LA LUMIÈRE POLARISÉE CONVERGENTE
Lorsqu'on fait traverser une lamelle biréfringente par un faisceau convergent de lumière polarisée et qu'on reçoit les rayons émergents dans un analyseur, on observe des figures d'interférence spéciales, dont la forme varie suivant la direction de la section et la nature du cristal.
Dans les cristaux à un axe, les lamelles, taillées perpendiculairement à l'axe optique unique, fournissent une série d'anneaux concentriques traversés par une croix noire, lorsque les niçois sont croisés ; par une croix blanche lorsqu'ils sont parallèles.
Dans les cristaux à deux axes, une lamelle taillée perpendiculairement à un des axes optiques donne une apparence analogue ; mais la croix est remplacée par une courbe à une seule branche.
Enfin, lorsque la lamelle est perpendiculaire à la bissectrice, il se produit des lemniscates concentriques dont les deux foyers sont déterminés par l'écartement des axes optiques. En outre, lorsque les niçois sont croisés et que le plan des axes optiques coïncide avec les sections principales, il existe une croix noire, passant par ces plans principaux. Elle se transforme en deux branches d'hyperbole, lorsqu'on tourne la préparation par rapport aux niçois.
Ces différentes apparences peuvent être expliquées par des considérations analogues à celles qui ont été développées à propos de la lumière parallèle. Elles servent à distinguer les cristaux à un et à deux axes ; mais,
de plus, elles permettent de mesurer l'écartement des axes optiques et aussi de déterminer la nature de leur dispersion. Car les courbes isochromatiques ne se superposent pas entièrement, mais se juxtaposent dans un ordre déterminé pour chaque sorte de dispersion.
De plus, on peut déterminer si la bissectrice est positive ou négative (y ou a), soit en employant la lame quart d'onde de Dove, soit en se servant de la lame compensatrice en quartz de Biot.
Nous renvoyons aux traités spéciaux pour l'étude plus détaillée de ces questions. On peut prévoir que, dans un avenir prochain, elles seront applicables aux études pétrographiques. Les interférences dues à la lumière convergente nécessitent le passage de la lumière à travers une épaisseur notable de la substance biréfringente à étudier. Les plaques minces semblent par suite rebelles à l'emploi de ce procédé ; cependant quelques essais récents permettent de supposer que le problème n'est pas insoluble.
On augmente la convergence des rayons incidents au moyen d'une double lentille superposée au polariseur; puis on supprime* l'oculaire, ce qui permet de rapprocher l'œil de l'objectif surmonté de l'analyseur; ou encore, on superpose^ une lentille achromatique à l'objectif, en conservant l'analyseur et l'oculaire, de façon à ramener au foyer de l'oculaire un plus grand nombre de rayons à grande divergence, émanant de l'objectif.
Dans l'un et l'autre cas, l'œil reçoit les rayons très divergents, qui sont habituellement arrêtés par les diaphragmes ou par les parois du tube du microscope.
Application pratique Nous pouvous douucr Ics détails pratiques suivants sur l'application,
paqucs minces. ^ j'^^j^jg dcs lamcs mluccs, dcs procédés von Lasaulx et Em. Bertrand. Il convient d'employer des objectifs très puissants ; les objectifs à immersion sont souvent même nécessaires. L'observation des courbes isochromatiques dans les plaques minces n'est généralement pas possible; mais, le plus souvent, on peut observer le centre de la figure d'interférence.
i. Von Lasaulx. Neues Jahrbuch fur Minéralogie, 7 mars 1878, page 377.
2. Em. Bertrand. Société minéralogique de France, 9 mai 1878, page 22. — Id., 14 nov. 1878, page 96.