‹ Mines d'or de la Beauce [microforme]Chapitre 18 sur 19 · SAR. AU · texte numérisé non relu

SAR. AU

Jles graviers actuels semblent reposer pour la plupart dans des bas-fonds qui sont au-dessous du niveau du drainage du pays, rarement ils sont sur des côtes ou sur des plateaux élevés. au-dessus des vallées. J’ignore si c’est aussi le cas au Nouveau-Brunswick. Dans la province de Québec, sur la Chaudière et sur ses tributaires, les dépôts semblent reposer dans certains cas sur des élévations considérables au-dessus des principaux cours d'eaux, et ceci a été remarqué depuis longtemps par Sir W. E. Logan. On n’a cependant encore rien fait pour essayer la valeur des graviers. Dernièrement, grâce à l'initiative du “manager ” de la compagnie ci-dessus mentionnée, comme étant la seule aujourd’hui en opération dans ce district, on a prouvé qu’ils s’étendaient à des profondeurs de cent pieds. C’est dans ces anciens lits profonds qu’on doit chercher les plus gros morceaux d'or, et avec ce qu’il faut pour dessécher le sol, il y a tout lieu d'espérer qu’un champ très vaste et d’une grande valeur sera ouvert dans la province de Québec à l’exploitation des mines d’or, surtout si l’on considère le fait bien connu que l'or se trouve sur une vaste étendue dans cette région ; ceci a été prouvé abondamment par les recherches de Sir W. E. Logan et on en trouvera les détails dans un pamphlet intitulé : ‘“ Notes sur l’or dans le Canada-Est,” publié en 1864 par la commission géologique. Ce pamphlet contient un sommaire de toutes les informations sur ce sujet jusqu'à cette date ; et dans le rapport de M. À. Michel adressé à Sir W. E. Logan, et publié dans là Géologie du Canada, en 1866, on trouvera des informations plus amples et plus récentes.

Le 14 février dernier, M. Lockwood m'informa que dans le puits alors en voie de percement (sur le numéro -7 de la concession ‘“ Kaint-Charles ”) on avait frappé le lit de roc à cent pieds au-dessous du niveau de la rivière Gilbert, et que son inclination sur la longueur du puits était de trois pieds. Ceci indique un terrain encore plus profond comme l'indique aussi le caractère de l’or qu'on y a rencontré; M. Lockwood rapporte : ‘“ Nous avons trouvé près d'une once d’or hier, et aujourd’hui six penny weights treize grains. C’est tout de bel or écaillé et, je crois, venant tout du gravier. Nous avons trouvé des colors depuis la première fois, à vingt-huit pieds à peu près.” Ceci doit être considéré comme un commencement très satisfaisant et qui suffit amplement pour garantir l'exploitation sur une plus grande échelle.

Beaucoup de l'or qu'on a trouvé par le lavage des basfonds du district de la Chaudière semble usé par le frottement et est relativement pesant, maïs, à mon avis, ceci n'indique pas qu’il ait été amené là d’une grande distance, mais plutôt qu'il a été soumis pendant longtemps à des frictions et des écrasements continus, quand les alluvions s’amoncelaient. Je crois qu’il est strictement d'origine locale et qu'il vient des veines de quartz du voisinage. La principale raison pour laquelle les riches dépôts exploités jusqu'ici sont si peu étendus, est qu'ils représentent les places où les anciens lits sont traversés par les cours d’eau actuels et coupés jusqu’au lit de roc ; le contenu de l’ancien lit s’est trouvé ainsi disseminé de nouveau le long du lit actuel, et est venu enrichir ainsi sur un espace limité les alluvions récemment formées. Si

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au lieu d'étendre l'exploitation, comme on l’a fait communément, seulement dans la direction et sur le cours des rivières présentes, on les poussait hardiment dans toutes les parties des rives adjacentes où n'apparait aucune excroissance de rocher, il est tout probable que les anciens lits, auxquels les cours actuels ont enlevé l'or qu'ils contiennent, seraient bientôt découverts et récompenseraient souvent avec munificence le courage du mineur. Ce sont des faits bien connus en Australie, et c'est en en tenant compte qu’on a obtenu les plus beaux résultats. Ici, personne ne semble y avoir attiré l’attention et on n’en a parlé dans aucun des rapports publiés sur les mines d’or de ce pays.

M. Lockwood dit dans son rapport aux directeurs de la compagnie, daté du 4 août 1870 : “ Pendant les cinq dernières années j'ai suivi de près tous les travaux exécutés, et je n'ai pas vu un seul effort intelligent fait pour connaître la nature et l’origine des riches dépôts alluviaux ; personne, excepté moi, n’a rien fait pour prouver le fait que les alluvions doivent leur origine aux rocs de cette localité même, et qu’il y a tout un réseau bien distinct d'anciens lits de rivières à un niveau bien plus bas que celui des rivières actuelles.”

“ Sur le lot No. 15 le filon laisse le lit de la rivière et se détourne sous le terrain élevé; là on a découvert l’ancien lit d’une rivière ; il est entre trente-cinq et cinquante pieds au-dessous du lit actuel. On a pratiqué un tunnel de 250 pieds à travers ce lit, mais comme l’eau menaçait et que le terrrain allait en s’enfonçant, il nous fut impossible d’en déterminer la largeur. Tout le

00" gravier qu'on y a trouvé contient de l'or, et il est composé entièrement de matières provenant des strates locaux. Dans le sable qui le recouvre, on a trouvé du bois à quatre-vingt pieds à peu près au-dessous de la surface.”

D’après les profits obtenus jusqu'ici, M. Lockwood estime le rendement moyen de l’ancien lit à $45,000 par acre, et les dépenses de l'exploitation à $12,500 par acre, Il est presqu’impossible cependant de faire un calcul de cette espèce, sur lequel on puisse se fier pour des applications pratiques.

Les veines de quartz de ce district ont déjà été examinées et décrites dans des rapports et leur qualité aurifère a été établie. J'ai examiné plusieurs de ces veines à leur surface ; M. Michel en a recueilli des spécimens qui ont été essayés avec soin par le Dr Hunt. Il ne semble pas qu'on ait fait aucun effort pour leur développement depuis la date des rapports dont je viens de parler. Les résultats des essais faits par le Dr Hunt ne furent certainement pas très encourageants, mais quand on les compare à d’autres essais faits par le Dr Hayes de Boston, ils ne prouvent, comme il en fait lui-même la remarque, rien autre chose que “ l’irrégularité avec laquelle l'or est distribué dans les veines.”

” Quelques unes des veines sont bien situées pour l’exploitation et autant qu’on én peut juger par l'étendue bien restreinte des travaux faits jusqu’à présent, on n'aurait pas de difficulté à extraire de grandes quantités de quartz. Si l’on considère le caractère de pesanteur d’une grande partie de l'or alluvial du district de la

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Chaudière, il est plus que probable que quelques unes de ces veines seraient assez riches pour donner de beaux profits à ceux qui se livreraient à leur exploitation, puisque l’or trouvé jusqu’à présent provient certainement de déchets enlevés à ces veines ; il est extraordinaire qu'on ait fait si peu jusqu’aujourd’hui pour en tirer profit.”

Il est bon de remarquer que les plus importantes découvertes dans le quartz de cette région ont été faites depuis la publication des rapports ci-dessus.

Depuis quelque temps le bruit court que des capitalistes de Québec, de Montréal, de New-York et de Boston, se proposent de creuser des shafts d'une grande profondeur dans quelques-unes des veines où l’on a. trouvé de l'or, pour en faire un parfait examen. Si les essais réussissent, comme je n’en doute pas, des moulins à broyer le quartz (crushers) seront érigés, et des centaines de travailleurs y trouveront de l'emploi.

Comme on peut le voir par les détails de cet opuscule, détails puisés dans les rapports pour la plupart officiels, dont personne ne peut révoquer en doute l'authenticité, les ressources minérales du district de Beauce sont d’une grande richesse, et nul ne peut me taxer d’exagération en disant qu’elles égalent celles d'Australie, de la Californie et du Colorado. D’après les meilleures informations, on voit que depuis 1863, il y a eu 79,000 onces à’or d’extraites dans la vallée de la Chaudière, et

jue chaque mineur a recueilli en moyenne $5.25 par jour. Et en supposant même que les mines en question ñhe seraient pas aussi riches que celles des Etats-Unis, les mineurs peuvent encore en retirer de grands bénéfices, car la main d'œuvre et tout ce qui est nécessaire à la vie y coûtent moins que dans les Black Hills, dans le Montana et dans la Caroline du Sud.

D'ailleurs ce qui encourage les étrangers à venir

exploiter les mines de la Beauce, c'est que l'or est distribué dans les /eads avec une grande 1égularité, contrairement à ce qui est constaté dans les mines alluviales des Etats-Unis, qui, dans quelques endroits, fournissent de l’or en quantité prodigieuse, tandis que dans plusieurs autres les mineurs travaillent en pure perte.

Donc, ce qu’il faut pour développer les ressources de la province de Québec, pour leur faire produire des revenus extraordinaires, ce sont des hommes de courage et d'initiative, des capitaux employés avec intelligence. Et siles canadiens-francçais, pris de cette fièvre de l’émigration qui, depuis nombre d'années, dépeupie nos belles campagnes, au lieu d’aller demander du travail dans les mines du Colorado et du Nevada, allaient tenter la fortune dans les mines de la Beauce, ils se rendraient utiles à leur pays, et s’y procureraient des avantages qu'ils ne trouveront pas à l’étranver.

En parlant des avantages qu'offre l'exploitation de nos mines, je me permets de citer un extrait d’un journal américain “The Conservative” publié à New-York,

dans son numéro du & novembre 1880.

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