ACTE PREMIER
WILHELM
Ce que j'ai fait, monsieur, tout autre Teût fait à ma place.
LAERTE
J'avoue que j'allais descendre, quand vous avez paru sur le seuil comme un Dieu sauveur; — et si je me suis arrêté en chemin, c'est uniquement pour vous laisser la gloire de votre bonne action.
w I L II E L M .
Je vous en remercia.
LAERTE
-^BS-ee&ur s- sont faits pour se comprendre, (ils se saluent.) Permettez-moi. monsieur, de vous dire maintenant qyA nous sommes. 11 est bon quelquefois de savoir à qui l'on parle. Je me nomme Laërte et la dame du balcon a nom Philinc. Vous voyez en nous les derniers débris d'une troupe de comédiens dont le directeur a, comme on dit, mis la clef sous la porte et décampé sans payer personne. Le t'ait en soi n'a rien d'extraordinaire, et nos pareils sont habitués de longue main à ces petits accidents de la vie de théâtre. Quelques-uns de nos camarades sont dispersés dans la ville, où ils végètent en attendant une occasion favorable. Philine compte sur sa bonne étoile et épuise gaiement ses dernières ressources sans s'inquiéter de l'avenir; quant à moi, je profite de l'occasion pour jouir de ma liberté, pour désapprendre toutes les sottises dont messieurs les poètes m'ont bourré la cervelle, pour dormir et manger à mes heures, et redevenir un citoyen commet au autre! Déclamaot.
Mais un heureux hasard vous met sur mon cheLiin, lîl'„ je me fais hoimeur de toucher votre maini
(D'un ton naturel.) Pardon 1... l'habitude 1... ^ r ,;
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fO MIGNON
WILHELM, souriant.
Ne VOUS gênez pas pour moi ; les vers ne me font pas peur.
Seriez-vous pcète ? • ^ e^HX^t^^
WILHELM
A mes moments perdus.
LAERTE
Diable !
WILHELM
Mais jamais à jeun ; rassurez- vous ! (Une servaDte vient met^ tre le couvert.) Vous plaît-il, cher monsieur, de partager mon modeste déjeuner?
LAERTE
Volontiers !
WILHELM, à la servante qui prépare la table.
Deux couverts.... (a Laërte.) Nous aurons tout le loisir de causer et de fêter, le verre en main, notre heureuse rencontre.
LAERTE
Mille grâces, cher monsieur?...
WILHELM
Wilhelm Meister. — Et puisque vous m'avez dit qui vous êtes, je ne puis faire autrement que d'imiter votre franchise jusqu'au bout. Confidence pour confidence : je suis le fils d'un honnête bourgeois de Vienne. J'ai quitté, il y a un an à neine, les bancs de l'université pour recueillir l'héritage \Naternel et faire mes premiers pas dans la vie. Je suis jeune, je suis viche, je suis libre!... amoureux., de la-