‹ MinéralogieChapitre 9 sur 160 · ÉTUDE DES CRISTAUX · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES CRISTAUX

§ 9. Comment 11 tmut étudier. — II ne Suffit pas de saT» en général que les corps bruts peuvent cristalliser; il fautenoon connaître la nature des polyèdres qu'ils présentent, établir kl|^, relations qui peuvent exister entre les uns et les oppositions qM peuvent offrir les autres.

La première chose à faire est de s'assurer que ces polyèdres ont | des caractères géométriques , c'estrà-dire que leurs pians ne sont i pas disposés au hasard comme ceux que pourraient produire des i fractures en différents sens, ou le retrait des matières qui se dessè- ■ chent, etc.; il faut chercher ensuite, par une étude suffisante dfif détails, à établir ces caractères avec assez de précision pour qu'ik puissent servir à distinguer nettement les diverses sortes de cri^ =^ taux, et à découvrir des analogies ou des différences là où l'œil ? abandonné à lui-même pourrait fréquemment se tromper.

§ 40. mesure des angles. — Pour reconnaître la nature géométrique des cristaux, il suffit de soumettre les inclinaisons de leurs faces à des mesures rigoureuses , en se procurant des instruments convenables, qu'on nomme goniomètres.

Le plus simple de ces instruments consiste en deux lames, fig. 4, réunies et mobiles en a, qui peuvent s'ouvrir plus ou moins, et s'allonger ou se raccourcir en glissant dans des rainures. On applique ces lames le mieux possible sur les deux faces dont on vent

ÉTUDE DES CKIST&Dl. — MBSUSI DIS IHGUS. 9

mesurer l'angle dièdre ; puis on les place sur un rapporteur, lig. 2, dans des points de repère qui y sont marqués, pour en lire la valeur sur le limbe.

Cette manière de mesurer les angles est très-défectueuae , et ne peut servir que pour des à peu près dont on peut dans certains cas se contenter. Pour avoir plus d'exactitude, on a imaginé de choisir les cristaux dont les faces sont brillantes , el de s'en servir pour faire réQéchir les images de certaines lignes de mire placées â distance ; on peut alors amener ces images à coïncider avec des lignes 6xes, et cela permet d'établir plus nellement des points de départ sur une face, des points d'arrivée sur une autre, en faisant tourner le cristal. L'appareil étant disposé sur un cercle , on obtient l'angle décrit par le mouvement du cristal, et conséquemment l'inclinaison de ses faces.

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Placer l'arél' du criilal hOTizonlalfmenl. -

KM sur une lible, deiaul le jour, L'arile du ctislri doxl-feweriçiM-

reusement horizontale. Pour la placer ainsi, on part de ce principe , qu'un miroir horizontal réfléchit horizontalement l'image des objets horizontaux. On cherche donc au loin deux lignes horizontales, comme une ligne de toit, une ligne de balcon, et Ton met le plan du cercle à peu près perpendiculaire au plan du bàliment qui les présente. On approche alors l'œil très-près du cristal , et, en faisant tourner Taxe intérieur au moyen de la virole g, on amène une des faces dans une position telle qu'elle puisse réfléchir, par exemple, la plus haute des lignes de mire qu'on a choisies ; puis on continue & tourner lentement jusqu'à ce que l'image qu'on aperçoit se rapproche de la ligne de mire la plus basse, vue directement, et l'on examine alors ce qui se passe. Si les deux lignes coïncident dans toute l'étendue qu'on aperçoit, la face du cristal est horizontale; si elles ne coïncident pas , on fait varier doucement, soit la position du cercle , soit celle du cristal, au moyen des pièces mobiles en h et en t, jusqu'à ce qu'on parvienne à produire la coïncidence.

On fait alors la même opération sur la seconde face, qu'on amène en'position convenable en la faisant tourner par la virole n. Lorsqu'on est parvenu à placer celle-ci de manière à faire coïncider l'image réfléchie avec l'image directe, on revient à la première, pour voir s'il n'y a pas eu de dérangement. Après divers tâtonnements, on parvient à avoir coïncidence des lignes de mire sur l'une et sur l'autre face, qui sont dès lors toutes deux horizontales , et dont l'intersecnon est par conséquent elle-même horizontale.

Mesure de l'angle, — Après ces dispositions, on met le cercle gradué à o<* ou à ISO", car il est divisé en deux parties, ce qui se fait en tournant la virole f. un point d'arrêt indique naturellement quand on y est parvenu. On commence alors par tourner le cristal au moyen de la virole g, pour amener une face à réfléchir la ligne de mire supérieure, et à la faire coïncider exactement avec la ligne inférieure. Cela fait, au moyen de la virole f, on tourne le cercle lui-même, qui entraine alors le cristal dans sa rotation , jusqu'à ce que la réflexion et la coïncidence des lignes de mire aient aussi lieu exactement sur la seconde face. Il ne s'agit plus alors que de lire les degrés sur le limbe, et les fractions de degrés sur le vernier p.

Cet instrument n'est destiné qu'à mesurer de très-petits cristaux, parce que l'œil n'étant pas fixe, et la distance des objets de mire n'étant jamais très-grande, il faut que la dimension du cristal et sa distance à l'œil puissent être considérées comme très-petites. Mais c'est un avantage réel, parce que les petits cristaux sont toujours les plus nets et les plus réfléchissants.

Goniomètre de Babinet. Cet-instrument, flg. 4, qu'on peut tenir à la main

ou fixer sur un pied, consiste en un cercle garni de 4. deux lunettes, a et b, et une alidade c (^ui tourne au

centre; la lunette a est fixe, et la lunette b est mobile et garnie d'un vernier. Au centre se trouve un petit support susceptible de tourner sur lui-même, et sur lequel on fixe , avec de la cire molle, le cristal qu'on veut mesurer.

Les lunettes renferment chacune intérieurement deux fils croi.sés rectangulaires, qui sont placés au foyer de l'oculaire, et qui , la lunette étant tournée vers le jour, se trouvent ainsi éclairés par un faisceau de rayons parallèles. Ces fils remplacent dès lors, dans la lunette fixe, des points de mire placés à l'infini. Avant de se servir do l'instrument, il faut arranger chacune des lunettes, au moyeu des tirages, de manière à voir distinctement les objets éloigné», afin qu'en amenant la lunette b vis-à-vis de la lunette fixea^ ou aperçoive les quatre fils.

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