tubulure droite. Elle est complètement recouverte de fragments de quartz.
FIGURE. — Figure 27. Aspect d’une capsule vide.
OBSERVATIONS. — Cette forme a beaucoup d’analogie avec celle de notre Ptychocylis Amphorella, mais sous des dimensions un peu plus petites. Le modelé est très analogue, mais, par sa structure, celle-ci se révèle comme un vrai Tintinnopsrs.
DISTRIBUTION. — 7ntinnopsis turbo ne se rencontre non plus qu’à titre exceptionnel dans nos eaux. Les rares échantillons observés, pendant une période de plus de dix ans, nous la font considérer comme étrangère.
Tintinnopsis beroïdea BRANDT.
(PI. XXII, fig. 28 à 30.) BIBLIOGRAPHIE.
1896. Tintinnopsis beroïtea BRANDT, p. 56, pl. IT, fig. 4.
CARACTÈRES. — Capsule petite, plus longue que large, faiblement dilatée dans la partie principale, arrondie, pointue inférieurement et surmontée d’une partie tubuleuse courte.
La membrane tout entière ou du moins la partie principale, qui est plus ou moins ventrue, disparaît sous des fragments de quartz, qui paraissent gros relativement à la petitesse de l’objet.
Fiqures. — Figure 28. Capsule relativement fort développée en longueur. Figure 29. Capsule de forme et de dimensions habituelles. Figure 30. Capsule plus ventrue qu’à l'ordinaire.
OBSERVATIONS. — En rapportant notre forme à 7?ntinnopsis beroïdea BRANDT
da Le
nous ne voulons pas invoquer l'autorité de STEIN, mais celle de BRANDT, dont
la figure 4 (1896) est celle qui, dans toute la bibliographie à nous connue, a le plus d'analogie avec les objets dont nous donnons quelques variantes de grandeur.
Quant à la forme que STrEIN à désignée sous ce nom, nous estimons qu'il faut
la considérer comme matériellement inexistante, puisque les objets disparates
qu'on a figurés sous cette étiquette ambiguë ne peuvent certainement s'en accom-
moder toutes et que, d'autre part, on ignore celle que cet auteur a eue en vue.
DISTRIBUTION. — 7?ntinnopsis beroidea BRANDT est l’une des formes les plus communes de la Mer flamande. On en trouve des spécimens disséminés dans la plupart de nos échantillons, bien que sa petitesse soit plutôt de nature à la faire passer inaperçue.