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Mines d'or de la Beauce [microforme]

En publiant ces pages, je n’ai eu qu'un but : celui de faire connaître les ressources de mon pays, et qu’une prétention : celle d’être demeuré dans les strictes limites

de la vérité. W. CHAPMAN.

Saint-François de la Beauce,

janvier 1881.

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Le Canada a des ressources naturelles d’une richesse incalculable, et ses mines d’or rivalisent avec les plus productives du monde entier.

La Colombie anglaise a fourni, depuis plusieurs années, des milliers d’onces du précieux métal, et les dépôts alluviaux de William’s Creek, de Lightning et de Cariboo ont surpassé en richesse ceux des rivières à la Plumé et Américaine, en Californie, et égalé ceux d'Australie, à Belarat, Bendigo et Sébastopol ; encore actuellement des centaines de mineurs sont employés dans ses mines alluviales et quartzeuses.

La Nouvelle-Ecosse possède des veines de quartz qui ont attiré les capitalistes d'Europe et des Etats-Unis, et les districts de Renfrew, Sherbrooke, Oldham, Uniake, Wine Harbour, Tangier et Montague ont produit, durant

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les six dernières années, environ $%3,000,000, et la moyenne de l'or trouvé par chaque mineur, par tonne de minerai, est plus forte que dans toute autre région aurifère jusqu'à présent connue. La première découverte du quartz contenant de l'or y a été faite en 1858 par le capitaine L’Estrange, R. AÀ., à Mooseland, près de Tangier Harbour.

Les mines de Madoc, dans Ia province d’Ontario, donnent des revenus considérables.

La province de Québec, où l’existence de l'or a été constatée d’abord en 1835, par le capitaine F. H. Baddeley, commence à retirer de jolis profits de ses mines, et, d’après les examens minutieux qui ont été faits par des hommes expérimentés, tels que MM. | Sterry Hunt, À. Michel et Sir W. E. Logan, il a été démontré jusqu’à l'évidence que les alluvions aurifères y couvrent une étendue de plusieurs milliers de milles carrés. On voit des dépôts alluviaux depuis le Saint- François jusqu'à la rivière ÆEtchemin, et depuis la chaîne des montagnes au nord-ouest jusqu’à la frontière au sud-est, et l'explorateur, amateur de la science, peut suivre les schistes cristallins, qui fournissent l'or, vers le sud-ouest jusqu’au sud des Etats-Unis, le:long des Apalaches. Cependant, jusqu’à présent, l'endroit où l'or a été recueilli en plus grande quantité, où des travaux d'exploitation ont été poussés avec plus de vigueur et d'énergie est, sans contredit, la division de la Chaudière. :

Avant d'entamer le sujet qui doit être traité dans cet opuscule, je crois qu’il n’est pas hors de propos de don-

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ner quelques notes sur la topographie et l’histoire des principaux endroits de cette division.

La division de la Chaudière ou la vallée de la Beauce est célèbre par la béauté de ses aspects et la salubrité de son climat. Les étrangers, qui la visitent, dans la belle saison, ne peuvent se lasser d'y contempler les verdoyantes collines frangeant l'horizon, d'y admirer les grandioses panoramas que la nature accidentée du sol déroule aux yeux du touriste, et qui l’ont fait surnommer la Suisse du Canada. Cette vallée est encore célèbre par le passage de l’armée du général américain Arnold, lors de la guerre de sécession, en 1775.

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Saint-Guorge est une belle et grande paroisse qui s'étend depuis l'embouchure de la rivière Du Loup jusqu'à la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, bornée au sudouest par le township de Shenley, et au nord-est par celui de Watford. Elle pessède une superbe église dédiée au culte catholique, un splendide couvent, une chapelle anglicane, un bureau de douane, une manufacture mue par la vapeur. Cette paroïsse se ressent du voisinage de la grande république de Washington, le mouvement des affaires y est très actif, et on juge de ls richesse de ses habitants par le confort de leurs vastes dépendances. La seigneurie de Saint-Greorge-Aubert-Gallion appartient à l’opulente famille Pozer dont un de ses membres siége au Sénat. Saint-George-Aubert-Grallion fut concédé en fief, le 24 septembre 1736, à Dame Thérèse de la

Lande Gayon, veuve de feu François Aubert, en son vivant, Conseiller au Conseil Supérieur de Québec.

Saint-François ou Rigaud-Vaudreuil, situé à 50 milles de Québec, est le San Francisco du Canada, et sa population, que ses mines ont eu pour effet d'accroître, est très considérable. Cette seigneurie, voisine de Saint- Joseph, couvre une étendue de 72 milles carrés, bornée au nord-est, par le township de Cranbourne, au sudouest par celui de Tring. Son village, bâti sur les deux rives de la rivière Chaudière, possède une église très riche, un somptueux presbytère, le bureau d’enregistrement du comté, celui 4e l'inspecteur des mines, de ‘vastes moulins, etc. L’impulsion que l’exploitation de l’or a donnée aux affaires rend cet endroit très animé, et les cultivateurs y jouissent d’une aisance qu’on ne rencontre pas dans les autres localités du pays. Rigaud-Vaudreuil, la propriété de l'honorable A. R. C. de Léry, fut concédé, le 23 septembre 1736, au sieur Fleury de Lagorgendière.

Saint-Joseph, chef-lieu du district, propriété de l’honorable Jean-Thomas Taschereau et de M. Thomas-Jacques Taschereau, shérif, est la paroisse du comté qui offre le plus d'avantages à l’agriculture, et ses immenses basfonds, formés de l’alluvion de la Chaudière, sont couverts de gras pâturages, de luxuriantes prairies qui s'étendent à perte de vue. Elle commence près de la rivière Des Plantes, et ses limites touchent Saint- Frédéric, Sainte-Marie, Frampton et Cranbourne. On y admire son église, son couvent, sa prison. Elle a deux, fromageries, une manufacture de pulpe, plusieurs belles

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résidences privées et deux terminus de chemins de fer, celui du Lévis et Kennébec et celui du Québec Central. Cette seigneurie fut accordée, le 27 septembre 1736, au sieur Rigaud de Vaudreuil qui l’échangea contre celle du sieur Fleury de Lagorgendière.

Sainte-Marie est bornée, au nord-est, par le township de Frampton et la seigneurie de Joliette, au sud-ouest, par Saint-Griles, à l’ouest par Saint-Etienne et Joliette, et à l’est par Saint-Joseph. Cette seigneurie a trois lieues de profondeur sur quatre de largeur et fut accordée, le 23 septembre 1736, au sieur Taschereau, et ses propriétaires sont MM. Duchesnay, Fortier, Taschereau et Lindsay. Son village est très populeux, et son élégante cathédrale gothique fait l'admiration de tout le pays. Elle compte un couvent, un .collége, deux grandes scieries, deux manufactures de chaussures et plusieurs cottages dont le coquet aspect égaie la vue du passant.

C’est en l’année 1846 que le premier morceau d’or fut trouvé, à Saint-François, dans la seigneurie Rigaud- Vaudreuil, sur la rivière Gilbert, une tributaire de la Chaudière, par une jeune fille du nom de Clothilde Gilbert, fille de feu Léger Gilbert, actuellement l'épouse de M. Olivier Morin, de Saint-George. C’est en voulant traverser le cours d’eau qui est guéable en plusieurs endroits, qu’elle ramassa sur le sable une pépite (rugget)

qui était de la grosseur d’un œuf de pigeon. J’suteur

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de ces lignes, qui a toujours demeuré à Saint-François,

a appris de la bouche même de Madame Morin à quelle occasion a été trouvé ce morceau d’or. ‘“ Mon père, dit- “elle, m'avait envoyé, un dimanche matin, chercher “un cheval au champ, pour aller à la messe, et, en . “ voulant passer la rivière, j'ai aperçu au bord de l’eau “ quelque chose qui brillait. Je l’ai ramassé pour le ‘“ montrer à papa. Je ne croyais pas que ce caillou ‘jaune ferait faire tant de tapage.”

Feu M. Charles de Léry, seigneur du lieu, ayant pris . Connaissance de cette trouvaille, s'adressa au gouvernement d'alors, lui demandant de lui donner le droit exclusif de chercher de l’or dans sa seigneurie. Le gouvernement, ne soupçonnant pas l'importance de la découverte qui venait d’être faite, accorda à la famille de Léry des lettres-patentes lui conférant les droits de mines sur toutes ses terres et celles de ses censitaires.

Quelque temps après la découverte faite par la jeune fille, des recherches furent successivement faites par M. C. de Léry et M. le Dr James Douglass, de Québec, qui, eu égard au système primitif de lavage, donnèrent un rendement relativement considérable. L'or recueilli par ces deux messieurs sur le lot numéro 75 du ler rang nord-est de la Chaudière dont quelques échantillons valaient $200, était disséminé dans le gravier de la rivière, le long de petites veines de quartz décomposé, renfermant dans les interstices une certaine couche |

noïre, pâteuse, semblable à de la suie. Aucune alluvion

régulière n'ayant été constatée sur ce lot, les fouilles furent discontinuées.

En 1847, une, compagnie, organisée sous le nom de # Chaudière Mining Company,” ouvrit des travaux d’exploitation dans le lit de la rivière Des Plantes, et, pendant plusieurs semaines, elle layva au moyen d’une claie (rocker)-de 8 à 10 onces d’or par jour. Là, comme sur la rivière Gilbert, les dépôts alluviaux furent trouvés très irréguliers, et les mineurs manquant d'expérience, ignorant que l’action qui a distribué le gravier aurifère était antérieure à la formation des rivières actuelles, ne

se hasardèrent pas à percer des puits d'exploration dans les écores.

Dans les deux étés de 1851 et 1852, la ‘“ Canada Mining Company ” fit de larges opérations à l’embouchure de la rivière Du Loup, à Saint-George, et les résultats obtenus furent très satisfaisants. Elle a retiré d'un arpent de gravier sur une épaisseur moyenne de der.x pieds $4,328 d'or, pendant que les dépenses de la main d'œuvre se sont élevées à $2,180, laissant un

profit net de $2,148. Dans cet endroit comme dans ceux déjà nommés, l'or ayant fait tout à coup défaut, + des travaux furent suspendus.

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