ACTE PREMIER
la campagne, quand je me vis entourée par des hommes à figure étrange. Je les suppliai de me ramener chez mon père en leur indiquant le chemin qu’ils devaient suivre; ils me le promirent et m’emmenèrent avec eux. Mais, la nuit, comme ils croyaient que je dormais, j’entendis l’un d’eux qui disait : « Elle pourra nous être utile ; il faut lui faire quitter son » pays au plus vite!... »
WILHELM
Dis-moi donc quelles contrées tu as traversées pour venir jusqu’ici, vers quels lieux lointains tu voudrais être ramenée.
Connais-tu le pays où fleurit l’oranger.
Le pays des fruits d’or et des roses vermeilles.
Où la brise est plus douce et l'oiseau plus léger,
Où dans toute saison butinent les abeilles?
Où rayonne et sourit, comme un bienfait de Dieu,
Un éternel printemps sous un ciel toujours bleu?
Hélas 1 que ne puis-je le suivre Vers ce rivage heureux d'où le sort m'exilai C’est là que je voudrais vivre.
Aimer et mourir! — c’est làl
Connais-tu la maison cù l’on m’attend là-bas ?
La salle aux lambris d’or où des nommes de marbre M'appellent dans la nuit eu me tendant le» bras.
Et la C"Ur où l’on danse a l'ombre d’un grand arbre?
El le lac transparent où glissent sur les eaux Mille balcaux légers pareils à des oiseaux...
Helas ! que ne puis-je le suivre Vers ce pays lointain d'où le sort m’exilai C'est là que je voudrais vivre,
Aimer et mourir I — c’est làl...
WILHELM
Ce pays enchanté dont lu parles, cette contrée heureuse
3U MIGNON
dont ton eœar a gardé le souvenir, n’est-ce pas l’Italie, chère petite?
MIGNON, rêveuse.
L’Italie!... Je ne sais...
WILHELM, à part.
Étrange créature !
Jarno sort du hanj^r.