ACTE DEUXIÈME
WILHELM
Pourquoi ce déguisement? M'expliqueras-tu?.,.
Oh ! je suis en faute, je le sais... Je n'avais pas le droit d'essayer ces belles parures qui ne m'appartiennent pas... itiais je me croyais seule!... et je n'ai pu résister...
WILHELM
Deviens-tu folle!... Veux-tu que je sois la risée de tous ces gens qui sont ici?... Pourquoi as-ta quitté ta livrée?... Pourquoi n'attends-tu pas mes ordEas?... Est-ce ainsi que tu sers ton maître? Alors, séparons-nous, cela vaut mieux!
MIGNON, tristement. •'*^ ^ / -^
Tu me chasses... déjà?
WILHELM
Eh! non, je ne te chasse pas !... je ne te reproche rien!... je te sais gré du tendre mouvement qui vient de te jeter dans mes bras.... pour me protéger contre l'épée de ce jeune furibond ! Mais je comprends maintenant que j'ai eu tort de céder à ta prière ! (Gaiement.) Je ne puis vraiment pas traîner plus longtemps à ma suite... un page de ta sorte.
MIGNON, naïvement.
Pourquoi?
WILHELM, avec embarras.
Pourquoi! Parce qu'une fille comme toi n'est pas faite pour servir un garçon de mon âge!... parce que... parce que tu es femme enfin!... je l'avais oublié... et c'est toimême qui me le rappelles en te montrant à moi sous c» costume î
Je croyjiis... je m'étais imaginée...
60 MIGNON f!
WILHELM
Quoi donc?
Rienr rien!... j'étais folle, en effet!... Je vais bien vite quitter ces beaux habits qui me font plus laide et plus '
gauche encore à vos yeux !...
WILHELM, Pexaminant en souriant. \
Mais non!... au contraire!... (Mignon le regarde.) Va vite, i^a!... (n la pousse vers le cabinet.) Si Philine revenait...
Ah!... vous craignez les moqueries de mademoiselle Phi- Jine!... c'est elle, sans doute... c'est elle qui vous a donné le conseil de vous séparer de moi!... Eh bien! il faut lui obéir !
WILHELM, avec douceur.
Voyons, chère petite, réfléchis un peu... Je ne puis te garder! Q le dirait-on? Que |penserait-on? (Riant.) On finirait par me croire amoureux de toi. ^
MIGNON, vivement. ^ ^
Oui, tu as raison, il faut nous quitter f y ^ ^^ p ^^^ ^
WILHELM. '<:.^^^ ,^^Ct ^'aAU<>^
Je ne t'abandonne pas d'ailleurs; je t'enToie chez une vieihe parente à moi qui te recevra Men et te traitera comme sa fille.
MIGNON, se laissant tomber dans un' fauteuih Hélas 1
WILHELM