‹ Miettes d'histoire canadienneChapitre 102 sur 149 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

d'Angleterre » ont encore leurs animaux favoris : le poney Midget et le terrier Puck. Chacun d'eux possède aussi un petit jardin qu'il cultive lui-même. Sous la direction de l'officier de garde, ils font l'exercice du fusil et du sabre et l'on prétend que, naguère encore, la princesse Victoria n'y était pas la plus maladroite.

Tout ce petit monde s'entend à merveille ; toutefois, il arriva un jour qu'on entendit dans la salle d'études où les princes Edouard et Albert repassaient leurs leçons, un vacarme inusité : c'étaient les deux frères qui se livraient à un pugilat en règle. Leur père, qui passait par là, empêcha les gouvernantes de les séparer. Seulement, il exigea une réconciliation immédiate, quand la rixe fut terminée. Et les deux jeunes frères, qui d'ailleurs s'adorent, se jetèrent dans les bras l'un de l'autre...

A l'âge de quatorze ans, le prince Edouard est entré au Marine Collège d'Osborne, où il est encore. Il y suit les mêmes cours, et prend part aux mêmes exercices que ses jeunes collègues et, comme eux, sort le dimanche pour passer la journée en famille. On sait que c'est dans le modeste costume de cadet, tranchant par sa simplicité au milieu des uniformes chamarrés des princes de toutes les nations, qu'il suivit à pied les funérailles de son grand-père Edouard VII.

C'est dire qu'une stricte discipline préside à l'éducation des princes royaux. Et il en fut ainsi dès la « nursery ». On cite le trait suivant à ce sujet.

Invitée un jeudi dans un château voisin de Sandringham à une children's party, la princesse de Galles ne s'y rendit qu'avec la princesse Mary et le prince Henry. Et comme l'hôtesse

exprimait son regret de ne pas voir les princes aînés, la mère déclara simplement mais nettement :

« C'est le samedi seulement qu'ils ont congé. Ils ont, cet après-midi, leur cours de français et leur leçon de mathématiques »...

Le Journal de la Jeunesse, 1910.

Jean Marbel

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