‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 112 sur 187 · SIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

SIXIÈME GENRE

h' . ZINC.

Ire ESPÈCE.

ZINC OXIDÉ SILICIFÈRE.

Syn. Calamine. — Pierre calaminaire — Spath de zinc. — Zinc en chaux. — Zinc calamine . — Zinc siliciate'.

Car. Soluble en gelée dans l’acide nitrique. Sa poussière , traitée au chalumeau avec un alôme de cuivre pur, convertit ce métal en laiton.

Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire.

Molécule intégrante : Tétraèdre hémi- symétrique.

Formes indéterminables: Lamellaire; aciculaire; concrétiùnnée ; mamelonnée; compacte; caverneuse ; terreuse.

Fragile; cassure raboteuse; étincelant quelquefois sous le briquet.

Pesanteur spécifique r 3,42 à 3,5o.

Electricité : Constante dans les cristaux.

Transparent; translucide; opaque.

Limpide ; blanchâtre ; jaunâtre ; verdâtre ; rougeâtre ; brunâtre. . .

Composition : Oxide de zinc, 38 à 60 ; silice , 5o à a5 ; eau, 12 à i5.

Le zinc oxidé silicifère paraît appartenir h toutes les formations : en Amérique , ses couches occupent une étendue considérable dans les terrains primitifs; en Europe, il abonde principalement dans les terrains secondaires , et n’est point étranger à ceux de transition. Il stratifie souvent , et par une puissance énorme , avec le calcaire , les schistes, les psammites et les grès micacés ; les minéraux qui l’accompagnent le plus ordinairement, sont : la chaux carbonatée , la baryte sulfatée , le quarz , l’argent sulfuré , le cuivre pyriteux , le cuivre carbonaté, le plomb sulfuré, le fer oligiste, le fer hydraté , le fer sulfuré, le zinc carbonaté, le zific sulfuré , Le manganèse oxidé , etc. , et surtout diverses espèces d’argile qui salissent fortement ses masses terreuses. Les mines de zinc oxidé sont très-répandues dans diverses centrées de la Sibérie , de la Daourie , de la Pologne, de la Carintbie, de la Hongrie, de la Souabe, du Brisgavv, duTyrol, du Limbourg, de la France, de l’Espagne, de l’Angleterre , de l’Ecosse, des deux Amériques, de la Chine, etc., etc. Elles forment, dans le Brisgavv et le Limbourg, l’objet d’exploitations importantes, quoique celles-ci présentent tous les vices de l’enfance de l’art ; ce sont des galeries percées irrégulièrement

entre deux bures , et soutenues par de forts piliers laissés de distance en distance. La descente des mineurs , et l’extraction du minérai , s’opèrent par l’un des bures, sur lequel s’élève un simple treuil; l’autre est destiné à l’airage. Comme souvent les masses se continuent à des profondeurs encore inconnues , lorsqu’on a exploité un premier niveau on établit une nouvelle exploitation au-dessous, ■* en laissant des massifs intermédiaires pour préserver des éboulemens. Les eaux sont épuisées à l’aide de fortes machines. Le minérai étant amené au jour, on procède à son grillage dans le voisinage même du bure; pour cet effet, après qu'il a été bocardé et lavé, on le dispose en plein air, par couches, sur un lit de bois, et on fait alterner les autres couches avec des lits de charbon ; • on met le feu au tas, qui a l’apparence d’une cloche. Après cette première opération , qui dure dix ou quinze jours, suivant l’épaisseur du tas , on bâtie minérai pour le réduire en poudre, et on renferme dans des sacs pour le livrer au commerce. Le principal usage du zinc oxidé après la calcination , est de concourir directement à la fabrication du laiton: dans ce dessein, on mélange quarante parties de cuivre en grenaille avec soixante parties de zinc oxidé , et le double de charbon en poudre ; on en remplit des creusets dont on garnit un fourneau à vent disposé à cet effet ; on allume le feu , et on l’entretient dans toute sa violence pendant douze ou

quatorze heures ; au bout de ce temps on coule la foute sur le sable ; on affine , au moyen d'un ciment composé d’un mélange de zinc oxidé et de charbon, tous deux en poudre, alternant avec des lits de fonte ; on conduit le feu de même qu’à la première opération , et l’on obtient par quintal de cuivre employé, cent quarante livres environ de laiton. L’al- . liage de cuivre et de zinc est malléable , ductile , d’une couleur jaune plus ou moins brillante, suivant les proportions respectives des deux métaux ; selon l’éclat dont il jouit on lui donne les noms de tombac, simi/or, or d’Allemagne , etc.

Lorsqu’au lieu de faire concourir le zinc oxidé à la fabrication du laiton, on veut en revivifier le métal, on mêle le minérai grillé avec de la poussière de charbon, et on introduit le mélange dans un assemblage des pots cylindriques en terre , traversant un long fourneau de réverbère, sous une inclinaison déterminée. G:t assemblage de pots est terminé par un cylindre en fer qui dépasse le fourneau , et où se rend le métal fondu à mesure qu’il se revivifie. On le puise pour le couler en saumons. Tout le monde connaît les divers usages du laiton ou cuivre jaune , il est inutile de les mentionner, de même que ceux du zinc, qui acquièrent chaque jour plus d’extension par sa substitution au plomb, dans la construction des grands édifices.

APPENDICE

ZINC OXIDE FERRIFÈRE.

Syn. Franklinite. — Bi-oxide de zinc ferro-manganésien. Beud.

Car. Fusible au chalumeau en on bouton métallique attirablé à l’aimant. Soluble dans l’acide nitrique.

Forme primitive : L’octaèdre.

Formes indéterminables : Laminaire ; massive ; concrétionnée.

Rayant la chaux fluatée ; cassure lamelleuse , luisante ; poussière orangée , brune dans les échantillons noirs.

Pesanteur spécifique ; 3, 90.

Opaque ; translucide sur les bords.

Rouge de sang ; brun ; noirâtre.

Composition : Zinc , 4° ; fer » 32 ; manganèse , 4 ; oxigène ,24.

Cette sous-espèce, qui paraît former des couches d’une grande puissance dans un terrain calcaire des Etats-Unis, province de New-Jersey, n’a jusqu’ici été reconnue dans aucun autre gissement. Des cristaux de chaux carbonatée , d’éméraude , de fer oxidulé et de zinc oxidé silicifère sont assez souvent associés à ce minérai, dont je tiens plusieurs beaux échantillons de la générosité du docteur Smith-Rogers de New-York.

IIe ESPÈCE.

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