‹ Mille questions d'étiquette [microforme]Chapitre 41 sur 65 · PARAPLUIE · texte numérisé non relu

PARAPLUIE

Q.—Que doit faire un monsieur se promenant avec deux dames et n'ayant qu’un seul parapluie ?

R.—Si un monsieur se promène avec niux dames et qu'un orage survient, il doit leur donner s »: parapluie et marcher en dehors. Rien n’est plus ridicuie que de voir un monsieur marchant entre deux dames et tenant son parapluie qui le protège parfaitement et fait couler de petits ruisseaux par toutes ses pointes sur les robes et les chapeaux des dames qu'il est censé couvrir.

Q. — Peut-on avoir un parapluie bien roulé dans un fourreau pour faire des visites ?

R. — Oui cela n’a rien d'incorrect ; il est très bien d'avoir un parapluie bien roulé dans son fourreau, mais

jamais on ne devra faire — ce que nous avons déjà vu — attacher le fourreau que l'on à retiré au manche de son parapluie, Si la pluie vous oblige à ouvrir votre para pluie, on doit mettre le fourreau dans son sac, son réti-

cule, etc.

dt PARENTS —-

Q.— Quelle conduite doit-on tenir à l'égard des parents quand on les reçoit chez soi ?

R.— 11 va sans dire qu'en les recevant chez soi on leur donnera à'table la meilleure place et le plus fin morceau

Pourtant une exception devra étre faite à cette règle : c'est lorsque les jeunes gens auront à recevoir en méme temps des personnes étrangères.

Si les parents sont chez leurs enfant: .n qualité d'hôtes tant qu'on est restreint au cercle de famille, ils redeviennent solidaires de leurs devoirs devant les étrangers. Ce sont ceux-ci qui reprennent alors la qualité d'hôtes et, pour cela, ils ont droit à toute préséance. La donner aux parents, en cette circonstance, serait leur faire une injure et montrer en quelque sorte qu’on regarde comme rompus les liens de famille,

Pour le mème motif, le mari, qui doit offrir le bras à sa mère de préférence à sa femme, l’offrira, à sa bellemère, si cette dernière est présente, afin de rendre plus d'hommages à celle qui tient à lui par les liens les moin: rapprochés.

La jeune femme servira de mème à table son beau-père avant son père ; et celui-ci avant son mari.

Q.— Existe-t-il des règles de conduite à l'égard des enfants et quelles sont-elles ?

R.— Pour cela, il est un petit code qu’on doit bien observer — En remontant au berceau, il consiste à :

1° Ne pas laisser pousser aux enfants de ces cris discordants qui brisent le tympan des auditeurs et dérangent pour la vie entière l'harmonie des cordes vocales, leur faisant une ‘voix fausse et gutturale ;

2° Soigner devant l'enfant la correction de son langage, ne supportant pas que les serviteurs lui apprennent à écorcher les mots, et sous prétexte de lui parler ten-

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drement, de lui faire dire, au lieu du lait, du lolo ; pour avoir du mal. du bobo, où tout autre terme que l'on pourrait appeler du patois de nourrice, et qu'il faut réformer ensuite. Encore moins, le laisser se servir d'expressions triviales qui sont si choquantes sur ces lèvres roses et candides ;

3° Ne jamais rire de sa colère, si drôle que puissent sembler parfois ces fureurs chez un être jeune, mignon et délicat. Le punir au contrire s'il s'emporte à tort: ct lui faire rendre justice sinplement s'il est dans un bon droit ;

4" Ne jamais répéter devant l'enfant ce qu'on juge étre un bon mot de lui; cela lui donne l'orgucil en lui enlevant du naturel ;

5° Le rendre soigneux de ses vétements, de ses plus beaux joucts, sans pourtant étre trop sévère pour les accidents involontaires, où méme pour les objets de peu de valeur qu'il veut analyser et qui sont la poule aux œufs d'or de ces petites imaginations ;

6° Ne pas permettre à l'enfant qui grandit de se rouler sur les planchers, de monter sans précaution sur les meubles, de salir, de détériorer ce qui l'entoure : il est bon de lui inspirer de bonne heure le respect du mobilier, de tout ce qui n'est pas sa propriété personnelle, et qui a droit par cela mème à de plus grands sois :

7° Etre sur ce point plus sévère encore lorsque l'enfant se trouve dans une autre maison que la sienne. Lui apprendre là, à ne rien déranger, à ne rien demander ; et mème au besoin à refuser ce qu’on lui offre pour ne pas importuner ni déranger personne ;

8° Ne pas supporter que l'enfant parle à table ou dans une visite avant qu'on l'interroge. On l'habitucra à exprimer, chez lui ou dans la rue, ses désirs à mi-voix : mais on ne souffrira jamais qu'il veuille parler bas devant quelqu'un, à moins d’une nécessité tout à fait urgente :

9° On lui fera éviter le mensonge comme une chose déshonorante et indigne d'une homme. Donc on se gardera, vis-à-vis de lui, € promesses qu'on ne puisse pas tenir et mème de menac s impossibles à réaliser ;

10° On exigera de sa part une politesse excessive envers tous, sans distinction d'âge ni de rang ; ne demandant aucun service à un domestique sans accompagner sa demande d'un “je vous prie”, ou d'un “s’il vous plait ”’;

et ne le recevant pas sans un “ merci” dit à haute voix. Enfin, on ne tolérera sous aucun prétexte qu’il se relâche dans l'intérieur des égards qu’il doit à sa famille.

Q. — Que doit-on penser du tutoiement des parents par les enfants ?

R.—Un mot au sujet du tutoiement pratiqué par les enfants, au grand déplaisir de quelques personnes qui le jugent blämable et en opposition avec l'autorité paternelle. : Nous n'avons qu'une chose à en dire : il est passé entièrement dans nos mœurs ; à tort où à raison, on a fait prévaloir l'affection sur l'étiquette absolue : rien ne prouve jusqu'ici qu'on ait eu beaucoup à s’en plaindre. Ce n'est pas toujours la froideur qui incite le plus au respect : on peut très bien avoir des habitudes familières sans faire fi des égards ; il n'est pas nécessaire d'être compassé pour observer des déférences, et rien n'est si simple que de se montrer à la fois aimant et respectueux. C'est toujours le cœur qui détermine ces vraies limites.

Q.— Quelle doit être l'attitude réciproque de deux

sœurs ou d'un frère et d'une sœur en particulier et en public ?

KR. — Quelque intime que soit l'amitié de deux sœurs, clle ne doit jamais se départir d'une certaine politesse excluant le sans-gène, si facile à introduire, là où règne l'égalité. Cette disposition à prendre ses aises sans s’inquiéter du déplaisir ou de l'embarras qu'on peut causer à autrui découle d'un sentiment personnel fort incompatible avec l'affection vraie, laquelle cherche au contraire à se traduire par un dévouement constant ct des manières affables autant que prévenantes.

Entre le frère et la sœur, les égards seront encore plus marqués ; bien qu'on doive fuir, dans des relations aussi saintes, tout ce qui sent la morgue ou la raideur, il faut observer une certaine réserve mêlée à la cordialité. Le frère aura de la courtoisie pour sa sœur : ainsi il ne se laissera pas servir à table avant elle ; il lui rendra en famille comme en public tous les petits soins que les hommes bien élevés sont tenus d’avoir pour le sexe faible : il se gardera, mème dans un cas de dissentiment. des mots vulgaires, encore moins grossiers : il ne peut oublier que

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c'est un lis chaste et pur, dont il doit lui-même protéger la candeur.

La sœur devra à son tour être pour son frère bonne, patiente, douce et empressée à lui rendre ces mille et un menus services qui ressortent des aptitudes féminines.

Q. — Quelle doit-ètre la conduite de la jeune fille envers son père ?

R.— Nous ne devons pas oublier que tout service qui nous est rendu doit ètre reconnu aussi bien s’il s'agit des parents que des étrangers. Un père consacre toute sa vie à ses enfants ; l’idée d'améliorer leur position est l’inspiration de tous ses efforts. On doit l'en remercier par des attentions constantes. Il faut au besoin se plaire à ses caprices. Si le défaut de ponctualité, l'usage de termes d'argot l'irritent, on doit éviter de s'en rendre coupable. I faut lui rendre le retour à la maison agréable ; égayer ses soirées après ses longs travaux qui vous sont con sacrés.

Q. — Peut-on ouvrir une lettre adressée à un frère ou à une sœur ?

R.— Entre frèré et sœurs une lettre cachetée et une porte fermée doivent étre inviolables et ne doivent être ouvertes que Si on en a reçu la permission.

ee PARFUMS —

Q. — Quels sont les parfums préférés des reines ?

R.— Les souveraines régnantes ont leurs préférences pour certaines plantes et certains parfums ; ainsi l'impératrice de Russie a une attirance spéciale pour la lavande, elle en fait cultiver dans ses jardins et en fait mettre de petits bouquets dans son linge, elle se sert de l’eau extraite de cette plante pour sa toilette. L/emblème de la lavande est : “ méfiance ” (hélas, la tzarine n'a qu'à se bien méfier). Elle se sert encore d'extrait de jonquille dont le langage est : “je désire ardemment ” et de jasmin. Le jasmin blanc veut dire : “amabilité” et le jasmin de Virginie : “ séparation ”.

mn ete one.

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