POUR LE MINES QUARTZEUSES
1. Pour une personne, — cent cinquante pieds, le long d'une veine, sur cent vingt-cinq de chaque côté, à partir du centre de la veine,
2. Les compagnies de deux personnes ou plus, peuvent marquer et exploiter un terrain additionnel, le long d'une veine, sur la largeur ci-haut mentionnée, dans la proportion de cinquante pieds additionnels de long, par chaque mineur additionnel, le tout ne devant pas excéder sept cents pieds de longueur, et elles peuvent exploiter le daim en commun.
83. Celui qui découvre une nouvelle mine, a droit à une licence gratuite, faite suivant la formé de la Cédule D du présent acte, valable pour douze mois, pour l'occupation d'une daim de la plus grande étendue, prescrite par le présent acte, ou pour tous règlements qui peuvent être promulgués en vertu d'icelui, et se trouver en vigueur à l'époque de cette découverte ; pourvu que la dite découA erte ait été mandée, sans délai, par écrit, à l'inspecteur de la division minière ;
Mais quiconque ne donne pas immédiatement avis de sa découverte, est privé pendant un an de la faculté d'exploiter sur les terres publiques.
34. Nul n'est censé avoir découvert une nouvelle mine, à moins que la mine prétendue découverte, ne soît distante, si elle se trouve sur un filon connue, d'au moins trois milles de la ijIus proche connu sur le même filon ; et si elle ne se trouve pas sur un filon connu, d'au moins un mille à angle droit, de la marche du filou ; si elle se trouve dans un gisement alluvial, elle doit être distante d'au moins deux milles de toutes les mines déjà découvertes.
85. Toute personne occupant un daim qui, par suite de l'élévation des eaux ou autres causes incontrôlables,
ne peut être exploité, peut, sur paiement de une piastre, faire enregistrer son droit à ce daim, au bureau de l'inspecteur de la division minière, dans le livre que l'inspecteur est obligé de tenir à cette fin, et obtenir un certificat d'enregistrement de daim fait suivant la forme de la cédule E de cet acte, et peut ensuite exploiter ailleurs.
Quiconque fait ainsi enregistrer un daim, doit planter au milieu, ou aussi près que possible du milieu d'icelui, un piquet de bois sur lequel doit être peint on découpé, en chiffres lisibles, le numéro d'enr gistrement du dit daim.
41. L'inspecteur d'une division minière peut, avec l'approbation du Commissaire des terres de la couronne, nommer, de temps à autre, des constabîes jusqu'au nombre de douze au plus ; et les personnes ainsi nommées, sont par le présent, constituées respectivement constabîes ef agents de la force publique aux fins du présent acte, pour le temps et dans les divisions minières pour lesquelles elles sont respectivement nommés.
42. L'inspecteur possède le contrôle spécial des constabîes et des corps de police nommés pour sa division.
Il peut donner tels ordres ou faire tels règlements qu'il juge à propos, sujets à l'approbation du Commissaire des terres de la couronne, relativement à la direction générale de tels officiers, leur classification, leur rang et leurs services particuliers, leur distribution et inspection, et le lieu de leur résidence. Il a le pouvoir
absolu de les suspendre en tout temps de leurs fonctions, et quint aux constables, de les destituer et remplacer, avec l'approbation du Commissaire des terres de la couronne.
Tous tels constables ont, tant qu'ils eont en charge, tous les pouvoirs, autorité, droits et privilèges accordés aux corps de police de Québec et de Montréal, respectivement, par le chapitre 102 des statuts refondus pour le Bas-Canada.
La nouvelle loi a eu pour effet de faire renaître la confiance et d'accroître le nombre des compagnies sur la Gilbert, parmi lesquelles sont deux riches compagnies américaines, "The Ainsworth Company," de New -York, qui a son siège d'opérations sur le lot numéro 13 de la concession " De Léry," et la " Beauce Mining & Milling Company," sur le lot numéro 1-1 de la même concession, sous la direction de M. W. I. Smart, minéralogiste de New- York
A quelques arpents plus bas, se trouve la " Canada Grold Company Limited," déjà nommée, dont M. Walter Moodie, sous la présidence de M. Grordon, un savant qui a puisé ses connaissances en Australie, au Brésil, etc. ; administre les travaux avec une rare habileté.
Sur le lot voisin se trouve la mine des MM. McArthur, autrefois la propriété de MM. Saint-Onge. A partir des shafts des MM. McArthur, en descendant vers la Chaudière, se trouvent les lots numéros 10, 9, 8, 7 et 6 de la
concession " Saint-Charles," et les numéros 76, 75 et 74 du 1er rang il. e. de la Chaudière, où, d'après les explorations qui y ont été faites, se trouve l'ancien lit de la Grilbert, et où des travaux d'exploitation seront exécutés prochainement.
Plus haut, sur la branche est de la Grilbert se trouve une petite compagnie de mineurs, " The East Branch Company", dont les dividendes sont déjà considérables. M. Morey, de Ne w- York, doit commencer le printemps prochain des travaux sur le lot voisin de celui occupé par cette compagnie, qu'il vient d'acheter de M. L. G-endreau.
Sur la branche nord on voit le chantier de M. Asher,de Montréal, dont les travaux sont temporairement arrêtés à cause de certaines difficultés survenues dans le bureau de direction. De magnifiques spécimens y ont été trouvés.
Sur les lots numéros 29 et 30 de la concession " Chaussegros," M. Wilder, de Boston, a frappé l'ancien lit, et tout donne lieu de croire qu'il réussira.
D'après les informations prises au bureau des mines, on voit que les trois compagnies récemment formées, 11 The Ainsworth," " The Beauce," et " The Canada," ont recueilli, durant le mois d'octobre dernier, 681 oz. d'or.
Les nouvelles compagnies, établies dans la Boauce, ont créé une révolution dans les procédés d'exploitation
en usage jusqu'alors. Les systèmes de travail et de lavage qu'ils viennent d'adopter vont, en sauvant du temps et de l'argent, contribuer pour beaucoup à rendre les mines profitables.
Autrefois les mineurs de cette région ne pouvaient pas laver le gravier aurifère durant plus d'un tiers de l'année, à cause de la rigueur du climat en hiver et de la sécheresse en été. M. Moodie a fait construire sous des hangards des pulvérisateurs (puddling machines) qui font le lavage de l'ail uvion avec une faible quantité d'eau, même avec l'eau seule que les pompes tirent des shafts. M. S. J. Aiusworth, homme d'entreprise distingué, dont les puits se trouvent à une forte distance de la rivière, a fait ériger un tram-way le long duquel il amoncelle son gravier qu'il lave, quand les pluies grossissent les eaux de la rivière, par la pression hydraulique. A cette fin il a fait ouvrir un fossé de 18 arpents de longueur, par lequel il amène l'eau d'un petit tributaire de la Q-ilbert. M. Smart se sert aussi de ce fossé, avec un très grand avantage.
Plusieurs autres compagnies ont fait, depuis un an, des travaux qui les ont amplement rémunérées. MM. Coupai, sur la " Branche," à Saint-François ; MM. Poulin & Fortin, sur le ruisseau "D'Ardoise," à Saint- Greorge ; MM Home & Lionais, sur le ruisseau "Bolduc;" M. P. A. Dupuy, sur les célèbres lots 16 et 17 de la concession "De Léry ; " MM. Côté, Doris et Cloutier, dans la concession " Saint-Charles; "MM. Cadot, Bernard & Cie., la compagnie " Eurêka," a la tête de laquelle sont MM. Powers, Tomlinson et McDonald,
dans" la même concession ; MM. McNicol et Osgood, au 1er rang n. e. de la Chaudière, MM. Poulin & Bernard au " Rapide du Diable," et M. Spaulding, du Maine, dans les anciennes mines de la Gilbert.
Maintenant je vais essayer de donner une idée aussi juste que possible de la manière dont les travaux d'exploitation sont actuellement exécutés dans la vallée de la Chaudière.
Des excavations, variant de 7 à 8 pieds de longueur et de 3 à 4 pieds de largeur, sont pratiquées à travers la glaise bleuâtre qui recouvre le leacL Eu plusieurs endroits le lead est profond et il faut creuser, comme je l'ai déjà dit, jusqu'à une profondeur de 80 pieds. A mesure que l'excavation devient plus profonde, il faut étayer la terre au moyen d'un cadre formé de pièces de bois appelés laths. Tant que le mineur creuse dans la glaise, l'eau ne lui nuit pas, mais dès qu'il a traversé les couches argileuses, l'eau jaillit en abondance, et le percement est interrompu jusqu'à ce que des pompes mues par des roues (water-ivheels) ou des engins soient posées dans les shafts. Quand le mineur a frappé le roc, il y pratique un petit puits pour les pompes, et le shaft étant complètement à sec, les hommes y descendent pour ouvrir des galeries appelées drifts dont la hauteur est de 6 pieds et la largeur de huit. Dans chaque puits il y a généralement de Y à 8 galeries, et dans chaque galerie deux hommes, le piqueur et le brouetteur. Le piqueur
piquo le gravier et brise le bed-rock dans les fissures duquel est logé le précieux métal. Le brouetteur charroie le gravier à l'ouverture du puits, d'où il est enlevé dans de larges seaux nommés tubs, à l'aide d'un engin ou d'un élévateur (weam) mis en mouvement par un cheval. A mesure que les mineurs avancent sous teire, ils posent au-dessus de leurs têtes des laths supportées par des poteaux. Quand il y a un certain espace d'ouvert, le brouetteur n'envoie plus par les tubs que les morceaux de bed-rock et une épaisseur d'un pied de terre reposant sur le fonds, qui est la meilleure alluvion, et il remplit une partie du vide avec les grosses pierres et le gravier supérieur réputé pauvre.
Les mineurs se servent, pour s'éclairer sous terre, de chandelles de suif, parce que ces chandelles peuvent être déplacées plus aisément que des lampes à pétrole. D'ailleurs l'eau qui filtre continuellement de la voûte des galeries, ainsi que le peu d'air qu'il y a dans la mine rendraient impossible l'usage des lampes ordinaires. La lampe électrique seule pourrait y être utilisée.
Il y a actuellement dans la berge nord de la Gilbert une lisière de terrain longue de 9000 pieds et large de 200 sillonnée en tous sens par des souterrains, véritables catacombes qu'on agrandit tous les jours, et qui sont très intéressants à visiter.
Le lavage de l'or se fait de plusieurs manières, mais les méthodes les plus en usage dans ces mines sont celles dites procédé hydraulique, {hydraulic), de la dalle {sluice) et du pulvérisateur {puddling machine).
M. William P. Blake, dans un rapport sur les mines d'or de la Géorgie, décrit le procédé hydraulique, et voici la traduction de ce qu'il en dit, telle que publiée dans le Rapport de Progrès pour 1863 :
" Dans cette méthode on se sert de la force d'un jet ' d'eau, sous une grande pression, pour faire des exca* ' rations dans la terre aurifère et pour la laver. L'eau ' sortant en jet continu, avec beaucoup de force, d'un 4 grand tuyau, comme celui d'une pompe à incendie, 4 est dirigée contre la base d'un banc de terre ou de 4 gravier, et le sépare avec violence. Ce banc est 1 rapidement enlevé, et le gravier détaché est débar- 4 rassé de toutes les particules d'or qui y adhèrent, et 1 le sable fin et l'argile sont emportés par l'eau. De 1 cette manière on peut enlever des centaines de ton- 4 neaux de terre et de gravier, et tout l'or qu'ils con- 4 tiennent est ramassé avec beaucoup plus de facilité 4 et plus vite que dix tonneaux ne pourraient être en- 4 levés et lavés d'après l'ancienne méthode. Toute la 4 terre et le gravier d'un dépôt sont enlevés, lavés et * emportés dans de longs canaux par l'eau, laissant 4 l'or. Des arpents entiers de terre sur le côté des ' montagnes peuvent être ainsi transportés dans les 4 vallées sans l'aide du pic ou de la pelle. L'eau fait 4 tout le travail, enlevant et lavant la terre dans la 4 même opération ; pendant que dans l'excavation à 4 main d'oeuvre les deux procédés sont entièrement 4 distincts. La valeur de cette méthode et le rapport 4 de l'or comparés à l'ancienne peuvent à peine s'éva- 4 luer. L'eau agit constamment, avec un effet uniforme,
11 et peut être projetée presque partout, même ou îa terre " pourrait être couverte d'arbres ou de racines enche- " vêtrées Dans de telles places le jet d'eau lave la terre " et tout l'or qui a pu adhérer aux racines se trouve u ainsi emporté. Avec une pression de soixante pieds, " et un tuyau d'un à deux pouces de diamètre, plus de " mille boisseaux de terre peuvent être lavés d'un banc " dans un jour. La terre qui ne contient qu'un vingt- " cinquième de grain d'or équivalant à $ 002 par bois- " seau peut bien être lavée de cette manière avec pro- " fit ; et toute terre ou gravier qui pourra payer les " dépenses selon l'ancienne méthode, rend des profits " énormes par ce nouveau procédé. Pour laver avan- " tageusement de cette manière, on a besoin de beau- " coup d'eau, et d'un niveau de cinquante à quatre- " vingt dix pieds au-dessus du lit qu'on lave, et d'une " pente rapide depuis la base de la terre à laver, pour " que l'eau puisse s'écouler dans les canaux, emportant " le gravier, le sable et l'argile."
M. James Bailey, un* ancien mineur, qui a travaillé longtemps dans les mines d'Australie, a décrit dans un petit ouvrage sur les mines de la Beauce la dalle et le pulvérisateur :
" LA DALLE (SLUICE),
" Une sluice estformée-d'un certain nombre de longues " boîtes ouvertes aux deux bouts. Ces boîtes ont généw ralement de. douze à quatorze pieds de longueur, et " leurs côtés à peu près douze pouces de hauteur, faites
*l en madriers d'un pouce et demi d'épaisseur, dont " un bout plus étroit, pour leur permettre de s'ajuster " l'une dans l'autre, à environ quatre pouces des bouts, f Des morceaux de bois sont cloués sur les côtés de ma- | nière à former une coulisse dans laquelle un râtelier f de trois pouces d'épaisseur est introduit, qui a pour r objet d'arrêter le sable et l'or. On se sert de sluices de r différentes longueurs. Où il y a peu de glaise dans le u gravier, dix ou douze longueurs de boîtes sont suffisan- ** tes. Quand l'or est très fin, on ajoute deux ou trois Ionf gueurs de boîtes construites différemment, et elles ont <{ alors un double fond formé de blocs de bois hauts de f quatre pouces. Ces blocs doivent avoir un pouce plus " étroit que les boîtes, et quand ils sont dans la boîte, il " doit y avoir un espace d'un demi pouce entre chaque F bloc, et autant entre les côtés de la boîte et les blocs. " Un morceau de bois enclavé et cloué entre les blocs et r les côtés, empêche les blocs de glisser. Les coins des " blocs sont rognés de trois pouces, laissant des espaces r triangulaires sur les côtés de la dalle. Ces dernières p sont réputées utiles à sauver l'or le plus fin, et il y a r des compagnies qui les trouvent aussi efficaces que le r vif-argent."
" PULVERISATEUR (PUDDLING MACHINE).
" Un site étant choisi sur une position élevée, de ma* V nière à ce qu'il y ait un bon écoulement pour les dér chêts, pouvant fournir de l'eau à l'aide d'un fossé ?* ou d'une pompa, aussi proche de la glaise que possible,
" Vous décrivez alors un cercle de 30 pieds de diamètre ; " du même centre décrivez un second cercle de 12 pieds " plus petit ; entre ces deux lignes, vous creusez, à une " profondeur de trois pieds et six pouces, ce qui formera " une tranchée circulaire dont le fond sera d'un pied plus " étroit que le haut. Des morceaux de bois, de trois à " quatre pouces carrés, sont placés sur les côtés et le " fond de la tranchée, sur lesquels sont fixés des douves " de bois ; les douves des côtés étant mises les premières* " on doit avoir soin de leur faire de bons joints. Un bloc " de bois de dix pouces de diamètre est solidement atta- " ché au centre, par une tige de fer. On fait une croix " de bois, d'environ 6 pouces d'épaisseur et 28 pieds de " longueur, qui donnent des bras de 14 pieds, dont un " bras est 3 pieds plus long que les autres bras, auquel " est attachée une tige de fer. Quatre herses faites " d'arbres en forme de V et armées de fortes dents de fer " de 8 ou 10 pouces de long, sont fixées aux bras de la " croix. Un petit canal introduit l'eau dans l'appareil " et dans le flanc de la tranchée du côté où le terrain " s'abaisse, on enlève une douve qu'on remplace par " d'autres douves de six pouces seulement. Ces der- " nières sont placées de manière à pouvoir être enlevées " pour laisser passer les déchets.
" On emplit d'eau la tranchée jusqu'à moitié et après " y avoir jeté à quelque distance les unes des autres " plusieurs charges de glaise, on fait tourner la machine M à l'aide d'un cheval. L'action des herses est de détrem- " per la glaise et de la mêler à l'eau. De temps à autre u on arrête le cheval et on enlève une des petites douves
11 pour laisser couler la partie supérieure des déchets " mêlés à l'eau."
Depuis deux ans, les recherches qui avaient été abandonnées sur les rivières " Des Plantes " et a Du Loup," ont été reprises, et, l'expérience aidant, les anciens lits de ces rivières ont été trouvés. MM. Mathieu, Bérubé et G-endreau, sur la " Des Plantes," ont découvert un placer qui donne les plus belles espérances. M. A. McKenzie travaille sur les bords de la même rivière dans les flancs de la montagne où il emploie le procédé hydraulique, avec grand succès.
M. Humphrey, représentant l'honorable Morton, ex-contrôleur de Son Excellence le Marquis de Lorne, a extrait, durant l'été dernier, une très grande quantité d'or, avec un petit nombre d'hommes, et ce monsieur va exploiter, l'été prochain, ses terrains par la méthode hydraulique. Il doit prendre les eaux de la rivière à une distance de sept milles et les amener le long des flancs d'une montagne qui leur donnera un niveau de 150 pieds et conséquemment une pression formidable.
M. Kennedy a percé un shaft sur la rivière " Q-osselin," dans le township de Tring et a frappé l'ancien cours. De grands travaux y seront exécutés le printemps prochain.
Sur la rivière " Cumberland " MM. Beemer et Richards ont creusé un shaft de 60 pieds de profondeur, pratiqué un fossé (ditch) de 1200 pieds, érigé de nom-
breuses constructions, et l'or extrait par le lavage qui a été fait, l'automne dernier, témoigne hautement de la richesse de cette rivière.
Sur plusieurs autres cours d'eau à des endroits où le lead est traversé par le lit actuel, de l'or a été trouvé principalement sur les rivières " Du Moulin,'' " Noire," les ruisseaux " Caron," " Demeules," à Saint- François, sur lesquels M. Kempton, de Boston, a commencé des fouilles ; sur les rivières " La Famine," " Stafford, " " Pozer, " à Saint-Greorge ; les rivières M Abénakis " et " Veilleux, " dans le township de Watford ; les rivières " Metgermette," " Traveller's Rest " et u Du Portage " dans les cantons de Linière et de Metgermette ; la rivière " Samson," dans Marlow ; sur la rivière " Grande Coudée " et ses tributaires dans les townships de Shenley et de Dorset. Je n'hésite pas à dire que, lorsque les anciens lits de ces rivières auront été trouvés, des fortunes immenses en sortiront, et le lead de la rivière Chaudière dont je n'ai guère parlé jusqu'à présent, sera celui qui devra fournir le plus grand contingent, car les mêmes veines de quartz qui, à une époque hypothétique, ont donné l'or dans les anciens cours d'eau dont j'ai constaté plus haut la richesse, sillonnent toutes la Chaudière. Encore une fois, je dirai à tous ceux qui veulent s'occuper de l'exploitation des mines dans cette région, de chercher les rivières disparues jadis, et qui sous les forêts vierges roulaient des millions dans leurs ondes écumantes.
Je n'ai pas besoin de faire de grandes démonstrations
scientifiques, pour prouver que les rivières de la Beauce, qui coulaient sur le roc silurien inférieur, ont presque toutes quitté leurs lits primitifs puisqu'elles coulent aujourd'hui sur la glaise, et le fait de rencontrer le gravier aurifère à des distances incroyables des eaux actuelles, le prouvent abondamment. D'ailleurs, en plusieurs endroits, notamment sur la Grilbert, des mineurs, en faisant des excavations, ont trouvé des troncs d'arbres parfaitement conservés, entre autres celui d'un pin, mesurant 40 pouces de diamètre, au fond d'un puits de 56 pieds de profondeur, sur le lot numéro 6 de la concession "St Charles."
Par le volume de gravier aurifère qui se trouve sous la glaise, le long des rivières Grilbert, Cumberland, Du Loup et Des Plantes, on voit que les anciens cours de ces rivières étaient très considérables. Le vieux lit de la Grilbert, par exemple, atteint une largeur variant de 700 à 800 pieds pendant que son cours actuel en a à peine 40 ; et, par la profondeur du chenal creusé par Faction de Feau dans le roc sur lequel repose le gravier, il est évident que les rivières primitives ont dû couler pendant des millions d'années avant la formation des cours d'eau actuels, qui est relativement récente. TJn fait digne de remarque, c'est que la glaise qui recouvre les leads, est formée de petites couches ne renfermant aucune pierre, et douces au toucher, pendant que celle qui se trouve entre les nouvelles rivières et les anciennes est très rocailleuse.
Ce que j'ai dit des rivières de la Beauce qui ont dû être comblées, il y a des centaines de siècles, par les
débris des montagnes et des ravins bouleversés par les tremblements de terre ou par quelques autres catastrophes inconnues, s'applique à toute cette étendue de terrain aurifère qui s'étend jusqu'au district de St. François, et l'époque n'est peut-être pas éloignée où tontes les anciennes rivières depuis Gaspé jusqu'à la frontière du New-Hampshire seront exploitées.
^ Je ne crois pas aller trop loin, vu la grande quantité d^or déjà extraite dans le district de St. François, en disant que toutes les rivières entre ce district et celui de la Chaudière, seront trouvées aussi riches que la Gilbert et Little Ditton, et comme il n'y a que ces deux rivières qui aient été suffisamment explorées, on peut raisonnablement le supposer.
La ressemblance générale des roches et du sol de toute cette contrée rend plus que probable ce que j'avance.
Dans les townships de Lambton, de Forsyth, de Dôrset, dans les comtés de Stanstead, de Sherbrooke et de Compton des échantillons de quartz et de pyrite de fer tirés du schiste argileux de la série silurienne inférieure ont donné des traces de l'or ; et, comme, d'après la théorie de Sir R. J. Murchison, l'or a été primitivement placé dans les parties supérieures des veines de quartz les plus voisines de la croûte extérieure de la terre, on peut présumer que les filons du terrain silurien supérieur qui se rencontre au sud-est de la rangée des Montagnes Vertes devront fournir beaucoup d'or. Quelques unes des veines de quartz aurifère que l'on découvre le long de la Chaudière et du Saint-François
étaient jadis recouvertes par des couches supérieures qui ont disparu par la dénudation, par l'action des euux, peut-être même par le frottement des icebergs qui, d'après les savants, ont dû flotter sur les eaux d'un océan sans bornes du sein duquel émergea, un jour, l'Amérique du nord, ce qui expliquerait la présence de l'or dans les lits des rivières qui auraient charrié le quartz réduit en poussière et retenu le précieux métal à cause de sa gravité spécifique.
Maintenant que j'ai donné des détails assez étendus sur les dépôts alluviaux de cette région, il me faut parler de ses veines de quartz.
Jusqu'à présent les travaux faits pour déterminer la richesse du quartz aurifère ont été insuffisants. Les capitaux que nécessite l'exploitation des veines, étant très considérables, personne n'a osé tenter l'entreprise. Toutefois je puis mentionner ici quelques veines dans lesquelles l'or a été trouvé en assez grande quantité. La veine du kt Rapide du Diable," sur la Chaudière, dont la plus grande partie appartient à M. J. Blanchet, avocat, de Québec, sur laquelle les célèbres Poulin ont ramassé, dans l'espace de deux heures, 12 oz. d'or.
L'affidavit suivant sera suffisant pour prouver la richesse de cette veine.
Nous, soussignés, Joseph Poulin et Féréole Poulin, de la paroisse de Saint-François, cultivateurs, anciens mineurs, déclarons solennellement que nous avons recueilli à l'endroit appelé " Rapide du Diable," sur une veine de quartz traversant la rivière Chaudière, dans l'espace de deux heures, douze onces d'or, que
quelques uns des échantillons, trouvés solides dans la veine, pesaient une demi once, et nous faisons cette déclaration solennelle, la croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l'acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté, intitulé: "Acte pour la suppression des serments volontaires et extra judiciaires."
En foi de quoi nous avons signé.
Joseph Poulin.
Féréole Poulin.
Assermenté devant moi, à Saint- François, Beauce, ce vingtunième jour de décembre, mil .
huit cent quatre-vingt. j
P. Bélangee, J. P.
(Vraie copie)
La veine de MM. Home et McDonald, dans la concession Saint-Charles, a Saint-François, qui, d'après des essais mécaniques faits par des personnes compétentes, a été jugée très riche, bien que l'or n'y soit pas visible à l'œil, enveloppé qu'il est dans les pyrites de fer et de cuivre, et dans le peroxide de magnés. La veine de M. Humphrey, à Saint-George, qui contient de l'or solide et bien distinct à l'œil nu. Une veine sur le numéro 1 du chemin de Kennébec, la propriété de MM. G-ibb Ross et Campbell, et une autre sur le lot A du même rang, dont une partie appartient à M. W. Russell, de Québec, et l'autre au gouvernement provincial, pour lequel des capitalistes ont fait des offres con-
sidérables. La veine de M. Asher, de Montréal, sur le lot numéro 18 de la concession " De Léry ".
Pour donner une idée aussi exacte que possible de la valeur du quartz de la Beauce, je dois mentionner ce qu'en disait M. Michel, le savant que j'ai déjà nommé, dans son rapport de 1866, au Bureau Géologique du Canada.
" Vaudreuil. — Sur le lot 83 du 1 rang nord-est de cette seigneurie est une veine de quartz courant nord nord-est avec un plongement sud-est. Sur cette veine, au temps de ma visite, un puits a été creusé, cinq pieds par douze, à une profondeur de 60 pieds, montrant une distance de douze pieds entre les murs d'argile ardoisée. La masse n'était pas homogène, mais composée d'un réseau de petites veines de quartz imprégnées d'oxyde de fer, et séparées par ce qui paraissaient être les portions du roc-mur (wall-rock). J'ai été depuis informé que ces veines se réunissaient pour ne former qu'une seule veine. On dit qu'un essai d'une portion de ce quartz envoyé à Boston a donné $37 par tonne, pendant qu'un autre essai fait sur les lieux, par M. Colvin, a donné $106. Un essai mécanique par le broyage et le lavage de vingt livres de quartz dont je vous envoie un spécimen m'a donné 5 parcelles d'or.
Une puissante veine de quartz court nord-est à travers le lot 21 de la concession Saint-Charles, avec une légère pente au sud est. Une excavation de sept pieds par vingt a été creusée ici à une profondeur de dixhuit pieds et l'argile ardoisée adjacente était seulement visible sur le côté sud-est de la veine dont l'épaisseur
est ici de dix-sept à dix-huit pieds. Elle est séparée par des matières formées de terre et d'ochre, mais qui semblent plus compactes vers le fond. J'ai remarqué vers le côté nord de l'excavation une veine de matière brune en décomposition, épaisse de 4 à 12 pouces et parallèle à la veine de quartz. Ce quartz essayé à Toronto, rapporta, dit-on, $136 d'or par tonne et un autre essai fait par M. Colvin rapporta $54. Mais l'examen fait par le Dr A. A. Hayes de Boston sur le quartz de cette veine donna $77.56 d'or et $2.55 d'argent par tonne. Après mon passage en octobre le puits fut creusé jusqu'à 30 pieds, mais à mon retour, en janvier, l'ouvrage était interrompu de sorte que je n'en pus examiner le fond. Les spécimens envoyés avaient été recueillis en octobre.
$ur le lot numéro 62 du premier rang nord-est, on a trouvé une veine de quartz qui fait saillie et on n'en a enlevé que quelques pieds d'une manière bien superficielle. La largeur de cette veine était de 4 à 5 pieds» mais comme elle ne fut ni découverte ni examinée, il fut impossible d'en déterminer la direction. Un examen de ce quartz fait à New-York donna, paraît-il, $15 en or et $22 en argent par tonne, mais dans l'examen de M. Colvin, il ne donna pas moins de $106 par tonne- Je vous ai envoyé un spécimen de ce quartz.
Une ouverture de deux ou trois pieds de profondeur pratiquée sur le lot 19 de la concession Saint-Charles mit à nu une veine de quartz en glaise ardoisée, dans la direction du n. e. avec un détour vers le sud-est. La Yeine a une épaisseur de 24 pieds à sa naissance, et elle
est interrompue par des joints irréguliers comme sur le lot 21. L'examen fait de ce quartz par le Dr Hayes a donné $70.95 d'or et $20 d'argent par tonne.
Deux autres veines de quartz se dirigeant e. n. e. m'ont été indiquées sur le lot 21 de la même concession. Comme le puits d'exploration creusé sur la rive droite de la Gilbert s'était écroulé et comblé en partie, je ne pus examiner la veine sur ce point. L'autre veine sur la rive gauche n'avait encore subi aucun examen. Un spécimen de quartz de la rive droite a donné, me dit-on, $40 d'or par tonne.
La veine de quartz qui traverse la rivière Gilbert, sur le lot 20 de la concession " De Léry " semble être la continuation de celle que nous avons déjà rencontrée sur le lot 19 de la concession " Saint-Charles." Elle a été examinée sur la rive droite par une excavation où la veine avait une largeur de sept ou huit pieds entre ses deux murs de glaise ardoisée. Sa direction est n. e. avec un détour vers le sud-est et où elle ressort elle est séparée par des matières pierreuses en deux veines distinctes qui tendent à se réunir plus bas Le quartz de cette veine est caverneux et les autres matières dans cette veine sont ocreuses ainsi que celles qui l'entourent. Sur la rive gauche de la Gilbert l'examen fut fait au moyen d'une ouverture dans le flanc du coteau, où la veine fut rencontrée comme avant, divisée en deux parts, mais moins imprégnée d'oxyde de fer. On a trouvé de l'or d'alluvion dans le gravier de cette ouverture. Par l'examen mécanique de pulvérisation et de lavage auquel je soumis 20 lbs. de quartz de la
rive droite je trouvai 20 parcelles d'or visibles à l'œil nu. On m'assure que l'examen du Dr Hayes sur ce quaztz dont je vous envoie un échantillon adonné $16 ou $18 par tonne."
Aux citations que je viens de faire j'ajoute des extraits du Rapport de Progrès de la commission géologique du Canada, et de celui de M Alfred Selwyn pour 1871 dans lequel le lecteur trouvera des observations scientifiques qui méritent la plus grande attention, et 1 idée que ce géologue émet, dans une partie de son rapport qui n'est pas publiée ici, tendant à dire qu'il peut se trouver des dépôts alluviaux très riches à la Nouvelle-Ecosse, quoique jusqu'à présent l'or ne s'y trouve que dans le quartz, justifie l'opinion des mineurs qui croient que l'on découvrira de riches dépôts dans les veines de la Beauce, bien que l'or n'y soit recueilli actuellement que dans l'alluvion.