W I LH EI.M
Eh ! non, je ne te chasse pas !... je ne te reproche rien !... je te sais gré du tendre mouvement qui vient do te jeter dans mes bras... pour me protéger contre l’épée de ce jeune furibond ! Mais je comprends maintenant que j’ai eu tort de céder à ta prière ! (Gaiement.) Je ne puis vraiment pas traîner plus longtemps à ma suite... un page de ta sorte.
MIGNON, naïrement.
Pourquoi?
M I L H E LM, avec embarras.
Pourquoi? Parce qu’une tille comme toi n’est pas faite pour servir un garçon de mon âge!... parce que... parce que tu es fennno enfin!... je l’avais oublié... et c’est toi-môme qui mo le rappelles en te montrant à moi sous 6e costume !
MIGNON
Je croyais... je m’étais imaginée...
WILHELM
Quoi donc?
• su GNON.
Rien! rien!... j'étais folle, en effet!.,. Je vais bien vite quitter ces beaux habits qui me font plus laide et plus gauche encore à vos yeux !...
WILHELM, l'examinant en souriant.
Mais n^n!... au contraire!... (Mignon lo regarde.) Va vite, va!... t(n la pousse vers le cabinet.) Si Philine revenait...
MIGNON
Ah !... vous craignez les moqueries de mademoiselle Phi-
MIGNON
line!... c’est elle, sans doute... c’est elle qui vous a donné le conseil de vous séparer de moi!.. . Eh bien ! Il faut lui obéir 1
WILHELM, avec douceur.
Voyons, chère petite, réfléchis un peu... Je ne puis te garder! que dirait-on? Que penserait-on? (Riant.) On finirait par me croire amoureux de toi.
MIGNON, mement.
Oui, tu as raison, il faut nous quitter !
WILHELM
Je ne t’abandonne pas d’ailleurs : je t’envoie chez une vieille parente à moi qui te recevra bien et te traitera comme sa fille.
MIGNON, se laissant tomber dans nn fauteuil.
Hélas!
WILHELM