TOURMALINE
Syn. Schorl électrique. — Basalte transparent. — lndicolithe. — Aphrizite. — Émeraude du Brésil. — Saphir du Brésil. — Schorl noir de Madagascar. — Rulellite. — Sibérite. — A/jyrile. — JJaourite.
Car. Fusible au chalumeau, en émail blanchâtre.
Forme primitive : Le prisme rhomboïdal obtus. Molécule intégrante : tétraèdre hémi-symétrique.
Formes indéterminables : Cylindroïde ; lamellaire ; achrulaire ; capillaire ; globulaire ; radiée.
Rayant le verre; cassure transversale ; conclroïde à petites évasures.
Pesanteur spécifique : 3 à 3,4-
S’électrisant vitreusement par le frottement ; par la chaleur, les deux extrémités s’électrisent en sens contraire.
Transparente ; translucide ; opaque. Les cristaux sont transparens dans le sens de l’épaisseur du prisme , et opaque dans le sens contraire.
( ai° )
Réfraction double.
Limpide ; blanchâtre ; orangé-brunâtre ; rouge vif; violâtre ‘'violette; bleuâtre ; bleue; indigo ; vertjaunâtre ; vert clair ; vert obscur ; brune ; noire.
Composition i Très-variable dans les diverses variétés.
Tourmaline rubellite : Silice , 43 ; alumine , 47 ; soude, i o. * •
Tourmaline indicolithe : Silice , 45 ; alumine, 49 » lithine , 6.
Tourmaline verte : Silice , 42 » alumine , 45 ; « oxide de fer, i3.
- Tourmaline noire : Silice , ; alumine , 4* ;
oxide de fer, 22.
Malgré sa ressemblance avec une assez grande quantité d’autres substances , qui , comme elle, présentent des prismes très-allongés , il serait difficile de ne pas reconnaître la tourmaline entre toutes, par sa propriété éminemment électrique. Cette propriété , dont la découverte peut, être attribuée au chimiste Lemery, fut pendant long-temps considérée comme un phénomène extraordinaire et bizarre, jusqu’à ce que des physiciens célèbres, qui en avaient reconnu la marche régulière et constante , se soient occupés de donner, touchant ce phénomène, des explications fondées sur les principes de la saine physique,, et soient venus, à l’aide de ces développemens , appuyer , par une série d’expériences nouvelles et produites par des corps tout
naturels , les meilleures théories de l’électricité. Il est inutile de rappeler, à propos de la substance dont il est ici question , puisque plusieurs autres manifestent également la môme propriété, ce qui a été dit relativement à l'électricité dans Y Exposé (lu caractère des minéraux , page 3i et suivantes; il suffit d’y renvoyer l’observateur. *
Les cristaux de tourmaline ne se trouvent que dans les formations les plus anciennes ; ils y sont comme partie accidentelle , et non comme constituante. Les granités de l’Espagne, des Pyrénées , des Alpes , du Tyrol , de la Bavière , de la lîohôme , de la Saxe , de la Norwège , de la Sibérie , de l’Angleterre, du Groenland, de Madagascar, dcCeylan, contiennent abondamment de la tourmaline noire. On trouve la blanche au Saint - Golhard , dans le granité graphique ; la rouge-vive , au Brésil , d’où elle arrive en plaques et pierres taillées ; la rougecramoisie ou sibérite , à Uton , en Suède , où elle accompagne le pétalite dans un granité à grains fins; la violette ou rubellite , aux Etats-Unis, en Sibérie et à llosena, en Moravie, dans la lépidolitbe et le quarz; la bleue-indicolitc , à Lion, dans le môme granité que la cramoisie ; la bleue, à Uton, dans un granité môlé de lépidolithe , de triphâne et d’étain oxidé , aux Etats-Unis , dans un granité à gros grains. La verte , au Saint - Goibard , dans la Dolomie , en Sibérie, dans le quarz-hyalin limpide, en Tyrol , dans un talc \ aux Etats-Unis, dans une
chaux carbonatée , parsemée de cristaux de titane siliceo-calcaire.
On fait usage , en physique , de prisme de t ourmaline pour démontrer les propriétés électriques des minéraux. L’art du bijoutier tire un assez grand parti de la belle série des nuances de ce minéral. On taille la tourmaline sous presque toutes les formes , et souvent môme , dans le commerce , il est difficile de distinguer la variété rouge du rubis spinelle , si l’on n’a pas la faculté de comparer le- degré de dureté des deux substances , et de constater l’électricité dans la première.
IIe ESPÈCE.
LAZUL1TE.
Syn. Zéolite bleue. — Lapis lazuli. — Pierre d'azur.
Car. Fusible à un haut degré de chaleur, en émail blanchâtre ; soluble en gelée dans les .acides , après la calcination.
Forme primitive : Le dodécaèdre rhomboïdal. j Forme indéterminable : Amorphe.
Rayant le verre ; étincelant , dans certaines parties, sous le choc du briquet; cassure mate, à grain serré.
Opaque.
Bleu pâle ; bleu vif ; bleu-pourpré.
Composition : Silice, 44 ; alumine, 35 ; soude, 2 1 ;
Ce minéral forme de petitês veines dans les roches
primitives de la Sibérie, de la Chine, du Thibct , de la Perse et de l'Amérique méridionale ; il est extrêmement rare de le trouver cristallisé ; aussi n’en connaît-on que quelques échantillons.
Le lazulite jouit, dansla peinture, d’une grande réputation pour la belle couleur bleue qu’il lui fournit, et qui est vulgairement connue sous le nom d'outremer. Pour obtenir cette substance, on place le minéral sur des charbons ardens, et quand il est rouge de feu, on le plonge dans l’eau, afin de détruire l’agrégation de ses molécules ; on recueille toutes les parcelles qui composent la masse , on les mêle avec de la résine et de la cire que l’on fait fondre dans de l’huile de lin ; on renferme le mélange dans un sachet de toile , et on le pétrit dans l’eau chaude. On jette un premier bain , qui ne contient ordinairement que des impuretés; mais on recueille avec beaucoup de précautions le second, dans lequel se dépose le bleu d’outre-mer ; il reste dans le sachet, agglomérés avec les matières grasses et résineuses, la chaux carbonatée , le feld-spalh , le talc , le grenat et le fer sulfuré , toutes substances qui accompagnent ordinairement le lazulite.
On taille dans les belles masses de lazulite des
plaques qui sont d’un grand effet dans toutes les décorations ; il est seulement à regretter que la rareté et le petit voluqae des échantillons de ce minéral en restreigne considérablement l’emploi
qui , d’ailleurs , doit toujours être réservé pour des petits ôbjets.
IIIe ESPÈCE.
SOD ALITE.
Car. Infusible au chalumeau ; poussière formant une gelée avec l’acide nitrique. ,
Forme primitive : Le dodécaèdre rhomboïdal.
« Forme indéterminable : Massive.
Rayant le verre ; cassure transversale , conchoïde. Pesanteur spécifique : 2,87.*
Translucide ; opaquç.
Verté.
Composition : Silice, 43; alumine, 3i; soude, 26. La sod alite a été découverte parmi les roches primitives du Groenland , dans lesquelles se trouvent également des cristaux d’amphibble, de pyroxène , de grenat , etc. , etc. Depuis , on l’a trouvée parmi les déjections du Vésuve, accompagnée d’i-. docrase , d’amphibole , de mica et d’amphigène.
* Silice combinée ewee V alumine et la
potasse.
* * ♦ Ire ESPÈCE.
AMPHIGÈNE.
Syn. leucite. — Grenat Lima. — Grenatite.
Car. Infusible au chalumeau. .
Forme primitive : Le cube. Molécule intégrante : télraède irrégulier.
Formes indéterminables : Arrondie ; altérée.
Rayant difficilement le verre ; Cassure raboteuse, qnelquefois ondulée et luisante.
Pesanteur spécifique : 2 ,46.
Transparente ; translucide ; opaque.
Réfraction simple.
Blanchâtre ; jaunâtre ; gris.
Composition : Silice, 54; alumine, 25; potasse , 2 1 . v ,~
Sans être exclusif aux productions volcaniques , ce minéral s’y rencontre beaucoup j^us communément que partout ailleurs ; car , à l’exception de quelques roches granitiques.de la Nonvège et des Pyrénées , les laves du Vésuve , celles de l'Etna, de Lipary, et assez généralement tous les . f • ’* basaltes , sont les seules roches qui renferment *. abondamment de l’amphigène. Cette abondance , • 4 quelquefois si grande que la roche prend un aspect porphyrique , avait fait penser à plusieurs \ minéralogistes que cette substance pouvait bieff être un produit immédiat des feux souterrains ; mais comment accorder cette opinion avec le caractère d’infusibilité de l’amphigène? D’ûn autre côté, comment rendre raison de l’abondance extrême , dans les déjections volcaniques , d’un.* minéral qu’ailleurs on ,n’a oncore observé»qu’en très-petites quantités , et dans deux seuls gissemens?
Ces faits , il faut l’avouer, rendent parfois assez embarrassante l’explication de certains phénomènes qui , du reste , se présentent sous les apparences les moins extraordinaires. On. avait cru pouvoir admettre, vu l’analogie de formes cristallines, que l’amphigène n’était autre chose que du grenat altéré et décoloré par l’action des agens volcaniques ; mais l’analyse chimique renversait les fondemens d'une semblable opinion. En attendant que les observations soient suffisantes pour ramener toutes les hypothèses à un seul point probable, on ne peut s’empêcher de laisser, dans la méthode , l’amphigène commotcspèce particulière. Il n’est pas rare d’en rencontrer des cristaux libres qui se sont détachés sans doute par l’entière désagrégation des parties de leur gangue. Ces cristaux acquièrent assez souvent un volume de yingl-cinq à trente millimètres. Quelques cristaux d’amphigène offrent une très-grande ressemblance avec ceux d’analcine.
J ’ IIe ESPÈCE.
MÉIONITE.
Syn. Hyacinthe Hanche de la Somma. — llyacin — thine.
Car. Fusible avec boursoufflement en’verre blan-
châtre ; soluble en gelée dans l’acide nitrique.
Forme primitive et molécule intégrante : Le prisme droit symétrique.
Forme indéterminable : Granuleuse. 4 ’
Bayant le verre ; cassure transversale , ondulée ; brillante.
Pesanteur spécifique : 2,61.
Translucide : opaque.
Blanchâtre.
Composition : Silice , 5q ; alumine , 20 ; potasse ,21.
La méïonite n’a encore été reconnue que parmi les produits du Vésuve ; ses cristaux sont d’ùn trèspetit volume et souvent engagés dans une chaux carbonatée lamellaire ; ils y sont accompagnés dé cristaux de pyroxène , d’amphibole , de grenat et de mica.
Les substances qu’il serait assez facile de confondre avec la méïonite, sont: la «éphéline , l’har-
motome, l’idocrase, le zircon et la wernérite.
IIIe ESPÈCE.