CLASSE DES TELLURIDES, S É LÉ NI DE S , SULFURIDES
et le peu de telturiates que nous connaissons nous présentent encore la même similitude.
Dans la nature, les telluriures, les séléniures et les sulfures de plomb et d'argent ne se distinguent pas à la vue. Ces substances ne sont pas toutes cristallisées ; mais celles qui sont à base de plomb offrent toutes des clivages rectangulaires également nets» et, selon toute probabilité, cubiques, comme le sulfure de plomb. VEuchairite présente de même les plus grandes analogies avec la Stromeyérine, composée suivant la même formule. ,
Toutes ces circonstances suffisent certainement pour rapprocher ces différents corps. Leur ensemble forme d'ailleurs un intermédiaire entre les arsénides dont nous venons de parler et les cblorides que nous verrons ensuite, en effet, d'un côté, le tellure, lè sélénium, le soufre, se volatilisent comme l'arsenic â l'état simple, et forment aussi des oxydes volatils; d'un autre côté, si le tellure forme, comme l'arsénié et le phosphore, des. composés gazeux avec l'hydrogène, le sélénium et le soufre sont susceptibles de former des hydracides, aussi bien que l'iode, le chlore, etc
i* Groupe des Sulfurides.
Corps solides pour la plupart quelques-uns liquides ou gazeux ; dégageant des vapeurs d'acide sulfureux, soit immédiatement, *oit par combustion, soit par Taclion de la poussière de cbirhon à t'aide de la «h «leur, ou bien donnant de l'hydrogène sulfuré lorsque aprè» les avoir traités par le carbonate de notasse, seul ou mêlé de charbon, on projette le. résidu dans de l'eau acidulée.
Soufre.
g 205. c»r»etère«. — Substance jaune, quelquefois verdâtre, brunâtre, rougeâtre, par suite de mélange; appartenant au système cristallin prismatique rectangulaire droit; facilement fusible, même volatile; très-combustible, et se transformant en gaz acide sulfureux sans laisser de résidu lorsqu'elle est pure.
Le soufre se trouve assez fréquemment en cristaux, qui sont des octaèdres à-base rhombe, assez aigus, diversement modifiés, quelquefois en cristaux aciculaires ou en stalactites. Souvent aussi il est en masse compacte, translucide ou opaque, et dans quelques circonstances a 1 état terreux, pulvérulent ou agrégé, présentant alors une teinte pâle .
g 206. Gitemeat; u»age. — Le soufre se trouve dans tous lés terrains. Il existe en Hongrie, au Brésil, au Térou, dans des couches de quarlz subordonnées aux roches micacées et feldspàl hiques.
GROUPE DES SULPURÏOES
On le connaît aussi dans quelques gîtes métallifères qui traversent des roches analogues et dans certaines laves. Il est surtout abondant dans les dépôts de sédiment, où il se trouve à tous les étages, et où presque toujours il est accompagné de sulfate de chaux, d'argiles diverses, et souvent de sel commun : on en a trouvé jusque dans la pierre é plâtre des environs de Paris. C'est dans les parties de ces terrains qui avoisinent les volcans en activité qu'il est le plus répandu; ainsi en Sicile, outre les veines et les nids disséminés en grand nombre dans tout le terrain de sédiment, le soufre forme des couches régulières plus ou moins épaisses, mêlées d'argile, de sulfate et de carbonate de chaux, qui atteignent jusque dix mètres d'épaisseur, et dont l'extraction est considérable. En Islande, il forme aussi des dépôts très-étendus du même genre, où il est en grains peu adhérents enlre eux, qu'on peut exploiter à la pelle comme du sable. La quantité en est si grande, que cette tle en pourrait fournir à elle seule le monde entier, quoique, à cause de la chaleur qui se d gage, on soit obligé de s'arrêter à un mètre ou deux de profondeur.
Tous les volcans en activité produisent du soufre; il s'en dégage en abondance des fissures qui se trouvent dans leurs cratères, et toutes les matières environnantes s'en recouvrent Journellement. Les solfatares, sortes d'anciens cratères possédant encore quelque activité, en fournissent aussi en grande quantité, qui se dégage des fissures du terrain en même temps que de l'acide sulfureux, de l'acide chlorhydrique et de la vapeur d'eau.
Les eaux chargées d'hydrogène sulfuré qui sourdent de l'intérieur de la terre laissent des dépôts de soufre terreux ou pulvérulent sur leur passage : c'est sans doute à des circonstances semblables que sont dûs les dépôts de soufre au fond de certains lacs observés en Sibérie. Il se forme journellement du soufre par la décomposition des sulfates, dans les lieux où ces sortes de sels se trouvent en contact avec des matières organiques susceptibles elles-mêmes d'altération convenable.
Les échantillons de soufre cristallisé qui se trouvent dans les collections proviennent tous des terrains de sédiment, soit de Girgenti en Sicile, où ils sont quelquefois d'un grand volume, soit de Césène, à six lieues de Ravenne, sur l'Adriatique, ou de Gonilla, à huit lieues de Cadix, en Espagne, deux localités où il» sont d'une grande netteté et d'une belle transparence. 11 y en a aussi d'assez beaux à SainMtoès, près de Dax dans les Landes.
Le soufre est employé particulièrement pour la fabrication de la poudre â canon, et pour la préparation de l'acide sulfurique, qui
en consomme des quantités prodigieuses : on en prépare aussi l'acide sulfureux, qui sert au blanchiment des tissus. On sait qu'il sert à la fabrication des allumettes, et qu'il est aussi employé en médecine sous différentes formes. 11 peut être très-utile dans les feux de cheminée; car il suffit de jeter une poignée de soufre en poudre dans le foyer pour qu'il se développe une grande quantité d'acide sulfureux, qui a la propriété d'éteindre les corps enflammés et peut arrêter à l'instant l'incendie.