LOTI] A RI O
Pauvre enfant! pauvre créature !
J’ai voulu te revoir et j’ai suivi tes pas!
Viens sur mon cœurt Reste en mes bras!
Et dis-moi quel chagrin te brise et te torture!...
Il presse Mignon entre ses bras
U IG NON, avec une ardeur fiévreuse, le front appuyé sur la poitrine
de Lotbario.
As-tu souffert? As-tu pleuré?
As- tu langui sans espérance,
L’âme en deuil, le cœur déchiré?
Alors tu connais ma souffrance!
LOTIIARIO.
Comme toi, triste et solitaire,
Courbé sous d’inflexibles lois.
De mes pleurs, j'ai mouillé la terre!
Le ciel reste sourd à ma voix!
ENSEMBLE
MIGNON
As-tu souffert? As-tu pleuré?
As-tu langui sans espérance, L’âme en deuil, le cœur déchiré?
Alors, tu connais ma souffrance
LOT H A RI O
Oui, j’ai souffert! oui, j’ai pleuré Et j'ai langui sans espérance !
Comme toi, le cœur déchiré, Enfant, je connais la souffrance I
Applaudissements et acclamations bruyantes dans le chàteah.
MIGNON, se dégageant brusquement dos bras do Lotbario. Écoute! c’est son nom que la foule répète!
C’est elle qu'on acclame et c’est elle qu’on fête!,..
Se tcnrnuut vers le château avec un geste de menace.
Ah! qne la main de D.eu,
Ne peut-elle sur eux faire éclater la foudre,
Et frapper ce palais, et le réduire en poudre,
EtT engloutir sous des torrents de feu!...
Elle s’enfuit sous les arbres.