ANTIMOINE NATIF
Car. D’un blanc - bleuâtre , un peu plus sombre que celui de l’argent ; éclat assez vif.
Soluble dans l’acide nitrique, en y laissant un dépôt blanc ; fusible par le chalumeau , et se dissipant en entier sous forme de fumée blanche.
Pesanteur spécifique : 6,70.
Fragile ; cassure lamelleuse ; poussière grise.
Forme primitive : L’octaèdre régulier. Molécule intégrante ; tétraèdre irrégulier.
Formes indéterminables : Laminaire; massive.
L’antimoine natif n’a encore été rencontré qu’en très-petites masses dans les mines de Sahlberg en Suède , où la chaux carbanatée constitue sa gangue ; dans celles d’Allemont en France , reposant sur le gneiss ; les schistes argileux du Hartz, ceux du Mexique , en ont également offert. Ces mines sont trop peu riches en antimoine pour queTexploitation de ce métal ne soit point considérée comme produit accessoire; en effet, ce n’est qu’en recherchant l’argent et le cobalt, presque toujours associés à
l’antimoine , qoe l’on s’occupe de recueillir ce dernier métal, qui-, en raison de sa plus grande fusibilité, vient se rassembler dans la partie inférieure du creuset. •
Les propriétés purgatives et vomitives de l’antimoine ont fait entrer ce métal dans plusieurs préparations médicamenteuses des plus actives; il fait la base principale de l’émétique , du kermès minéral , du soufre doré , du safran des métaux , et de plusieurs autres combinaisons qui ont triomphé de la réforme pharmaceutique. On conservait autrefois dans les familles,, la pilule perpétuelle, qui n’était autre chose qu’une balle d’antimoine que l’on faisait avaler aux malades , et qui , dans'les fluides intestinaux, rencontrait les élémeus d’un composé purgatif. Parmi les alliages dans lesquels les arts ont fait entrer l’antimoine , le plus précieux est celui qui sert à mouler les paractèrcs d’imprimerie : une partie d’antimoine communique à quatre parties de plomb assez de fermeté pour résister long-temps à la, pression qui force le papier à se charger de l’encre déposée sur les caractères.
IIe ESPÈCE.
AINÿlMOKSE SULFURE.
Syn. Mine d’antimoine grise ou sulfureuse. — Antimoine cru. ' .
Car. D’un gris- bleuâtre ; éclat vif dans les frac-
tures récentes; fusible à la flamme d’une simple bougie. " ' >■
Odeur de soufre par le frottement.
Pesanteur spécifique :
Très-fragile; cassure granuleuse; poussière d’un gris-bleu foncé ; tachant le papier en noir.
Acquérant l’électricité résineuse après avoir été frotté et isolé.
Forme primitive : L’octaèdre rhomboïdal. Molécule intégrante ; tétraèdre irrégülier.
Formes indéterminables : Cylindroïde ; aciculaire ; capillaire ; granulaire ; compacte.
Reflet particulier : Irisé.
De tous les minérais d’antimoine , celui-ci est le plus commun, et, quelques gissemens le présentent môme dans une abondance remarquable. Il appartient à toutes les formations, cependant on le rencontre le plus souvent dans les terrains primitifs , serpentant à travers les couches de gneiss et de schiste argileux , ou coupant des roches quarzeuses. Les principales mines d’antimoine sulfuré sont à Sahlberg en Suède ; à Braunsdorf, Stollberg, F reyberg, en Saxe ; à Kapnick, Kremnitz , Magurska , Schemnitz, en Hongrie ; à Felsobanya, Offenbanya, Nagyag , en Transylvanie; à Sahlfeld en Thuringe ; à Massiac, Langle , en Auvergne; à Balicella*en Corse ; à Selvena en l oscanc ; à Baulado en Sardaigne; à Niso , Novara en Sicile ; en Espagne , en Angleterre , au Mexique , etc. , etc.
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On trouve fréquemment associés à l’antimoine sulfuré , la chaux carbonatée , la chaux fluatée ,■ la baryte sulfatée, le quarz, le cuivre gris, le cuivre pyriteux , le plomb sulfuré , le fer sulfuré , le zinc sulfuré.
Ce minéral étant employé en médecine, concurremment avec l'antimoine natif, et dans les arts pour la coloration de certains émaux et vernis de poteries , on lui fait subir dans les lieux voisins des mines une fusion épuratoire ; elle consiste à placer le minérai lavé et bocardé dans un pot presque sphérique percé d’un trou à son extrémité inférieure et fermé par un couvercle ; on pose ce pot sur un autre semblable , mais non percé , et l’on arrange ce double vase dans un fourneau plein de charbons allumés. La chaleur fait fondre le sulfure qui se rend dans le vase inférieur par le petit trou de communication, les scories et autres matières hétérogènes restent dans le vase supérieur. Pour réduire le sulfure, on le grille et on le traite par la poussière de charbon, dans un fourneau de réverbère : l’antimoine se débarrasse aussi successivement et du soufre et de l’oxigène.
APPENDICE