‹ Milton fait historiqueChapitre 3 sur 29 · SCENE PREMIER E · texte numérisé non relu

SCENE PREMIER E

EMMA, Miss CHARLOTTE

( EUes entrent portant des pots de fleurs qu'elles déposent sur le bureau de Milton.)

JNfo»,

is r Mademoiselle , non , cela n'est pas bien, je le < 9 je le sens , et il faut enfin que cela finisse.

CHAH - LOTTE

Je croîs me connaître «en scrupules , Mademoiselle , mais en vérité, je n'entends rien aux vôtres. Ou donc cstle mal, s'U tous phdt?

EMMA

Oùest-leinal nl'*buser de la cruelle infirmité de mon père pour introduira chez lui f en quajité de lecteur, de secrétaire, un jenne homme que l'on fait passer pour un vieillard ; d'être obligé, .pour appuyer un premier mensonge, d'en faire chaque jour de nouveaux; de placer mon père , cet homme respectable , dans une position ridicule , avec un étranger que je ne connais pas , que vous ne connaissez pas vous-même

charlotte, soupirant.

Hélas !

- £ 31 M A • Plaît-al? . . „ , ^

CHARLOTTE

Ce n'est rien, Mademoiselle , ce n'est rie».

EMMA

Et quel moment encore choisisse»- vous pour vous jouer de la crédulité de mon père? Celui où cet illustre malheureux , proscrit , persécuté ptstoblig&dese cacher dans votre maison pour se soustraire aux atteintes de ses ennemis ; vous avez beau dire, oniss Charlotte , cette conduite est au moins bien imprudente.

Charlotte. : :

Je ne croyais pas , Mademoiselle, que la nièce du docteur Godwin, le Quaker le plus laconique et le- plus circonspect du comté de ftuckingham , méritât jamais le titre d'imprudente ; mais vous., vous exagérez aujourd'hui ce qui vous parut d'abord tout aussi simple qu'à moi. Monsieur Milton est .av eugle , il ne .peut se passer d'un lecteur versé dans les langues savantes , pour remplacer mon oncle que les dangers de son ami obligent *û de fréquens voyages. Monsieur Arthur se présente , il est malheureux , orphelin. , il * ^toutes les connaissances qu'on exige ; fallait -il, parce, qu'il a une figure rplus agréable , plus fraîche que lec^maujua 4^cSarans > pw e

qu'il

qu'il n'est pas aussi vieux que Mr. Milton l'aurait souhaité , fallait-il pour cela lui refuser une place qu'il sollicitait avec tant d'instance , qu'il remplit avec tant de distinction , où tout le monde, excepté vous, le voit avec tant de plaisir.

E M M A , d'un ton géné.

Excepté moi ?

charlôtt V, avec chaleur.

D'ailleurs , Mademoiselle , ne se rend-il pas utile à tout le monde, a vous-même. Depuis deux mois qu'il est dans cette maison, quels progrès n'avez -vous point fait dans la musique , dans le dessin , pour lequel vous avez pris tant de goût depuis qu'il vous l'enseigne.

£ M M A, vivement.

Je l'avais toujours aimé , Mademoiselle , mais j'aime encore plus mon devoir ; c'est lui qui me rappelle a chaque instant que les- services de Mr. Arthur n'eussent point été acceptés , si mon nère avoit connu son âge. Ainsi j'espère qu'avant le retour de votre oncle dont l'estime

charlotte, V interrompant

Oh ! Mademoiselle , n'ayez aucune crainte ; mon oncle m'aime, je lui ai mandé tout ce qui se passe; et je suis bien sûre que lorsqu'il aura appris le motif secret ,

Quel est donc ce mystère ?

c h A r l o t t E ^ de même.

Hélas ! Mademoiselle , je vois bien qu'il n'est pins possible de vous le cacher; vous savez avec quel scrupule j'avais écarté jusqu'ici tout projet d'hymen; l'idée seule du mariage me semblait porter atteinte à cette pureté , à cette innocence de mœurs dont je voulais laisser un grand exemple,

( io )

< ; EMMA

Eh bien?

CHARLOTTE

Vous le dirai-je , ma chère Emma ? Ce Mr. Arthur si savant. . .si modeste. . .mais en même-tems si noble ,

et d'un goût si exquis

Achevez donc !

CHARLOTTE

Je crois qu'il m'aime.

Il vous aime , vous ?

CHARLOTTE

Je ne l'espérais pas , avant d'en avoir la certitude.

EMMA

Hé quoi ! il vous a dit .

CHARLOTTE

Je vous prie de croire que ses témérités n'ont pas encore été jusques-là, mais le cœur n'a-t-il qu'une manière de s'exprimer?

Page 1