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MÉDICATION LAXATIVE ET PURGATIVE

Alfred Luton, dans le Dichionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, résume et classe, à peu près en ces termes, les indications diverses de la médication purgative.

Tantôt il s’agit simplement de débarrasser l'intestin de matières plus ou moins étrangères qui l’obstruent, évacuation mécanigne; tantôt, l’on cherche à faire éliminer, par l'intestin, les sérosités infiltréee ou épanchées, dérivation; quelquefois, on veut obtenir l'expulsion des principes morbides dans les maladies infectieuses et les empoisonnements septiques, dépurafion; quelquefois enfin on s'efforce de faire naître une entérite superficielle et fugace qui tende à déplacer une affection déjà localisée, révulsion. Effets mécaniques, effets dérivatifs, effets révulsifs, effets dépuratifs, voilà ce que l’on peut demander ensemble ou séparément à la

médication purgative.

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Ces divers effets sont susceptibles à un degré fort différent, d’être obtenus par l’eau de Miers. Dans certains cas, le résultat de son emploi serait assez médiocre pour que l’on doive de prime abord recourir à d’autres agents; dans certains autres, elle n'agirait ni mieux, ni plus mal que tel ou tel purgatif; dans quelquesuns enfin, elle paraît constituer un véritable traitement de choix. Ce sont ces derniers que je vais rapidement énumérer.

10 Médication purgative mécanique. — L'eau de Miers, prise à doses laxatives pendant un temps suffisamment prolongé, avec des intervalles de repos, donne de bons résultats dans la cure de la constipation habituelle soit essentielle, soit symptomatique. Ces bons effets se maintiennent un certain temps, l’eau de Miers paraissant échapper en partie à cette loi générale que les effets purgatifs, après suppression de leur cause, sont suivis d’une sorte de constipation de retour.

Elle est également indiquée dans certaiens affections particulières, la éyphlte, la pérityphlite, les hémorrhoïdes, par exemple, maladies à répétitions ou qui ne sont jamais complètement guéries et dans lesquelles il est de la plus haute importance de maintenir la liberté du ventre. Dans ces cas de’typhlite, de pérityphlite et même d’hémorrhoïdes, aux bienfaits de l’action de purgation mécanique de l’eau de Miers s'ajoutent ceux d’une action dérivative.

20 Médication purgative dérivative. Cette médication s'adresse en général à une catégorie de malades, cardiaques, néphrétiques, etc., qui ne fréquentent guère les stations thermales et à des symptômes — œdèmes et ascite — qui ne favorisent pas les déplacements. On pourrait peut-être, dans ces cas, retirer quelques bénéfices de l'emploi de l’eau transportée. L'eau de Miers présenterait au moins le double avantage de n'être pas désagréable à boire et d’être facilement supportée.

Dans les cas de congestion des viscères abdominaux, dans les- | 1C

quels l'eau de Miers rend de grands services, l'action dérivative vient en aide à l’action révulsive. |

3° Médication purgative révulsive. — L'eau de Miers ne peut certes pas être regardée comme un des agents de la révulsion intestinale. D'autres purgatifs produisent bien mieux cet effet. Cependant elle peut être très utile, et elle l’est en réalité, lorsque l'irritation sur le tube digestif doit être très légère et dépasser à peine une simple excitation nutritive. En outre, elle présente l'avantage, considérable en pareil cas, de pouvoir être administrée très longtemps sans le moindre danger.

Aïnsi les cafarrhes gastriques où 1nfestinaux, résultat d’une alimentation exagérée ou de la stase veineuse du système porte; les congestions chroniques de la rate et du foie, quelle que soit la cause de cette congestion, — fièvres paludéennes, écarts de régime, troubles circulatoires —; cet état pathologique particulier que l’on a désigné sous le nom de fléfhore abdominale sont avantageusement traités par l’eau de Miers à dose laxative ou même purgative. Ces bons effets paraissent dus à l’activité imprimée aux sécrétions biliaires et intestinales, au coup de fouet donné à la circulation abdominale par cette suractivité nutritive, à la diminution de la pression intra-vasculaire que déterminent des évacuations répétées.

De même, cette régularisation de la circulation abdominale, cet abaissement de la pression vasculaire qui facilite par le fait même la résorption des liquides infiltrés et des globules en diapédèse, modifie très heureusement la cougestion utérine, la métrite chronique, l'engorgement péri-utérin.

Dans la congestion cérébrale, dont le traitement a toujours eu pour base la médication purgative, l’eau de Miers est mieux indiquée que d’autres eaux du même genre, à cause de la faible proportion d’acide carbonique qu’elle contient. Elle est indiquée surtout lorsque cette congestion est liée à la suppression des règles ou à celle du flux hémorrhoïdal.

Son emploi donne également de bons résultats dans l’émorragte cérébrale, à cette période où, tous les phénomènes aigus ayant disparu, on a surtout en vue de traiter l’imminence morbide et de

prévenir une nouvelle attaque.

L'eau de Miers est recommandée enfin dans le traitement des diarrhées chroniques. Elle est même employée contre la dysenterie aiguë par les médecins de la région. On s'explique très bien les bons résultats ainsi obtenus en se rappelant, d’une part, les bons effets des purgatifs salins dans la dysenterie, et, d’autre part, l’action presque spécifique du sulfate de soude dans la diarrhée chronique. L'eau minérale agit, dans ces cas, de plusieurs façons : elle rétablit les sécrétions intestinales et hépatiques taries ou du moins fort compromises; elle remplace l'inflammation pathologique par une inflammation médicamenteuse plus franche; elle pousse à l'élimination des principes infectieux.

4° Médication purgative dépurative. — On vient de voir que l'eau de Miers agit par ses propriétés détersives dans le traitement de la diarrhée chronique et de la dysenterie. Cette action dépurative est utilisée également dans le traitement des catarrhes gastriques et intestinaux dont j'ai déjà parlé. Dans les éfafs saburraux, qui accompagnent les changements de saison, elle fait vraiment merveille. On fait même dans la contrée, en cette circonstance, de véritables abus d’eau minérale.

En 1867, M. Germain Sée, l’expérimenta à Necker dans le traitement de la fièvre typhoïde. Les résultats obtenus furent excellents (Lagasquie).

Dans certainsempoisonnements, l'emploi de l’eau de Miers peut avoir de grands avantages. Dans le safurnisme chronique, par exemple, elle est formellement indiquée par le sulfate de soude qu'elle contient.

Dans l'empoisonnement tellurique elle agirait avec une telle sûreté et une rapidité telle que le D: Lagasquie n’a pas craint

d'écrire : « Toutes les fois que les fiévreux qui m'ont consulté, n'avaient pas limité d'avance la durée de leur séjour, je leur ai proposé le traitement par l’eau minérale seule et cette médication a souvent suffi pour les débarrasser de leurs accès. » (apport sur les eaux minérales de Miers, 1861.)

Il est inutile de rappeler les bons effets de l’eau de Miers dans certaines manifestations tardives du paludisme, engorgements du

foie et de la rate, anémie, etc.

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