‹ Minéralogie micrographique roches éruptives françaisesChapitre 32 sur 150 · MOUVEMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DIVERS

Usure mécanique Lcs CHstaux, qui sc formcut daus uu magma soumis à des mouvements,

es cris aux. ^^ briscut, sc disjoignent, et leurs différentes parties se déplacent les unes

par rapport aux autres. De là l'origine de la structure fluidale, si fréquente

dans un grand nombre de roches. Certains cristaux sont alors susceptibles

de se plier ; ainsi les micas se recourbent et se distinguent par là des lamelles d'amphibole, offrant à peu près le même aspect, mais qui sont plus fragiles et se cassent. Les angles s'usent et s'émoussent, et ce cas se présente fréquemment pour tous les cristaux de première consolidation.

Toutefois cette usure des angles peut aussi provenir d'une fusion partielle, postérieure à la formation du cristal, et due à une élévation accidentelle de la température ; ce dernier cas est de beaucoup le plus rare.

ACTION DES FLUIDES GAZEUX OU LIQUIDES EXISTANT AU SEIN DU MAGMA ENCORE FONDU.

On peut dire d'une façon générale que tout magma naturel, ayant donné naissance à des minéraux cristallisés, contenait des substances volatiles, mélangées mécaniquement dans sa masse ou en dissolution. Ces substances modifient la structure des cristaux et parfois leur composition. Dans la plupart des cas, elles se distinguent de la matière même du cristal et s'y trouvent à l'état d'inclusions. Aux inclusions cristallines et aux inclusions de matière vitreuse dont il a été question plus haut, il faut donc ajouter les inclusions de gaz ou de vapeurs et les inclusions liquides. Enfin il est à noter qu'une même inclusion peut être composée à la fois de plusieurs de ces éléments, et c'est ce qui arrive presque toujours pour celles qui sont principalement composées de matières vitreuses ou de substances liquides. Nous allons donc, pour passer convenablement en revue ces différents ordres de produits, considérer successivement (a) les inclusions purement gazeuses, (6) les inclusions à liquides avec ou sans gaz, et enfin (c) les inclusions vitreuses avec ou sans gaz.

Les inclusions gazeuses sont le plus souvent arrondies; dans beau- (a) inclusions gazeuses. coup de cas, elles représentent en creux la forme du cristal ou même des ^'' ^^' ^^' ^'

nu MmÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE. ■

formes plus compliquées, mais appartenant à la même symétrie. La paroi, qui les limite, est généralement transparente, comme le reste du cristal dans lequel elles sont renfermées ; cependant il arrive aussi que cette paroi se trouve tapissée en totalité ou en partie par un dépôt opaque de couleur foncée, cristallin ou amorphe. Dans le premier cas, l'inclusion est transparente ; sa partie centrale paraît brillante, tandis que sa périphérie présente la forme d'un anneau obscur relativement large. Ce dernier effet est dû à la différence de réfrangibilité qui existe entre le gaz de l'inclusion et la matière minérale qui l'environne, et aux réflexions totales qui en sont la conséquence. Quand l'inclusion est tapissée d'un enduit foncé, elle est naturellement plus ou moins opaque. Les inclusions gazeuses à parois transparentes se reconnaissent à la large bande circulaire noire qui les limite. Sur la paroi interne de ces inclusions, on distingue quelquefois des dépôts cristallins ; il est surtout fréquent d'y observer du fer oxydulé.

Dans un même cristal, les inclusions gazeuses sont quelquefois en très grand nombre; tantôt leur distribution est irrégulière, tantôt, au contraire, elles sont rangées parallèlement à certaines faces et surtout parallèlement aux zones d'accroissement. Le gaz s'y trouve renfermé le plus souvent sous une faible pression, de telle sorte que, quand on ouvre l'inclusion sous l'eau, ce liquide s'y précipite. Toutefois, dans certains cas, Davy et Brewster, qui ont étudié des inclusions de cette nature relativement très volumineuses, ont constaté un mouvement d'expansion du gaz au moment de l'ouverture.

Nature des gaz. Le gaz renfermé est en général de l'azote avec des traces d'oxygène et

d'acide carbonique, surtout dans celles de ces inclusions où la pression est faible ; quand la pression est supérieure à la pression atmosphérique, on trouve le plus souvent qu'il est constitué par de l'acide carbonique, de l'hydrogène et des carbures d'hydrogène.

L'extraction du gaz peut se faire de plusieurs manières : on peut opérer, comme Davy et Brewster, en ouvrant l'inclusion sous l'eau, l'huile ou le mercure, à l'aide d'un foret terminé par une pointe de diamant; ce procédé exige des bulles volumineuses.

DEFORMATIONS DES MINERAUX. 135

On peut aussi chauffer la matière minérale qui contient les inclusions, de manière à les faire éclater, et recueillir alors le gaz sous une éprouvette, s'il est en quantité suffisante, ou bien encore le faire dégager dans un tube ,

de Geissler,comme a opéré Vogelsang, de manière à en faire l'analyse spectrale. Quand on emploie de la sorte la chaleur pour amener l'extraction du gaz, il faut, bien entendu, chauffer la matière expérimentée dans un appareil où l'on a fait un vide absolu. Ce procédé présente le très grave inconvénient de décomposer les liquides ou les solides carbures qui existent dans presque toutes les roches, et de donner ainsi naissance à des gaz qui n'existaient pas en réalité à cet état dans les inclusions. Il y a donc là une cause d'erreur grave dans les déductions à tirer des expériences.

On peut enfin extraire les gaz, en dissolvant la matière minérale, qui les renferme, dans l'acide fluorhydrique. L'expérience se fait sans difficulté et demande seulement quelques précautions de la part de l'opérateur.

Les inclusions liquides peuvent, comme les précédentes, être régu- (&) inclusions liquides. lières ou bien présenter des formes en relation avec la symétrie du cris- ' ' ^" ® • tal qui les contient ; elle peuvent être en quantité innombrable ou en petit nombre, dans un même individu; leur distribution peut être régulière ou irrégulière. Dans le quartz, qui, de tous les minéraux, est sans contredit le plus riche en inclusions liquides, elles affectent ordinairement Ja forme de traînées tortueuses ; la plupart d'entre elles contiennent une bulle de gaz. L'indice de réfraction des liquides diffère moins de celui des matières vitreuses que l'indice de réfraction d'un gaz; c'est pourquoi la limite entre l'inclusion liquide et la matière qui la renferme, est marquée par une ligne d'ombre moins accentuée que celle qui sépare un gaz, soit d'un liquide, soit d'une substance vitreuse. La bulle contenue dans un liquide présente au contraire une bande fortement ombrée à son contact avec celui-ci.

Dans une inclusion liquide, il ne peut y avoir naturellement qu'une Buiie mobile. seule bulle gazeuse; car s'il en existait plusieurs, elles se réuniraient. Cette bulle présente aussi nécessairement des contours arrondis, mais elle peut être ellipsoïdale ou même affecter une forme cylindrique terminée par deux

calottes convexes, selon les proportions relatives du gaz et du liquide et la forme de l'espace occupé par ce dernier. Enfin une bulle de gaz, logée dans un liquide, est susceptible de déplacements. Ce dernier caractère est celui qui permet de reconnaître le plus sûrement les inclusions liquides.

Dans les inclusions très petites, la bulle est spontanément mobile : tantôt elle ne jouit que d'un faible mouvement; parfois au contraire elle s'agite avec une prodigieuse vivacité ; par moment l'agitation cesse brusquement, pour recommencer au bout de quelques secondes. On a attribué ce mouvement à diverses causes, telles que l'ébranlement du sol ou la variation incessante de la température; mais comme, lorsque ces causes varient, on ne remarque pas de changement sensible dans le mouvement de la bulle, il faut attribuer ce phénomène à d'autres influences. Jusqu'à présent, on ne connaît aucune explication satisfaisante du fait.

Quelle que soit la petitesse d'un cristal, il n'existe, dans les inclusions qu'il renferme, aucune relation fixe entre le volume du liquide et les dimensions de la bulle. On ne peut donc, comme l'a fait Sorby, considérer le liquide comme ayant été emprisonné à haute température, et comme ayant occupé alors l'espace total où il est actuellement logé avec la bulle ; si, en effet, la bulle résultait d'un dégagement de gaz dans l'espace laissé libre par la contraction du liquide, il s'en suivrait que, dans un même cristal, un rapport constant existerait entre les volumes relatifs du liquide et de la bulle pour les diverses inclusions ; or il n'en est rien.

Le liquide en inclusion est quelquefois coloré ; dans ce cas, sa teinte la

plus ordinaire est le jaune verdâtre.

Liquide à l'état Le gaz, au licu d'être contenu dans le hquide sous forme de bulle, lui

sp eroi a . ^^^ parfois extérieur. Le fait se produit lorsque, par exception, le liquide

PI. IV, fig. 4. ne mouille pas l'enveloppe cristalline. L'inclusion se présente alors de la

façon suivante : au centre se trouve le liquide sous la forme d'une bulle à

contours foncés comme ceux d'un gaz, alentour le gaz bordé aussi par

une bande ombrée épaisse, et, en troisième lieu, la matière du cristal, ou

bien encore une matière vitreuse, ou un second liquide qui mouille les

parois, mais n'est pas susceptible de se mélanger avec le premier.

Dans d'autres inclusions à deux liquides, ceux-ci sont au contraire en inclusions

l'ûti •! à deux liquides.

contact, tandis que la bulle de gaz est intérieure. Ces deux cas sont dimciles à distinguer, car les apparences sont très peu différentes, et l'aspect de l'inclusion se modifie de la même manière sous l'influence de la chaleur. La coloration du liquide est alors le meilleur caractère qui le distingue d'un gaz ; notons cependant qu'un gaz interposé entre deux liquides amène nécessairement la production de deux bandes de séparation, l'une et l'autre larges et fortement ombrées, tandis que si les deux liquides sont en contact et si le gaz est intérieur, la ligne de séparation du gaz et du premier liquide est épaisse et foncée ; mais la ligne de démarcation des deux liquides l'est beaucoup moins.

Dans les inclusions à bulle mobile, on trouve souvent au sein du liquide Cristaux des inclusions des cristaux généralement incolores, de forme cubique et sans action sur liquides. la lumière polarisée. Dans certains cas rares, les cristaux en question se pi. iv, %. 4. colorent entre les niçois croisés. Quand ils restent obscurs, on ne peut pas toujours, à cause de leur petitesse, affirmer que la substance, à laquelle ils appartiennent, est isotrope.

Au point de vue de l'action de la chaleur, les liquides des inclusions Action de la chaleur peuvent être divisés en deux classes : les uns possèdent la transparence, la ,. .^ ,^"^/®, .

* ri' liquide des inclusions.

dilatabilité et la réfrangibilité de l'eau, et sont, en effet, de l'eau pure ou des solutions salines aqueuses; les autres sont souvent teintés légèrement en jaune, moins réfringents que l'eau, beaucoup plus dilatables et très volatils. Brewster a trouvé que, dans la topaze, l'indice de réfraction du premier liquide était égal à 1, 2946 et que, par conséquent, il était très rapproché de celui de l'eau, qui est 1,3358. L'indice de réfraction du liquide de la seconde catégorie a été trouvé, par le même auteur et dans le même minéral, égal à 1,1311.

Le premier liquide possède sensiblement le même coefficient de dilatation que celui de l'eau; le second présente un coefficient de dilatation environ 80 fois plus fort.

Pour bien apprécier la dilatibilité et la volatilité de ces liquides, il faut les soumettre à l'action de la chaleur et, pour cela, les préparations doivent

être chauffées pendant la durée même de l'observation au microscope. Plusieurs procédés sont employés à cet effet : le plus simple, mais en même temps le plus grossier, consiste à approcher, en dessous de la préparation, un bouchon de verre attaché à un fil métallique, et qui vient d'être fortement chauffé. La chaleur ainsi communiquée est suffisante pour dilater rapidement et réduire en vapeur les liquides très volatils ; elle permet ainsi de les distinguer des liquides aqueux. Quand on a affaire à un liquide peu volatil et dont la bulle paraît fixe, on peut aussi dans beaucoup de cas amener de la sorte un déplacement de la bulle de gaz et constater ainsi qu'on a affaire à une inclusion aqueuse et non à une inclusion vitreuse.

Lorsque l'on veut obtenir plus de précision ou chauffer jusqu'à des températures voisines de 100% il est nécessaire d'avoir recours à d'autres moyens. On peut employer par exemple une lame de métal ayant la forme du porte-objet, mais munie d'un ou deux prolongements latéraux que l'on chauffe avec une lampe à aleool ou un bec de gaz. Un thermomètre appliqué sur cette plaque donne à peu près la température à laquelle la préparation se trouve portée. Il est possible, avec ce procédé, de chauffer assez fortement la préparation; si on opère au delà de 60% il convient d'avoir la précaution de ne descendre le tube du microscope qu'au moment de l'observation et de le remonter le plus promptement possible, sans quoi on risquerait de décoller les lentilles de l'objectif. L'opération demande donc

une grande prestesse. L'inconvénient du procédé consiste en ce que l'on ne peut faire varier la température que lentement; la plaque une fois échauffée se refroidit avec une lenteur très gênante.

Un appareil, qui ne présente pas cet inconvénient, est celui de Vogelsang (fig. 35) : il se compose d'un thermomètre dont le réservoir a la forme d'un anneau ; de petits boutons en verre sont soudés à la paroi de

Fig. 35.

celui-ci et servent à fixer un fil de platine. Le thermomètre ainsi construit est posé à plat sur le porte-objet du microscope, recouvert d'une plaque en ivoire, mauvaise conductrice, de sorte que l'ouverture annulaire du réservoir coïncide avec celle du porte-objet. La préparation est déposée sur le plan formé par le fil de platine dont les extrémités sont mises en communication avec une pile; réchauffement du fil se communique à la préparation; si on interrompt le contact, le refroidissement s'opère aussitôt, de sorte que la préparation peut ainsi s'échauffer et se refroidir rapidement et dans des limites étendues. Si on chauffe à haute température, les précautions indiquées ci-dessus devront encore être employées.

Le thermomètre, en usage dans ce procédé, n'indique la température de la préparation qu'avec une approximation grossière. Pour obtenir exactement la température à laquelle la préparation se trouve portée, on emploie de préférence une petite cuve métallique percée d'un trou central, composée de deux réservoirs rectangulaires superposés et communiquant ensemble, entre lesquels on glisse la préparation. Cette cuve est chauffée par un courant d'eau à température constante, qui la traverse et dont un thermomètre donne le degré d'échauffement. L'objectif du microscope pénètre dans le trou qui traverse le réservoir supérieuF et prend lui-même la température de l'eau de la cuve. Il est bon de ne pas dépasser 60° dans la crainte d'altérer l'objectif, surtout si on opère à un fort grossissement.

Quand on chauffe une inclusion d'un liquide dans lequel flotte une bulle de gaz, deux cas peuvent se présenter. Si le liquide est abondant et la bulle petite, le liquide se dilate et remplit tout l'espace occupé par la bulle qui se dissout et disparaît ; puis le liquide peut lui-même, à une température plus élevée, passer brusquement à l'état de vapeur, ce qu'on reconnaît à ce que son contour extérieur devient subitement bordé d'une bande plus large et plus foncée. Si le liquide est peu abondant et la bulle volumineuse, le liquide se réduit peu à peu en vapeur et l'espace occupé par le gaz augmente successivement jusqu'à ce que le liquide ait complètement disparu. Si l'on a un gaz compris entre deux liquides, la gouttelette centrale est for-

l/iO MINÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE.

mée par un liquide très volatil, qui se comporte comme dans le second cas dont il vient d'être question.

Nature des liquides, Lcs gaz, qui sout coutcnus SOUS fomic de bulles dans les inclusions

des gaz et des sels ijqyi^jçg y gQjjj gjj fp^p t^q^iq quantité pour qu'on ait pu sona^er àdétermi-

contenus dans les^"' rr^ r^ r o

inclusions. ncr à part leur nature; on s'est donc spécialement occupé de rechercher celle des liquides/Dans certains cas particuliers où les inclusions étaient PI. IV, fig. 3 et 4. suffisamment volumineuses, Davy, Nicol et Brewster les ont ouvertes avec un foret à pointe de diamant, ont extrait les liquides à l'aide de pipettes capillaires et ont soumis ceux-ci à l'action des réactifs chimiques ordinaires. Cependant ces inclusions sont presque toujours trop petites pour qu'un tel procédé soit applicable; on emploie donc l'action de la chaleur et on opère sur des cristaux contenant à la fois un grand nombre d'inclusions. Dans la presque totalité des cas, en agissant ainsi, on recueille de l'eau chargée d'acide chlorhydrique; mais, comme il faut le plus souvent chauffer à une température élevée pour amener la rupture du minéral enveloppant, on admet qu'en général cet acide chlorhydrique résulte d'une altération des ^ silicates par le chlorure de sodium tenu en dissolution dans l'eau des inclusions; tel est le cas général pour les laves.

Parfois l'eau recueillie contient de l'acide fluorhydrique ; le cas s'observe non seulement quand on traite des minéraux fluorés, tels que la topaze, mais même quand on chauffe le quartz de la plupart des granités. Il est permis, par analogie, de supposer dans ce cas que du fluorure de calcium ou des fluorures alcalins jouent le même rôle que le chlorure de sodium dans les cas ordinaires. En chauffant ainsi, mais à une température très modérée, certains minéraux contenant des inclusions à liquide très volatil, il est arrivé qu'après l'éclatement du minéral, on a obtenu, non pas de l'eau, mais seulement de l'acide carbonique. Yogelsang, auquel on doit les plus précises de ces expériences, a démontré ainsi que presque toujours le liquide des inclusions très volatiles n'était pas un carbure d'hydrogène, comme le croyait Brewster, mais de l'acide carbonique liquide. En effet, la vapeur dégagée après ouverture de l'inclusion ne donnait dans le tube de Geissler que des traces des raies de l'hydrogène, tandis qu'elle montrait

DÉFORMATIONS DES MINÉRAUX. ; m

très nettement celles de l'acide carbonique; on a du reste vérifié la nature de ce gaz en constatant son action sur l'eau de chaux.

On a aussi essayé de refroidir les liquides et de déterminer leur température de congélation.

Quant à la nature des sels, qui sont en dissolution ou qui se trouvent à l'état de cristaux isolés dans les inclusions liquides, les expériences faites pour arriver à leur détermination montrent que leur nature est très variable; en effet, on reconnaît parmi eux des chlorures, des sulfates, des carbonates alcalins, du sulfate de chaux, peut-être du quartz, et, chose remarquable, on a même trouvé du fluorure de calcium et du sulfate de baryte. Cependant, de tous les sels cristallisés, le plus commun est incontestablement le chlorure de sodium ; on le reconnaît fréquemment dans les inclusions à sa forme cubique, à sa structure en trémie, à l'absence d'action sur la lumière polarisée; de plus, ainsi que nous l'avons déjà dit, c'est lui dont la présence est indiquée par l'acide chlorhydrique dégagé au moyen de la chaleur; enfin son existence se démontre directement en concassant les minéraux dans un mortier en agate et en lavant la poudre obtenue avec de l'eau distillée; le liquide donne, par le nitrate d'argent, un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque.

Si on chauffe un minéral contenant des inclusions vitreuses à bulle inclusions vitreuses

-, 'M . • 1 .'., 1 . 11» avec ou sans bulle

de gaz, on recueille toujours des quantités plus ou moins grandes d un ^^

mélange gazeux, composé parfois d'azote et d'acide carbonique, mais plus souvent d'un mélange de ces deux gaz avec de l'hydrogène et des carbures d'hydrogène. En dissolvant le minéral en question dans l'acide fluorhydrique, la quantité du gaz recueilli est souvent négligeable ou nulle ; on en conclut que, dans ces cas, les gaz développés par l'action de la chaleur proviennent d'une décomposition de substances liquides ou solides très semblables à des matières organiques. 11 est impossible de décider sûrement si ces substances se trouvent dans l'intérieur de la bulle, ou si elles sont contenues au dehors; nous n'insisterons donc pas sur cette question, qui nous paraît nécessiter de nouvelles études. 11 nous suffira de constater que, danS: certains cas, l'acide fluorhydrique donne lieu à de faibles dégagements de

H2- MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.

gaz ayant les compositions indiquées ci-dessus, pour affirmer que les bulles renfermées dans les inclusions vitreuses ne sont pas absolument vides.

La diversité des rapports existant, dans un même minéral, entre l'étendue des parties vitreuses et celles des bulles des inclusions, démontre, comme pour les inclusions liquides, que les bulles ne représentent pas seulement les espaces laissés libres par la contraction de la matière vitreuse pendant son refroidissement. En d'autres termes, on ne peut supposer que la matière vitreuse ait rempli primitivement l'inclusion tout entière, et il est probable que la bulle de gaz a été le point de départ de la formation de l'inclusion et consécutivement du cristal enveloppant. Dans cette hypothèse, la bulle de gaz, circulant par exemple au sein d'une matière fondue, aurait déterminé autour d'elle la prise, à l'état plastique, d'une petite quantité de matière amorphe. Des molécules cristallines seraient ensuite venues se déposer sur cette dernière, en laissant la matière amorphe sous forme d'une masse irrégulière, ou bien encore en lui imprimant leur propre symétrie, comme les masses d'argile qui, prises par la glace durant l'hiver, revêtent les formes régulières que leur communique celle-ci. Cette hypothèse est confirmée par la production d'inclusions vitreuses à bulle de gaz, dans les feldspaths artificiels reproduits, à la pression atmosphérique, par PI. XX, fig. 4. fusion ignée. Parmi ces inclusions artificielles, les unes sont irrégulières, les autres représentent des cristaux négatifs. Résumé. Avant de terminer ce qui est relatif aux inclusions, résumons briève-

ment les caractères qui distinguent celles-ci :

1" Une inclusion purement gazeuse ne contient pas de bulles ; ses bords sont limités par une épaisse bande obscure ;

2° Les inclusions à liquide, sans bulle, ont des bords nettement tranchés et à contour mince;

3° Les inclusions à liquide, avec bulle intérieure, ont un bord net ; elles ne possèdent qu'une bulle à bords fortement ombrés, spontanément mobile, si elle est suffisamment petite et le plus souvent susceptible de devenir mobile par la chaleur, si elle est volumineuse;

4" Quand le liquide est aqueux, il n'ofifre pas d'autre disposition ; si le liquide est de l'acide carbonique, il peut se présenter sous la forme d'une gouttelette mobile au sein d'un gaz dans une cavité dont il ne mouille pas la paroi. Dans ce cas, la gouttelette centrale a un large bord obscur, et il en est de même de la cavité qui l'entoure. Si cette cavité ellemême est contenue dans un second liquide, celui-ci aura un bord extérieur net et un bord intérieur fortement ombré dont le contour variera par l'action de la chaleur;

5" Une inclusion vitreuse a toujours des contours nets sans pénombre; elle peut posséder une ou plusieurs bulles toujours immobiles et à contours fortement ombrés. Quand la roche qui contient le minéral présente une matière vitreuse entre les cristaux qui en font partie, la matière vitreuse des inclusions présente généralement la même coloration que celle-ci : cette coloration peut être brune, violacée ou rougeâtre, tandis que les inclusions liquides sont toujours incolores, sauf dans le cas où elles sont constituées par de l'acide carbonique et où elles possèdent alors une légère teinte jaune verdâtre ; mais leur dilatabilité et leur volatilité les font dans ce cas facilement reconnaître.

Les inclusions de matière amorphe sont plus souvent incolores dans les roches anciennes que dans les roches modernes ; quand ces inclusions sont colorées, la teinte n'y est pas en général uniforme.

Les inclusions liquides ou vitreuses, sans gaz, à contours polyédriques, se distinguent des véritables cristaux inclus en ce que leur forme représente celle du cristal qui les enveloppe, tandis que la conformation des cristaux inclus est indépendante de celui-ci.

Dans les roches riches en matière amorphe, comme les laves modernes, pi. iv. fig. s et 6. il arrive fréquemment que la matière amorphe des inclusions a subi une première individualisation; il s'y développe surtout des globulites de couleur plus foncée que la matière ambiante et qui se montrent particulièrement dans la partie centrale de l'inclusion, de manière à déterminer sur les bords un liséré limpide. Dans les inclusions à bulles, la matière colorante est souvent concentrée sur les parois de la bulle.

Alih MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.

ALTERATIONS IMMEDIATES.

Au moment où une roche éruptive apparaît au jour, les cristaux qu'elle contient dans sa masse ont déjà commencé à subir des altérations chimiques, par suite de l'action des gaz et des vapeurs qui accompagnent la sortie de la roche. Les minéraux ferrugineux attestent particulièrement l'influence d'actions oxydantes ou réduisantes énergiques. L'action de l'acide fluorhydrique dans les roches anciennes, celle de l'acide chlorhydrique dans les roches modernes paraissent avoir joué aussi un rôle important et contribué à la formation de certains minéraux aux dépens d'autres minéraux. Nous en dirons autant de la vapeur d'eau, agissant à haute température et sous pression.

ALTERATIONS MEDIATES.

Outre les causes d'altération précédentes, le microscope décèle dans les minéraux d'autres altérations dues à des causes secondaires, c'est-à-dire postérieures à la consolidation même du minéral considéré : ainsi l'olivine, le pyroxène, l'amphibole, l'enstatite, l'hypersthène se montrent transformés en serpentine; le mica noir, le pyroxène, l'amphibole, en chlorite et en épidote; les feldspaths en calcite, en zéolites et en épidote; enfin la plupart des minéraux précédents en calcédoine et en opale. Ces indications sommaires seront complétées dans la monographie de chaque minéral.

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