‹ Miettes d'histoire canadienneChapitre 85 sur 149 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

cérémonies publiques, en quelqu'endroit que ce fût, il conseillerait au jeune Prince de passer outre et de continuer son chemin.

Les choses en étaient là lorsque le steamer se présenta devant Kingston. Les loges orangistes et le Conseil de Ville étaient en séance, et après de longs pourparlers, les autorités n'ayant point voulu assurer au Duc de Newcastle que ses instructions seraient suivies, après avoir attendu jusqu'à trois heures de l'après-midi le lendemain, le Prince et sa suite partirent pour Belleville ; mais avant de partir, S. A. R. reçut à bord, les adresses des autorités des comtés voisins et celle du Modérateur de l'Église Presbytérienne d'Ecosse pour tout le Canada, laquelle, par suite d'un mal-entendu, n'avait pas pu être reçue à Montréal.

Kingston avait fait, comme toutes les autres villes, de grands préparatifs, et la plus intense agitation régnait dans son enceinte par suite de cette malencontreuse affaire. Une correspondance eut lieu entre le Duc de Newcastle et le maire de la ville ; elle fut publiée dans les journaux, et une polémique assez vive s'engagea sur cet incident.

Relation du Voyage de S. A. R. le Prince de Galles en Amérique, 1860, p. 73.

Lors de l'arrivée du Prince de Galles, à Québec, Sir Edmund Head, gouverneur général et les membres du gouvernement provincial allèrent à la rencontre de Son Altesse Royale, qui devait plus tard régner sous le nom d'Edouard VII, et « on rapporte que, dans la soirée, l'honorable M. Cartier, premier Ministre du Canada,

ôô MIETTES D HISTOIRE CANADIENNE

et autres, chantèrent quelques-unes de nos chansons canadiennes, le Prince en répétant le refrain avec l'auditoire ».

La Claire Fontaine, la plus populaire de ces chansons, a été, à cette occasion, publiée dans les journaux de New- York, et cet air canadien fut mis au nombre de ceux que Ton jouait en l'honneur du Prince dans le cours de son voyage aux États-Unis.

Relation du Voyage de S. A. R. le Prince de Galles en Amérique, 1860, p. 26.

Ce fut un samedi, le 15 septembre 1860, que Blondin, le célèbre artiste funambule traversa pour la dernière fois, au-dessus des chutes Niagara, sur un cable raide. Ce jour-là, le Prince de Galles était présent et Blondin voulut se surpasser lui-même ; et après avoir porté son gérant, Calcourt sur son dos, il mit le comble à ses tours de force en effectuant la traversée sur des échasses. Quant tout fut fini, le prince de Galles poussa un soupir de soulagement. Il fit venir l'acrobate, et s'entretint longuement avec lui, en français, le félicitant de son courage et de son adresse.

Mais le futur Roi d'Angleterre ne se borna pas à exprimer une stérile admiration. Le lendemain le major-général Bruce, secrétaire des commandements du prince, adressait au héros du Niagara, avec une lettre des plus flatteuses, un chèque pour une somme de $400.

La Revue Populaire. E.-Z. Massicote

Un jour, voyageant au Canada, il se trouva

Page 1