‹ Mimes et ballets grecsChapitre 27 sur 30 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Cependant, prodige de beauté, voici Vénus, mais Vénus vierge encore. Elle est nue, ou presque. A peine une soie transparente couvre son sexe. Ses formes s'accusent sculpturalement.

C'est Vénus aux délicates nuances, à la fois blanche — ne descend-elle pas du ciel.^ — et bleue — n*estelle pas sortie des flots de la mer ?

Les trois déesses ont chacune leur cortège.

Deux jeunes acteurs armés de casques en forme d'œuf, au cimier surmonté d'étoiles, représentent Castor et Pollux, et accompagnent Junon. Celle-ci s'avance tranquillement, aux accords d'une flûte lascive. Avec des gestes pleins de noblesse, elle propose au Berger de lui octroyer l'empire de l'Asie tout entière.

Minerve a pour suivants de jeunes soldats qui représentent Y Effroi et VEpouvantement. L'épée nue, ils escortent la déesse en bondissant. Eux-mêmes sont accompagnés d'un joueur de flûte qui exécute, sur un mode dorien, une musique belliqueuse où alternent les tons graves et suraigus, musique furieuse dont les accents imitent la trompette.

Cette musique exalte et enivre les danseurs.

Quant à Minerve, elle balance la tête en dardant de tous côtés des regards pleins de menaces. Ses gestes violents et dominateurs assurent à Paris qu'elle le sacrera moissonneur de trophées et héros immortel.

Mais les applaudissements éclatent. Entourée d'une troupe de tout jeunes enfants, Vénus s'avance jusqu'au milieu de la scène, en souriant. Les enfants représentent autant de petits Cupidons descendus des nues ou sortis des flots. Ils ont de petites ailes, de petites flèches. Et comme s'il s'agissait de conduire la déesse vers un banquet nuptial, ils portent devant elle des torches étincelantes.

Vénus est encore accompagnée d'une troupe déjeunes vierges. Ce sont les Grâces et les Heures.

Toutes, sur le passage de la déesse, jettent des guirlandes de fleurs ou efl'euillent des roses. Elles s'empressent autour d'elle, puis forment une ronde et offrent à

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