‹ Minéralogie micrographique roches éruptives françaisesChapitre 67 sur 150 · IV. Notations minéralogiques des pian · texte numérisé non relu

IV. Notations minéralogiques des pian

8 de zone.

Extinctions des macies 1° Macle suivant la loi de l'albite. — L'axe de révolution étant perpendiculaire à la de l'orthose. face d'assemblage ^S se confond ici avec l'axe moyen ou la normale optique ; les ellip-

soldes d'élasticité des deux cristaux maclés coïncident entre eux et le tout se comporte comme un cristal unique.

2° Macle de Carlsbad. — Cette macle, de beaucoup la plus fréquente, a son axe de révolution parallèle à l'arête h^g^, sa face de composition étant g^.

A) Zone h^g^. — Cette zone sera commune aux deux cristaux maclés, h^g^ se confondant avec h^' g^'' Tout sera symétrique par rapport aux plans h^h^'et g^ g^'. La courbe des extinctions du second cristal sera donc ici simplement symétrique de celle du premier cristal, par rapport à l'axe des x, qui se confondra avec l'arête de zone, la trace des plans de clivage facile g^ g^' et celle du plan d'assemblage de la macle.

Les clivages faciles pp' feront entre eux des angles variant entre 52° U' {g^) eto° (/i*) {fig. 50).

Macle de Carlsbad. Zone h^g^.

Macle de Carlsbad.

Zone pffi.

Flg. 50.

Fig. 51.

B) Zone pg^. — L'ellipsoïde d'élasticité prend, comme précédemment, pour le second cristal une position symétrique de la première, par rapport à h^ h^' ; mais l'arête de zone pg^ ne se confond nullement avec p' g^' ; elle constitue pour le second cristal une zone dont l'extinction initiale est à 47° 14' par rapport à la nouvelle bissectrice, et il convient de suivre sur l'épure générale les courbes auxquelles correspond cette extinction initiale, pour les différentes valeurs de V possibles dans l'orthose {fig. 51).

Le plan p a pour caractéristiques :

Les plans p, g^, g^', et la trace du plan de macle se confondent avec l'arête de zone.

30 Macle de Baveno. — On sait que cette macle se produit suivant la face e^ appartenant à la zone pg^, avec axe de rotation perpendiculaire, de telle façon que g^ est perpendiculaire à g^' et p à p'.

Prenons l'arête commune pg\ p' g^\ perpendiculaire au plan du tableau (fig. 52) et représentons sur la sphère de rayon 1 la place occupée par les axes d'élasticité dans les deux cristaux maclés. On verra facilement que le plan tournant de la zonepg^ est, pour

le deuxième cristal, simplement en retard de ^, sur les phases présentées par le premier cristal. Dès lors la courbe des extinctions du second cristal s'obtiendra en transportant, de gauche à droite et d'une valeur égale à ^, l'origine de la courbe du premier cristal.

Macle de Baveno.

Zone pfli.

Résultats pratiques relatifsauxextinctions.

Fig. 52.

On obtient ainsi deux courbes {fig. 53), qui se coupent aux points {hn+ 1) j, et pour

lesquelles la somme des ordonnées est maximum ou minimum aux points (4n4-3)^, le

maximum absolu étant en tout cas bien inférieur à 1 0°.

Les plans de clivage facile p, g^, p',g^' Qi la ligne de macle ont des traces parallèles à l'arête de zone.

Nous ne pouvons aborder l'étude de la zone h^g^ dans la macle de Baveno, parce que l'arête de zone ne se trouve plus dans un des plans principaux d'élasticité du second cristal.

En résumé, les cristaux et surtout les microlithes d'orthose sont en général allongés suivant la diagonale inclinée parallèle à pg^, ce qui donne à cette zone une importance prédominante, comme d'ailleurs dans tous les feldspaths.

Parfois cependant les faces mm se développent en longueur et la zone Ay peut être de quelque utilité.

La zone ph^ est généralement reconnaissable à la symétrie de ses profils.

A) Zone pg^. — On reconnaît généralement la zone pg^ à la longueur des sections et au parallélisme des traces de clivage p, g^. Les extinctions varient entre 5° et 0% quelle que soit la position des axes optiques, en allant

de g^ à p. Les microlithes, allongés suivant p^S présentent des sections transversales rectangulaires avec clivages parallèles aux côtés, et extinctions également parallèles. On voit fréquemment de pareilles sections dans les micro-granulites et dans les porphyres à quartz globulaire (fi g. /t8, page 2ii),

B) Zone h^g^, — Les extinctions sont à peu près communes aux différents orthoses, tant que le plan de zone est voisin de g^\ jusqu'à 45° de ce plan initial, les angles d'extinction partant de 21% augmentent légèrement, d'autant plus vite que l'orthose est moins déformé; mais, à partir de là, les orthoses très-déformés passent par un maximum pour retomber à 0»; les autres vont à 90°; c'est là particulièrement toujours le cas des orthoses non déformés.

La trace du clivage g^ est parallèle à l'arête de zone et l'on peut lui rapporter les extinctions précédentes; la trace du clivage ;? fait avec 5'* des angles variant entre 63° 53' [g^) et 90° [h>) ; pour les plans de zone voisins de g\ l'extinction se fait de 5° à 0° de la trace du clivage p; puis, si l'orthose est très déformé, les extinctions passent de l'autre côté du clivage p et atteignent un maximum de 8 à 10'' pour retomber à 0° dans le plan A*. Si, au contraire, l'orthose est peu déformé, les extinctions, une fois passées du côté opposé, prennent, par rapport à p, des valeurs rapidement croissantes de 0° à 90° (fig 49, page 212).

C) Zone ph\ — On est prévenu qu'on a affaire à cette zone par la symétrie de ses sections et parce que les clivages pg^ s'y croisent constamment à angle droit. Les extinctions ont toujours lieu suivant ces clivages.

Appliquons maintenant ces données aux macles habituelles de l'orthose.

D) Macle de Carlsbad. 1°) Zone h^g^. — Les clivages g^, g^ sont parallèles à la longueur et à la macle ; les clivages pp' font entre eux un angle variant entre 127° 46' et 180°, et dont les traces g^ sont les bissectrices.

Tant qu'on reste dans les plans de la zone relativement voisins de g^g" ,

on en est prévenu par l'angle pp' qui va de 127° à environ 137° ; l'angle

compris entre l'extinction des deux cristaux maclés reste alors voisin

de42°W.

Si l'on a affaire à de l'orthose très déformé, cet angle va de 42° à un maximum variable et redescend ensuite à 0".

Si l'orthose n'est pas déformé, cet angle va en augmentant de /|2'' à 1 80% très lentement d'abord, puis très vite pour les plans voisins de h}.

L'extinction se fait d'ailleurs symétriquement par rapport à la macle et les couleurs de polarisation doivent être les mêmes pour les deux cristaux (fig. 50, page 215).

2") Zone pg\ — Cette zone se reconnaît dans la macle de Carlsbad à ce que, dans un des cristaux, les traces des deux clivages p et g^ sont parallèles entre elles et à la ligne de macle; dans l'autre cristal, g^^ est parallèle à la précédente direction; mais p' fait avec elle un angle variant entre 62Hli' {g') et 90° (p).

L'extinction part, pour le premier cristal, de 5" et pour le second de lil'^ïh'"' différence li'2°lli'. Les deux extinctions se font du même côté de la ligne de macle; puis, pour les sections voisines de p, les deux extinctions se rapprochent de 0% avec cette différence que pour l'orthose non déformé la diminution est plus régulièrement progressive que pour l'orthose déformé (fig. 51, page 215).

3") Zone ph\ — Les cristaux présentent des clivages à angle droit, parallèles entre eux deux à deux ; la macle est parallèle au plan ^y et aux extinctions; les couleurs sont les mêmes.

E) 3Iacle de Baveno, — La zone pg^ y est seule intéressante et d'étude abordable.

Les clivages sont parallèles à la longueur, et les extinctions de chaque cristal sont au maximum à 5" de la longueur. Les phases étant seules différentes, les deux cristaux prennent successivement les mêmes couleurs de polarisation.

Une zone perpendiculaire à e^ donnerait des extinctions symétriques et des couleurs identiques de part et d'autre de la macle; il est visible que, dans cette zone, la section perpendiculaire à la longueur donne des extinctions simultanées des deux cristaux maclés, suivant les plans pg^ et p'g\ car

cette même section appartient dans chaque cristal à la zone jo/tS p'h^' (fig. 53, page 216).

F) Macle suivant p, avec axe de rotation perpendiculaire et rotation de 180°. Dans cette macle, assez rare, les arêtes pg^ et ph^ sont communes aux deux cristaux maclés ; leurs plans de clivages sont parallèles entre eux. La zone d'allongement favori est ph\ dans laquelle l'extinction se fait constamment à 0"* pour les deux cristaux composants.

On distingue dans l'orthose trois variétés principales fondées sur son structure. état plus ou moins limpide :

1") L'orthose proprement dit est abondant dans les roches granitoïdes à l'état de grands cristaux de première consolidation et de plages granitoïdes de seconde consolidation; cet orthose n'est généralement pas limpide; il a un aspect laiteux, blanc ou rosé, dû aux cassures dont il est traversé et aux impuretés qui les oblitèrent. La macle la plus fréquente qu'il présente est celle de Garlsbad.

2°) La sanidine est une variété vitreuse et fendillée d'orthose, commune dans les trachytes^ les andésites et les phonolithes ; on la connaît en grands cristaux et en microlithes. Ses plages s'éteignent rarement tout d'une pièce, entre les niçois croisés; elles présentent des ombres moirées rappelant les macles de la calcédoine. Les grands cristaux sont souvent composés de zones concentriques successives, dont les extinctions ne sont pas absolument parallèles entre elles.

Dans certains cas (andésites à sanidine et pyroxène du mont Olibano, près de Naples), ces zones concentriques, d'une netteté extraordinaire, présentent des extinctions tellement éloignées les unes des autres, qu'on ne peut songer à en attribuer la cause à de simples déformations accidentelles dans les faces de jonction des cristaux emboîtés. L'angle compris entre deux extinctions peut atteindre 40°; comme les cristaux élémentaires sont nécessairement orientés dans le même sens cristallographique, il est de toute évidence que l'ellipsoïde (E) des différentes zones ne présente pas con-

220 MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.

slamment la même forme, et l'on doit probablement rapporter ces déformations aux mêmes causes qui rendent si variable l'angle 2 V et la position des axes optiques dans l'orthose.

D'autres fois, grands cristaux et microlithes présentent sur leurs bords une apparence frangée, due à l'association d'un grand nombre de lamelles très minces qui en font un minéral écailleux ; quelques-unes de ces lamelles sont parfois tellement ténues, qu'elles n'agissent pas sur la lumière polarisée.

Quelques variétés de sanidine paraissent riches en soude.

Les macles les plus fréquentes sont ici encore celles de l'albite et de Carlsbad; dans les sanidines très écailleuses, le plan d'association g^ est mal limité, à contours indécis.

3°) Vadulaire est une variété d'orthose limpide dépourvue de l'aspect fendillé, caractéristique de la sanidine. On a principalement appliqué cette dénomination à des cristaux secondaires, recueillis dans des druses, présentant des formes et des macles compliquées, notamment celle de Baveno. '

La macle suivant p avec axe de rotation perpendiculaire n'a été signalée que dans quelques pegmatites à grands éléments de l'Oural, du Japon et de l'île d'Elbe. Dans ce dernier gisement, ces pegmatites sont de la série tertiaire.

Associations. Daus la séric granitoïde, l'orthose est généralement associé au micro-

negramoi e. ç|jjjg^ à l'albitc, à l'oligoclase, au quartz, au mica noir, à l'amphibole, plus rarement au pyroxène, accessoirement au sphène et à l'apatite.

1° Les gneiss glanduleux doivent leur apparence à des noyaux feldspathiques, généralement allongés suivant l'arête pg^, dont le développement métamorphique doit être rapporté à une influence de contact du granité ou de la granulite. Le développement secondaire de grands cristaux de feldspath, dans les fragments de gneiss englobés par le granité ancien, est un fait indubitable dans un grand nombre de localités (Café des Mûres, près de Mont-Saint-Vincent, Saône-et- Loire). L'action de la granulite n'est pas moins patente, dans bien des cas.

PI. V, fig. 1. 2° Dans le granité ancien, l'orthose se présente à l'état de cristaux de

première consolidation, brisés et corrodés^ et sous forme de plages grani-

toïdes de seconde consolidation, souvent injectées de minces veinules siliceuses, constituant avec le quartz le ciment des éléments plus anciens. Il n'est nullement prouvé que les grands cristaux d'orthose, habituellement violacés, qui donnent à ce granité l'apparence porphyroïde, soient exclusivement de consolidation ancienne : c'est, en effet, sous cette forme que le feldspath émigré du granité pour injecter les gneiss, soit en veinules, soit en noyaux glanduleux.

3° Dans les granulites et les micro-granulites , l'orthose affecte les mêmes formes que dans le granité; cependant les cristaux, qui prêtent à certaines pi. vra, sg. i.

PI X fis 1

variétés de ces roches l'apparence porphyroïde, sont ici généralement de • ' s- • consolidation ancienne ; leur allongement favori a lieu suivant h^ g^, et ils présentent souvent la macle de Garlsbad avec pénétration des deux individus composants.

Les plages grani toïdes de seconde consolidation sont susceptibles d'affecter ici deux états distincts : l'état granulitique et l'état pegmatoïde.

Il y a des variations considérables de grains dans ces deux états : sous forme granulitique, l'orthose, généralement antérieur au quartz de dernière consolidation, tend à passer à l'état de microUthes indépendants; on pi. xn, flg. i. trouve, en effet, dans les micro-granulites de véritables petits cristaux raccourcis d'orthose de seconde consolidation; les sections rectangulaires y sont fréquentes et les extinctions se font alors suivant les côtés; il y a développement égal des faces p et g^, et la section transversale de ces petits cristaux, rarement maclés, se présente sous la forme carrée.

L'état pegmatoïde est caractérisé par une cristallisation simultanée du quartz et du feldspath ; bien que de seconde consolidation, l'orthose est pi. xi, fig. i. susceptible de présenter alors des contours cristallins; dans ce cas, il passe à des formes concrétionnées ou drusiques; les plus beaux cristaux d'orthose des collections proviennent des pegmatites graphiques. On y trouve une association fréquente des trois feldspaths les plus acides, orthose et microcline en grandes plages, albite en filonnets microscopiques; l'albite est souvent associé à des veinules de quartz, indépendamment des cristaux en trémie du même minéral, que nous avons décrits (page 191) .

Dans les granulites récentes^ l'orthose se présente sous un état intermédiaire entre l'adulaire et la sanidine ; les zones d'accroissement y sont fort belles et souvent très nombreuses; les inclusions vitreuses à contours polygonaux abondantes. La macle, suivant p, s'y montre accidentellement.

h° Les syénites contiennent parfois un orthose chatoyant, riche en inclusions. Le reflet, produit par réflexion à peu près suivant la face h\ paraît du à des microlithes d'apparence métallique, alignés suivant l'arête A^^^; ils sont associés à des octaèdres de fer oxydulé et à des lamelles de fer oligiste.

PI. XLV, fig. 1. Dans les micascites et les syénites él éoli tiques ^V orthose, associé au micro-

cline et à l'oligoclase, se trouve développé conjointement avec la néphéline ; on y a signalé des inclusions liquides (syénite à éléolite).

L'orthose de ces difl'érentes roches paraît principalement en plages granitoïdes de seconde consolidation.

D'après M. Des Cloizeaux, l'orthose labradorisant de Fredrikswârn et

un certain nombre des orthoses, associés au microcline, ont leur bissectrice

plus éloignée de V arête pg^ que d'habitude, et à environ 10° de cette arête.

II) Série trachytoïde. Daus la série trachytoïde, la macle dominante est encore celle de Garlsbad :

1° Dans les porphyres pétrosiliceux, l'orthose est déjà vitreux et mérite le nom de sanidine ; mais ses cassures se confondent avec les clivages et sont très régulières. C'est à ces clivages très rapprochés qu'il convient de rapporter le reflet bleu dont sont doués les grands cristaux d'orthose d'un certain nombre de porphyres permiens. A un fort grossissement, ces clivages sont jalonnés par de petits corpuscules opaques, allongés, sinueux, probablement dus à des actions secondaires.

Outre les grands cristaux de première consolidation, ces mêmes porpi. XII, fig. 2. phyres contiennent çà et là des parties où les éléments du magma récent se sont entièrement transformés en quartz granulitique et en microlithes d'orthose; généralement ces sortes de boutonnières, alignées par la fluidalité, sont bordées d'une zone riche en sphérolithes à croix noire. C'est la transt* tion entre l'état entièrement cristallisé du centre des boutonnières, et l'état presque amorphe du reste de la pâte.

Dans les rhyoUthes^ on trouve tous les passages entre la sanidine typique des trachytes et un orthose dans lequel l'état vitreux a déjà été en partie effacé par les actions secondaires. L'orthose exerce une véritable attraction sur la silice secondaire des rhyolithes; il est épigénisé en tout pi. xvn, flg. i. ou en partie, et transformé en quartz globulaire ou en calcédoine ; alors les clivages disparaissent; les teintes de polarisation deviennent plus vives, et les contours rectilignes se changent en une bordure mamelonnée.

2° Les porphyres syénitiques et les porphy rites présentent des variétés riches en grands cristaux d'orthose, généralement associés à de l'oligoclase ou à du labrador également en grands cristaux, et à des microlithes s'éteignant à peu près suivant leur longueur. L'élément ferrugineux est le mica noir, la hornblende et plus rarement l'augite.

L'orthose y est parfois adulai re, avec zones d'accroissement bien marquées; mais le plus souvent il a subi des actions secondaires intenses et notamment une transformation partielle en épidote, ou en quartz globulaire.

Dans les trachytes et les andésites^ l'association minéralogique est analogue; mais le type dominant est celui de la sanidine; les zones d'accroissement sont visibles, le grain central souvent fragmentaire, les inclusions vitreuses très fraîches. Il y a parfois, quoique rarement, absence de clivages et les fendillements deviennent irréguliers. Les actions secondaires sont du même genre que celles décrites à propos des rhyolithes; la silicification est cependant ici moins intense.

Certains trachytes présentent l'orthose non seulement en grands cristaux, mais encore en microlithes; ils sont alors assez peu allongés suivant l'arête pg"^ et présentent, par rapport aux autres microlithes feldspathiques, des formes trapues, souvent rectangulaires. L'extinction s'y fait suivant les côtés du rectangle; les macles sont rares.

M. Kalkowsky a récemment signalé, dans le piperno des champs Flégréens, près de Naples, que sa description range parmi les trachytes à pi. xxi, fig. i. pyroxène, une forme d'association spéciale des microlithes de sanidine ; ils y constitueraient des sphérolithes de seconde consolidation. Comme

M. Kalkowsky ne base sa détermination que sur une analyse en bloc de cette roche et sur l'absence de lamelles hémitropes, sans spécifier les angles maxima d'extinction de ces microlithes par rapport à leur longueur, il y a lieu de compléter cette intéressante observation.

D'après nos échantillons de même provenance, l'extinction des microlithes sphérolithiques se fait exactement et constamment suivant leur longueur. Un essai de la matière fondamentale de la roche, choisie de façon à être à peu près entièrement dépourvue de grands cristaux et prise dans une partie très sphérolithique, adonné, par le procédé Szabo, les nombres suivants (voir page 112) :

iw ESSAI.

(Flamme la moins chaude.)

2c ESSAI.

(Flamme la plus chaude.)

3e ESSAI.

(Flamme la plus chaude avec gypse.)

Na

Na

Na

1 verro.

2 verres.

I verre.

2 verres.

1 verre.

2 verres.

Traces.

La roche d'Ischia, de même formation, a donné des résultats identiques. Elle contient également de la sodalite; mais ses microlithes sont maclés suivant la loi de l'albite et elle présente en outre du mica noir.

Les propriétés optiques et les nombres obtenus par le procédé Szabo concordent donc avec les propriétés connues de l'oligoclase.

3** Les phonolithes possèdent une sanidine en grands cristaux et en microlithes, dont le caractère essentiel est d'être extraordinairement lamelleuse Généralement les macles y sont mal définies et les cristaux zones rares.

Reproduction

Pour reproduire l'orthose, nous avons eu recours au procédé qui nous a

artificielle de l'orthoso. douné Ics autrcs fcldspaths. Nous avous employé, comme matière première,

soit un mélange de silice et d'alumine avec le carbonate de potasse, soit

l'adulaire ou le microcline porphyrisés. Après fusion complète de la

matière, nous l'avons soumise à un recuit prolongé à haute température; nous avons poussé certaines de nos expériences pendant plus de huit jours, tandis que, pour les autres feldspaths, quarante-huit heures suffisent.

Avec les éléments de l'orlhose, on n'arrive jamais par voie ignée à une pi. xx, fig. 6. cristallisation nette et facile, comme celle qui caractérise les autres feldspaths. Dans tous les cas, quelle que soit la durée du recuit, on obtient une matière vitreuse chargée d'un réseau délicat de productions d'une finesse extrême, s'éteignant chacune dans le sens de la longueur, mais ne polarisant fortement qu'en plaques d'une épaisseur dépassant 0™'",i. Ces productions sont disposées en petits groupes, dans lesquels elles sont alignées en deux directions à angle droit; mais d'un groupe à l'autre l'orientation varie. Ce sont bien là des phénomènes de cristallisation naissante, et non de simples effets de trempe, qui cependant ne font pas entièrement défaut; le réseau ne tourne pas quand on fait mouvoir le polariseur seul. D'ailleurs les lamelles élémentaires se voient parfois à la lumière naturelle. L'apparence générale, entre les niçois croisés, est celle d'un réseau à angle droit de fines stries blanches, qui reste à /i5 degrés des plans principaux des niçois, quelle que soit l'orientation de la plaque.

Les phénomènes que nous venons de décrire, s'expliquent si l'on suppose que dans la matière vitreuse il s'est développé des lamelles cristallines, parallèles à g\ trop minces pour polariser autrement que sur leur tranche, mais assez grandes pour que celles qui sont perpendiculaires à la lame mince la traversent intégralement. Ces lamelles, appartenant à l'orthose, s'éteignent parallèlement à leurs arêtes dans la zone ph\ la seule dans laquelle elles soient visibles, et ont leur maximum d'éclairement à AS". Une confirmation de cette hypothèse nous a été fournie par ce fait qu'un lacis de fines aiguilles s'éteignant constamment suivant leur longueur, telles que celles de l'hémoglobine par exemple, donne entre les niçois croisés le même réseau éclairé constamment à k^" de leurs plans principaux.

Sous le rapport de la reproduction par voie ignée, l'orthose se comporte donc d'une manière tout à fait différente de celle des autres feld-

spaths. Il n'a aucune tendance à prendre naissance sous la forme microlithique ordinaire. De tels faits nous expliquent la rareté des microlithes d'orthose dans les roches qui ne contiennent pas un excès de silice libre. Les déterminations dans lesquelles les microlithes feldspathiques ont été rapportés à l'orthose, doivent plus que jamais devenir l'objet d'une révision sévère.

Ces faits font voir aussi pourquoi l'orthose se montre presque exclusivement dans des roches où l'intervention des agents volatils semble avoir joué un rôle important.

M. Hautefeuille a obtenu des cristaux artificiels d'orthose en fondant les éléments de ce minéral dans un excès de tungstate alcalin. Il chauffe, pendant quinze à vingt jours, à une température voisine de 1000" un mélange pesé de silice, d'alumine et de tungstate acide de potasse. L'opération une fois terminée, la matière est traitée par l'eau bouillante, qui dissout le tungstate alcalin en excès et laisse intacts les cristaux de feldspath formés.

Enfin on a observé, dans quelques fourneaux industriels, la production par sublimation de cristaux d'orthose (Sangershausen, Laimbach, Stolberg).

RENVOI AUX PLANCHES

1, 1. — V, 1 et 2. — Vn, 2. — VIII, 2. — X, 1 et 2. — XI, 1 et 2. — XII, 1 et 2. — XIV, 1 et 2 XVII, 1. — XVIII, 1 et 2. — XX, 6. — XXI, 1 et 2. — XXII, 1 et 2. — XXVU, 1 et 2. — XXVIII, 1 et 2. XLV, 1 et 2. — XLVI, 1 et 2. — XLVII, 1 et 2. — XLVIII, 1 et 2.

FELDSPATHS TRICLINIQUES

GENERALITES.

Dans la plupart des feldspaths triclinlques, les arêtes principales de Extinctions dans les zone ph\ pg\ h^g^ ne sont plus situées dans les plans principaux d'élasti- ^°°^^ pnncipaes. cité; tantôt la distance des arêtes principales de zone aux plans contenant les axes d'élasticité est assez petite pour être négligée dans une première approximation; tantôt il nous faudra construire la courbe point par point; la projection gnomonique sur le plan tangent à la sphère de rayon 1, au point où l'arête de zone la perce, fournit une construction géométrique simple de cette courbe (voir p. 63).

Au moyen d'une épure et en partant des données numériques, dues à M. Des Cloizeaux, qui déterminent la position des axes d'élasticité et optiques pour la plupart des feldspaths, données que l'on trouvera résumées plus loin à propos de chacun d'eux, on peut construire les courbes donnant la variation des angles d'extinction dans les deux zones les plus importantes pg\phK

La zone pg\ correspond à l'allongement habituel des microlithes feldspathiques.

La zone ph^, ou du moins une zone voisine ayant pour arête la perpendiculaire à gf*, présente aussi une grande importance pratique, parce qu'elle comprend toutes les sections dans lesquelles deux lamelles hémitropes suivant la loi de l'albite s'éteignent symétriquement de part et d'autre de la ligne de macle. Lorsque le feldspath triclinique n'est pas maclé, cette

zone est encore précieuse, parce qu'elle présente des sections presque rectangulaires, qui ne s'éteignent pas, comme les sections similaires de l'orlhose, suivant leurs côtés.

Nous résumons dans le tableau ci-dessous les données numériques relatives à ces deux zones importantes dans les différents feldspaths, y compris l'orthose. On verra, par la comparaison des maxima, assez faciles à trouver pratiquement en général, que l'étude attentive de ces zones suffit pour déterminer la nature des microlithes et des grands cristaux feldspa- Ihiques :

ZONE pgK

ZONE PERPENDICULAIRE A gK

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