MINERAIS DE FER
Les minerais de fer de la province de Québec sont très abondants et de bonne qualité ; cependant vu l'absence de combustibles minéraux, ainsi que les faibles droits d'entrée imposés sur les fers étrangers, ces minerais ne sont pas exploités ou le sont dans une très faible mesure. Actuellement, il n’y a que deux compagnies qui fondent le minerai de fer des marais au charbon de bois : les forges de Radnor avec un haut-fourneau, situées sur la rivière au Lard, à 30 milles au nord de Trois-Rivières et celles de Drummondville avec deux hauts-fourneaux sur la rive gauche de la rivière St-François, dans le canton de Grantham (Drummond.)
. Actuellement, les droits d'entrée sur la fonte sont de $4.00 par tonne de 2,000 livres ; de plus, le gouvernement fédéral accorde un bonus de $1.00 par tonne de fonte fabriquée avec du minerai canadien, (2) soit une protection de 85.00 par tonne de 2,000 livres, ou $5.60 par grosse tonne. Le droit d'entrée sur le charbon bitumineux et le coke est de 60 cts par tonne, tandis que l’anthracite est admis en franchise.
Nous estimons que le moyen le plus profitable d'exploiter nos mines de fer serait d'exporter le minerai à l’état brut. fn n’y a pas de doute que les Etats-Unis, qui consomment par an des millions de tonnes de minerai, nous seraient un marché très profitable, tout en considérant que la valeur du meilleur minerai de fer rendu au fourneau ne dépasse pas $8.00 par tonne, ce qui oblige à des transports à de courtes distances ou très économiques.
Le minerai de fer a été reconnu dès les premiers temps de la colonie frauçaise. En 1737, le roi de France, Louis XIV, autorisa la “ Compagnie des forges” à exploiter et à fondre le minerai dans la seigneurie St-Maurice et le fief St- Etienne, dans le voisinage de Trois-Rivières, Cette on he a commença de suite son exploitation et établit les forges de St-Maurice. es établissements, après avoir plusieurs fois changé de propriétaires, tant sous le régime français pe sous le régime anglais, devinrent en 1861 la propriété de M. John McDougall, .-de Montréal, qui les exploita jusqu'en 1883, époque à laquelle ils furent définitivement abandonnés par suite de la rareté du minerai et du combustible, On
il ) Rapport de la Commission Gtologique d'Ottawa, 1866-69 (T. Sterry Hunt) 1873-74, (B. J, Harrington.) The manufacture of iron in Canada. (J. H. Bartlett.)
(2) Ce bonus sera porté à $2 du ler juillet 1892 au 30 juin 1897.
peut dire que ces forges sont les plus anciennes du demi-continent nord-américain. Elles sont aujourd'hui la propriété de M. McDougali de Trois-Rivières.
En 1793, un haut-fourneau avec forges fut établi dans la seigneurie de Batiscan, près de la rivière du même nom, mais fut abandonné au bout de quelques années.
n 1860, MM. Larue & Cie établirent les forges de Radnor, sur la rivière au Lard, dans la seigneurie du Cap de la Madeleine. Cet établissement comportait un haut-fourneau avec fours de carbonisation pour fabriquer le charbon de bois, ainsi que des forges et laminoirs. La compagnie s'était adjoint à Trois-Rivières une fonderie pour les roues de wagons de chemins de fer. Le haut-fourneau et les fonderies, propriété d’une autre compagnie, sont encore en exploitation et foyrnissent des roues très appréciées. On a pu voir, à l'exposition internationale de Londres en 1862, une paire de roues ayant marché 150,000 milles, venant de cette fonderie. Au commencement de 1890, les fourneaux et fonderie sont devenus la propriété de la “ Canada Iron Furnace Co.”
M.J. McDougall a construit, à peu près dans le même temps, un autre hautfourneau connu sous le nom de forges de l’Tlet à peu de distance de la rivière St- Maurice, dans la même seigneurie.
En 1869, un autre haut fourneau fut construit près de la “ rivière aux Vaches” dans le comté d'Yamaska, lequel a fonctionné jusqu’en 1880. |
En 1880, deux autres hauts-fourneaux furent construits par MM. J. McDougall & Co., à Drummondville sur la rivière St-François, canton de Grantham, (Drunmond) ; ils sont encore aujourd’hui en exploitation.
Dans tous ces hauts-fourneaux le minerai traité est le minerai de fer des marais (iron bog ore), très abondant dans ces régions, exploité à peu de frais et tenant environ de 40 à 50 de fer, On employait comme combustible le charbon de bois.
En 1867, une compagnie de Montréal (* Canada Zron Mining & Manufacturing Co”) construisit un haut-fourneau à Hull, près d'Ottawa, en vue d'utiliser un très important dépôs de fer magnétique, Ce haut-fourneau n’a foncetionné que quelques années.
En 1873, la compagnie,“ Canadian Titanic Dron Co.” construisit à St-Urbain, comté de Charlevoix, deux hauts fourneaux, pour exploiter un gisement considérable de fer titanique. Ces hauts fourneaux étaient chauttés au charbon de bois et reliés à la Baie St-Paul par un petit chemin de fer: ils n'ont fonctionné que fort peu de temps, n'ayant pas donné de résultats économiques avantageux.
En 1867, la compagnie dite “ Zron Moisie Co.” construisit à Moisie (Saguenay) des fourneaux ouverts pour traiter le sable magnétique, très abondant sur la côte nord du Golfe St-Laurent. En vue d'utiliser les produits de ces fourneaux, . une forge et des laminoirs furent établis à Montréal, taille qu'à Québec on projetait une manufacture d'acier devant être obtenu directement du sable par le procédé Labrèque Viger. Le sable était séparé des impuretés par le procédé du Dr H. Larue. Ces établissements demeurèrent en exploitation jusqu'en 1876, ayant fourni des produits de premier choix mais sans aucun bon résultat financier, par suite de l'élévation des droits aux Etats-Unis.
En 1872, des fours ouverts furent établis par la compagnie “ Haycock Iron Co,” près d'Ottawa, pour exploiter un gisement de fer magnétique. Le travail n’a duré que quelques années. Les mines et les forges sont actuellement la propriété de la compagnie : “ Ottawa Zron & Steel Manufacturing Co.”
Enfin, en 1881, la compagnie “ Canadian Iron & Steel Co,” de Montréal fit des
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essais à Hochelaga, près de Montréal, pour fabriquer directement du fer avec le minerai à l’aide du procédé du Dr Geo. Duryee, et en utilisant comme combustible le pétrole. Différents minerais de la province y furent traités, mais ces essais ne paraissent pas avoir Bt un succès, car les travaux sont abandonnés.
Ainsi qu'on le voit, de tous les essais faits dans la province pour la métallurgie du fer, les forges de Radnor et de Drummondville sont les seules qui subsistent encore. L'insuccès de ces entreprises, en dehors des questions financières, paraît être dû, ainsi que dit plus haut, à l'éloignement du combustible et à la question des tarifs de douane.
En 1885, une mine de fer magnétique mélangé d'hématite, située dans le canton de Bristol, (Pontiac), fut mise en exploitation par la “ Bristol Zron Co.” dans le but d’expédier le minerai aux Etats-Unis. Ce minerai contenant une forte proportion de pyrite, on a du construire des fours de grillage qui paraissent ne pas avoir donné de résultats satisfaisants, car à la fin de 1889, la compagnie a. conclu des marchés pour expédier le minerai brut aux Etats-Unis.
Jusqu'à nouvel ordre, le moyen qui nous paraît le plus sûr de tirer des profits de l'exploitation du minerai de fer serait de l’expédier à l'état brut à l'étranger, après y avoir trouvé des marchés suffisants,
Dans la province de Québec, le fer est trouvé à l'état de fer magnétique (en roches ou en sable,) de fer oligiste (compact on spésuluire,) de fer des marais (bog ore.)
Sous le même titre, nous étudierons Le fer tit nique, le fer chronique, et la pyrite de fer.
MINERAIS DE FER MAGNETIQUE ET OLIGISTE.
Nous diviserons ces minerais en deux groupes : lo ceux de la formation laurentienne, qu'on trouve dans les comtés de Pontiac, Ottawa, Argenteuil, Terrebonne, St-Maurice, ete. et sur la côte nord du Golfe St-Laurent, sous forme de sable magnétique.
20 Ceux des Cantons de l'Est, qui se rencontrent particulièrement dans les roches altérées du groupe de Québec (formation Cambrienne et Précambrienne) notamment dans les comtés de Sherbrooke, Brome, Wolfe, Beauce, Mégantic, ete.