DICTATURE
qui venait d'êtie soumise. Le nombre des questeurs s'accrut avec celui des provinces, jusqu'à ce que Sylla, en 82 ay. J.-C, lQ,^£ortâtj,jvingt. César eut quarante questeurs, mais sous l'empire leur nombre fut ramené à celui qu'avait û\é Sylla,
Les qmesteurs urbains faisaient en grand ce que tous les autres questeurs faisaient sur une moindre échelle. Ils avaient la charge du trésor public (aerarium Saturnï) et percevaient tousTés deniers dus à l'État sous forme de taxes, de tributs^ d'amendes, d'indemnités^ de guerre, etc. Puis ils répartissaient ceLârgent entre les services de payeurs spéciaux, par exemple des quaestores mililares pour la sojde dp.s troupes, des censeurs et de^^diles pour les travaux publics.
127. Le dictateur et son maître de la cavalerie étaient l'un et l'autre des magistrats exiiaflrdinaire s; le second était nommé par le premier. Bien que le dictateur pût choisir son maître de la cavalerie, il ne pouvait pas le destituer, et la durée de leurs fonctions était la même. Le dictateur était généralement nommé par un des consuls, sur un avisdu sénats Ses fonctions, qui ne duraient que six mois, lui assuraient le commandement sans partage de l'armée et l'autorité nécessaire pour réduire les factieux à l'obéissance. Quelquefois, on nommait des dictateurs^^our l'accomplissement de certains açt es. religieux, par exemple pour « l'enfoncement d'un cloiT » dans la paroi du temple de Minerve au îîâpitole [dictator clavi figendi causa) ^ cérémonie qui avait pour but de marquer le commencement d'une
1. En 217 av. J.-C, le seul consul survivant étant absent de Rome, Q. Fabius Maximus fut élu dictateur par les comitia tributa, réunis sous la présidence d'un préteur. Tite Live (XXIII; 31) le qualifie de prodiclaior, c'est-à-dire de magistrat revêtu des pouvoirs dictatoriaux, mais qui n'était pas à proprement parler dictateur. Son mai Ire de la cavalerie, M. Minucius Rufus, reçut aussi dans la suite des pouvoirs dictatoriaux; il y eut donc à cette époque, par une exception unique, deux dictateur» à la fois.
184 PROMAGISTRATURES.
année nouvelle après quelque calamité publique. Il n'y eut pas de dictature à Rome enjj-e .?.Q2£t 82 av. J.-G.;- à cette^ date, S^lJ^J^;renouvela à son profit avec une autorité encore plus grande. Il fut nommé dictateur par un interroi; César le fut par un préteur. Antoine, en 44 av. J.-G., fît passer une loi qui rendait impossible pour l'avenir une dictature comme celle de Sylla ou de César, mais il n'est pas exact qu'il ait supprimé l'ancienne dictature, qui ne ressemblait^ guère que par le nom à celle de Sylla.
128. Proconsuls, proprétenrs, etc. — Les promagistrats étaient des remplaçants qui agissaient pro magistratihus^ mais uniquement en dehors de Rome. Sitôt qu'ils pénétraient dans la ville, ils redevenaient simples citoyens, i Aussi les promagistrats étaient-ils toujours investis de fonctions jnilitaires. Un tribun ou un censeur, par exemple, ^; n'avait aucun pouvoir^en dehors de Rome et ne pouvait pas, en conséquence, avoir de remplaçant au dehors ; mais les consuls, les préteurs, les questeurs, avaient des devoirs mili- j taires qui s'exerçaient seulement en dehors de Rome et ces devoirs pouvaient, à l'occasion, être.çonfiés à des proconsuls^ des propréteurs ou des proquesleuûzs^.
Un promagistrat ne pouvait célébrer le triomphe, parce qu'il perdait son im^perium au moment même où il pénétrait dans Rome'.
Le prisjajer promagistrat fut Q. Publilius Philo (327 av. 9i J.-C), qui, après avoir été consul pendant un an, conserva le commandement de l'armée pour une seconde année gvl qualité de pro consule^ par une prolongation (prorogatio)
1. Les noms latins sont : proconsule, propraetore, proguaestore (indéclinables), mais on trouve quelquefois proconsul (^rec àvOûuaxoç) et l'expression a propraetorihus dans Cicéron {Div., II, 36, 76) implique un mot déclinable propraelor.
2 Cette règle est expressément attestée par Tite Live, XXVIII, 38 et XXXI, 20, mais elle fut violée en faveur du premier proconsul, Tublilius (T. Live, Vlil, 26), et le fut encore assez souvent dans la suite.