POTASSE
Ir* ESPÈCE. . ' . r
POTASSE NITRATÉE.
Syn. Nitre. — Salpêtre. — Alkali végétal nitré.
Car. Soluble dans quatre fois son poids d’eau. Fusant sur les charbons ardens , dont elle anime la combustion. Son mélange avec un corps combustible détonne par une élévation de température.
Saveur fraîche d’abord , ensuite désagréable. . -
Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire. Formes indéterminables : açiculaire ; fibreuse.
Fragile. La seule chaleur de la main suffit pour faire dilater les cristaux , avec un petit bruit exploVif, tout particulier.
Pesanteur spécifique : 2,1. ;
Translucide.
Limpide ; blanchâtre.
Eclat : quelquefois un peu nacré.
Composition : Potasse, 3g ; acide nitrique , 43 ; eau, 18.
Cette substance saline est une de celles-qui se. ' forment le plus fréquemment et le plus promptement , par. les seuls efforts de la nature ; partout où se rencontrent , dans des circonstances favorables , les élémens de l’acide nitrique, on ne tarde point à voir se produire de la potasse nitratée ; c’est ainsi que , dans certaines contrées de l’Inde , le sol contient une quantité de nitre si grande , qu’on le voit efileurir à la surface , de manière qu’il n’y a qu’à le ramasser, le faire dissoudre et cristalliser pour obtenir un sel assez pur pour être employé à tous les procédés des arts. Les vieux murs sont souvent revêtus d’efflorescences semblables , que Ton détache au moyen de balais , et que l’on soumet à la purification et à la cristallisation : c’est ce que l’on nomme ordinairement salpêtre de houssage.
La part étonnante qu’a eue ce sel dans la civilisait itsé** b
lion et les destinées des peuples , éloigne de beaucoup de notre époque celle de sa découverte ou plutôt des premiers usages qui en ont été faits. Une foule de procédés pour l’extraire et le purifier se .sont succédés, jusqu’à ce que de grands besoins aient amené une perfection qui constitue aujourd’hui un art des plus importans. Cet art est fondé sur le lessivage des matériaux salpêtrés , consistant en vieux plâtras décomposés à l’abri des pluies, en sols et plafonds des écuries, étables, bergeries, etc. Les lessives décantées, sont rapprochées par l’exporation ; les nitrates qui y sont dissous , et qui peuvent avoir toute autre base que la potasse , sont décomposés par celle-ci que l’on y ajoute en suffisante quantité ; on fait évaporer de nouveau , on laisse cristalliser, et l’on sépare des eaux mères les cristaux qui sont encore entachés de beaucoup d’impuretés; c’est ce que l’on nomme ni Ire , ou salpêtre de première cuite. On fait dissoudre ce premier produit dans une quantité d’eau déterminée ; on évapore , en ayant soin de séparer , pendant cette opération , les sels autres que le sal- « petre , qui , moins solubles à chaud que lui , se précipitent pendant l’opération ; les cristaux que l’on obtient par le refroidissement sont appelés salpêtre j de seconde cuite ; la troisième , qui est un véritable raffinage , quoiqu’elle n’exige point d autre procédé que la seconde , procure la potasse nitratée dans un état de pureté suffisant. Cette méthode , suivie
pendant très-long-lcmps , a fait place à une autre plus expéditive : on ne fait qu’entraîner, au moyen de l’eau froide dans laquelle on délaie le salpêtre brut préalablement écrasé , les sels étrangers plus solubles que lui on sépare le liquide en le faisant écouler par le bas duvase. On réitère deux fois ce raffinage , en ayant soin de réduire à chacune les quantités d’eau ensuite on porte le nitrate de potasse à la chaudière qui contient la moitié en poids d’eau bouillante : il se fond , mais, à mesure que l’eau s’évapore, il se précipite sous forme de petites aiguilles, que l’on enlève avec une cuillère percée , et que l’on jette dans des trémies de bois , où il s’égoutte. Il arrive souvent que , dans les contrées où le climat n est point très-favorable à la production habituelle du nitre , les matériaux salpêtrés que l’on y trouve, ne suffisent pas à la fabrication de tout le sel qu’exige la consommation ; alors on force en quelque sorte la nature à devenir plus prodigue. On rassemble sous des hangars , en les soumettant aux effets d’un contact non interrompu, les matières que l’on juge contenir en abondance les élémens de l’acide nitrique et la potasse : au bout d’un certain temps , et avec des soins renouvelés , on trouve les couches artificielles converties en mines de salpêtre, que l’on exploite avec autant d’avantage que les maté-' riaux les plus riches.
La potasse nilratée a reçu de très-grandes applications dans les arts ; elle fait la base de ce mélange
terrible , la poudre à canon., dont la decouverte est attribuée par les uns aux Chinois , et que d’autres revendiquent en faveur d’un moine qui pratiquait les hautes sciences au treizième siècle. Elle est généralement employée dans les laboratoires de chimie. Sa décomposition , au moyen d’un acide qui ait p oui' sa base une affinité supérieure, fournit au commerce l’acide nitrique que l’on connaît plus particulièrement sous les noms vulgaires à' eau-forte et d 'esprit de nitre. Elle est , pour la médecine , un spécifique administré avec succès dans un certain nombre de maladies ; c’est un préservatif puissant contre la putréfaction, dont on se sert à propos dans la salaison des matières animales.
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POTASSE SULFATÉE.
Syn. Arcane double. — Sel de Duobus. — Tartre vitriolé. — Vitriol de potasse. — Sulfute de potasse.
Car. Soluble dans seize parties d’eau ; solution donnant un précipité jaune’avecl’hydro-chlorate de platine. Inaltérable à l’air.'
Saveur : Amère x désagréable.
Forme primitive : Le rhomboïde un peu aigu ; forme indéterminable : massive , en quelque sorte concrétionnée, résultat d’une succession de couches.
Pesanteur spécifique : 2,4-0.
Transparente j translucide.
Limpide ; blanche aved la surface nuancée de verdâtre.
Composition : Potasse, 54; acide sulfurique , 46. Elle n’a encore été observée que dans les produits volcaniques du Vésuve, où elle est en petites masses, occupant quelques cavités des laves. Plusieurs sources salées en contiennent à l’état de dissolution. On l’emploie en médecine comme purgatif.