L'ANNIVERSAIRE
« Sous la balle qui ricoche El sous l'obus meurtrier, J'ai cueilli, au nez du Boche, Cette branche de laurier ;
« Près d'une tranchée, en Flandre, J'ai ramassé dans le sang Ce jonc dont le vert si tendre Fait un lien résistant ;
igik-iijiô
« C'est sur le bord d'une route Boueuse, au pays d'Artois, Non loin d'un poste d'écoute, Que j'ai pris entre mes doigts
a Cette fleur, qui n'est pas rare, Mais qui, pourtant, fait si bien Près de celle-là que pare Un reflet aérien ;
a Cette autre a fleuri dans l'Oise, Et celle-ci, que voilà.
Est une fleur champenoise Des champs que le Hun foula
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« Auprès d'elle, vois encore Cette autre, d'un ton si frais, Que l'Arg'onne fit éclore Dans l'air pur de ses forêts ;
« Sœurs de Lorraine et d'Alsace, Ces deux-là n'ont qu'un seul cœur, Ma main qui les entrelace Les caresse avec douceur.
« De toutes ces fleurs, ô France, J'ai composé un bouquet Que parfume l'espérance, Fier, héroïque, et coquet ;
igil\-igiO
o Pardon, si ma main le serre Un peu trop, mais que veux-tu, C'est le grand anniversaire Où tous les cœurs ont battu 1
« Et ce bouquet de victoire, Poussé de ton sol sanglant, Ce bouquet aux fleurs de gloire, Ce bouquet bleu, rouge e( blanc,
« C'est la gerbe de revanche Que tes fils mobilisés T'offrent dans l'affiche blanche Où deux drapeaux sont croisés !
3i juillet 1915.