SCENE XV
Les Mêmes, LE COLONEL,HUGUES, LÉONIDAS.
Le colonel et Hugues entrent en se tenant par le bras. Derrière eux, Léonidas portant les épées.
LE COLONEL
Je vous assure qu'avec le contre de quarte...
MADAME DE MÉLUSAY.
Vivant... il est vivant!...
CHARLOTTE
Je vous l'avais bien dit.
MADAME DE MÉLUSAY.
Je respire!... (Elle s'affaisse dans une bergère... on l'en*
toure.) Ce n'est rien... l'émotion... je vais mieux...
HUGUES, fièrement.
Ah I cousine, on sait bien tenir l'epée dans l'armée française.. . (Charlotte remercie d'un geste le colonel)...
et je ne suis pas une mazette, moi, n'est-ce pas, colonel?
LE COLONEL
Non, certes... j'ai eu du mal à me défendre...
HUGUES, à madame de Mèlusay.
Vous l'entendez?
MADAME DE MÉLUSAY.
Enfin, vous voilà, c'est l'essentiel, bien vivant l bien intact...
HUGUES, avec fierté.
Àh ! ce fut un beau duel, cousine... A la première
reprise, j'attaque en quarte, (il refait en parlant les mouvements.) je fais un coupé sur un dégagement, je me fends, le colonel pare, et toc, mon épée tombe à terre... Je la ramasse, j'attaque en tierce, un dégagement, un coupé, je me fends, un contre, et toc, toc, mon épée est de nouveau à terre. Alors, avec une courtoisie digne d'un gentilhomme du grand siècle le colonel la ramasse lui-même et me la tend en disant : Je vous demande pardon, monsieur, de vous avoir désarmé, mais vous maniez l'épée avec une telle maîtrise que je n'ai pas eu le choix de la parade. J'ai répondu aussitôt...
LE COLONEL
Avec une présence d'esprit admirable...
HUGUES, très fier.
:< Monsieur, un pareil compliment venant d'un homme de guerre, tel que vous, ne peut m"ètre que fort agréable!... On eûlpu se croire à Fontenoyl »
LE COLONEL
Après ces mots, une explication était facile : M. de Fronsac qui a le courage du soldat s'il n'en porte pas l'uniforme; nous étions faits pour nous entendre. Je lui ai tendu la main avec plaisir...
HUGUES
Et je l'ai serrée avec effusion.
Il serre la main du colonel.
LÉONIDAS
Ça, un duel, allons donc ! ces femmes vont me gâter mon colonel ! elles vont le gâter !
LE COLONEL, à madame do Mêlusaj.
M. de Fronsac est aussi brave que spirituel, madame...
MADAME DE MÉLUSAY.
Et vous colonel, vous êtes aussi spirituel que brave.
(plus bas de façon à n'être point entendue de Hugues.) Je
vous remercie, au nom de ma famille... d'avoir épargné à mon cousin toute blessure, même d'amour-propre. Vous avez méiuté une récompense...
Elle met la main du colonel dans celle do Charlotte. LÉONIDAS.
Vive la garde ! Vive l'Empereur 1...
LE COLONEL, avec un ton de commandement.
Léonidas I
Léonidas rectifie la position.
CHARLOTTE
Pourquoi ne serait-il pas joyeux comme nous ? (au colonel.) Etes-vous heureux, maintenant?
Je vous aime...
CHARLOTTE, riant.
Soldat ! on est content de vous t
Rideau.
Imprimerie ;:é:iérale de Cliàlillon-a-Seine. — A. 1'i..h»t.