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DÉTAILS DU THÉÂTRE

nerie ne fut terminée qu'en 330 av. J.-C, sous l'administration de l'orateur Lycurgue. Au temps de Sophocle, à ce qu'on j croit aujourd'hui, les sièges supérieurs étaient simplement' taillés dans le roc; les sièges inférieurs étaient des bancs dt bois, l'orchestre était un cercle complet pavé de blocs de marbre, et la scène, avec les chambres destinées à l'habillement des acteurs, était en bois.

On a calculé que 27 500 personnes pouvaient prendre place] dans le théâtre d'Athènes*. Platon dit [Banquet^ p. 175 E) que 30 000 personnes entendirent la tragédie d'Agathon. Il y avait des théâtres plus grands encore, par exemple celui! d'Éphèse, qui pouvait, dit-on, contenir plus de 56 000 spec-: tateurs. '

213. Détails du théâtre. — Dans quelques théâtres, le public avait accès aux sièges par le haut; à Athènes, il semble que tous les spectateurs entraient par les couloirs (udpoSoi) voisins de la scène et traversaient l'orchestre pour gagner les escaliers qui conduisaient aux différentes places. Des sièges i spéciaux (0p6vot, 0iat, Téiroi), en particulier ceux du premier rang (itpoeôpîa), étaient réservés à certains magistrats et à des personnages qui avaient été l'objet de distinctions. Sur plusieurs beaux sièges en marbre trouvés dans les ruines du théâtre d'Athènes, on lit les noms des personnages officiels qui devaient y prendre place. Ces sièges, ainsi que les inscriptions qu'ils portent, sont postérieurs à l'époque classique.

214. Détails de l'orchestre. — Nous sommes malheureusement très mal renseignés à cet égard, et les fouilles récentes aux théâtres d'Athènes et d'Êpidaure ont modifié beaucoup d'idées qui étaient admises jusqu'à présent. Il est certain que dans beaucoup de pièces, en particulier dans des comédies, le chœur se mêlait sans diflîeulté aux acteurs; ainsi, dans les EuménideSy il entre sur la scène; dans Œdipe

1. Ce chiffre est aujourd'hui contesté; on parle de 15 000 spectateur* seulement.

ORCHESTRE ET SCi^NE. 281

à Colone^ il essaye d'empêcher Gréon d'enlever les jeunes filles; dans les Acharniens (v. 563), la moitié du chœur veut monter sur la scène pour frapper Dicéopolis. Mais les scènes en pierre qui subsistent aujourd'hui, et que l'on croit imitées des vieilles scènes en bois, sont élevées de dix ou douze pieds au-dessus de l'orchestre et les plus anciennes ne présentent aucune trace d'un escalier sur le devant. Si la scène, à l'époque classique, était disposée ainsi, il faut admettre que le chœur évoluait sur .une plate-forme ou plancher artificiel attenant à la scène et placé à un niveau un peu inférieur. Cette platerforme ne couvrait pas tout l'orchestre, mais laissait, du côté des spectateurs, un espace vide au niveau du sol naturel. Cet espace, du moins à une époque postérieure, s'appelait -/.oyia-zpa ; c'est par là que passaient peut-être les retardataires, qui pouvaient ainsi gagner leurs places sans troubler la représentation. Il est probable que la plate-forme de l'ôpx^- CTTpa s'appelait ôutJiéXri, mais ce nom désigne peut-être aussi et plus anciennement l'autel de Dionysos qui était placé sur la plate-forme ou en quelque endroit de l'orchestre. A la vérité, le mot eu[xéXy] est tout à fait obscur pour nous, et les témoignages anciens qui le concernent ne sont pas faciles à concilier.

En règle générale, le chœur entrait dans le théâtre par l'une des uàpo^oi, qui servait aussi aux spectateurs, et il devait monter sur la plate-forme par un escalier. Dans quelques pièces {les Choéphores, Hercule furieux, les Acharniens) ^ où le chœur se dissimule aux acteurs, il semble qu'il descendît de la plate-forme à la xovtaTpa. Plusieurs critiques pensent aussi que les parabases des comédies étaient récitées en cet endroit.

Au dire de quelques architectes contemporains, qui on* soigneusement exploré les ruines des théâtres grecs, les scènes en marbre qui subsistent appartiendraient toutes à l'époque romaine, où l'usage des chœurs était très restreint. Suivant eux, les Grecs n'auraient pas commis la faute d'éle-

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