GAZ COMBUSTIBLE NATUREL
I y à déjà très longtemps que l’on à constaté en différents points du globe l'existence du gaz naturel, mais son utilisation industrielle en grand ne date guère que de 1882-83, époque où efle prit naissance aux Etats-Unis, dans l'Etat de Pennsylvanie, et depuis, cette industrie n’a fait que se développer au point de jouir aujourd'hui d’une importance considérable.
Dans lu province de Québec, ce gaz est signalé depuis nombre d'années dans la vallée du St Laurent, notamment anx environs de Louiseville. On a aussi constaté sa présence aux endroits suivants : Chambly, Maisonneuve, la Longue- Pointe, Varennes, St. Barnabé, Contrecœur, St. Henri, l'Epiphanie, St Paul, St, Cuthbert, St. Léon, Ste. Anne de la Pérade, Québec (Pointe au Lièvre), l'Acadie, (près St. Jean), St. Sulpice, St. Barthélemi.
Au mois d'août 1650, MM. Piret et Genest, de Trois-Rivières, creusèrent près du village de St. Maurice, (rang St, Alexis), un puits qui traversa 54 pds de glaise et de gravier en suivant un espèce de conduit en glaise durcie, lequel se conscrve encore au Musée Géologique d'Ottawa. À cctte profondeur on frappa le calcaire de Trenton sans aller plus loin.
Dans le voisinage, sur le même rang St. Alexis et celui de St. Martin, les cultivateurs, en posant des tuyaux pour l'eau, trouvent fréquernment des dégage: ments abondants de gaz accompagnés d'eau sulfureuse, à des profondeurs varia-+ bles de 40 à 60 pds.
Dans cette même année 1880, M. l'abbé Laflamme fit à Louiseville une conférence sur ce sujet en s'écluirant avec du gaz recueilli dans le voisinage et fit ainsi constater la possibilité de l'utiliser.
En 1883, MM. Renaud frères et Dubois pratiquèrent un sondage jusqu’à la roche à une profondeur de 70 pieds sur leur propriété (No 3 du cadastre de St Henri de Mascouche). Ils obtinrent une violente sortie de gaz mais ne purent continuer les travaux, faute de moyens.
En 1885, M. Poirièr, de St. Grégoire, (Nicolet) forma une petite compagnie qui entreprit un sondage dans de bonnes conditions sur la propriété de M. H, Trudel (No. 501 de la concession Beauséjour). Le sondage fut poursuivi jusqu’à 1,115 pieds, et une assez grande quantité de gnz fut obtenue à différentes profondeurs, ainsi que le montre la coupe suivante :
Q) Rapport du Commissaire des Terres de la Couronne, 1887,
Gees
| Len na
De 6 à 75pds 75 pds. Claise et sable avec quelques veines de gaz sans odeur et un peu d'eau.
75 à 215 “ 140 “ Grès légèrement calcaire.
215 à 640 “ 425 “ Schistes rouges et bruns, tendres, avec dégagement abondant de gaz ayant l'odeur de kérosine, à 416, 370, 580, 640 pds; la veine de 580 étant la plus abondante.
640 à 820 “ 180 ‘ Calcaire impur, huileux en bas, veine de gaz à
820 pds.
820 à 1:115 “ 255 “ Schiste noir compact.
D'après les derniers renseignements, le gaz se dégage encore actuellement.
Enfin, en 1886, à la session de la législature provinciale de Québec, une comprgnie canadienne obtenait, sous le nom de “Compagnie de gaz combustibles, ”
e privilège exclusif d'exploiter et d'utiliser, pour une période de 10 années, les gaz naturels dans la province de Québ:c. A la session de 1887, la durée de ce privilège fut étendue à 15 ans.
Cette compagnie pratiqua en 1887, un sondage de 1,500 pieds à Maisonneuve, près de Montréal, et 4 autres sondages de 500 à 600 pieds à Louiseville (Maskinongé). On obtint de tous ces travaux du gaz en assez grande abondance, et on l’a mêine utilisé jusqu’à cette année pour chautfer la chaudière à vapeur de la compagnie de l’aquedue de Louiseville,
Je donne ci-dessous, d'après M. l'abbé Laflamme, la coupe géologique des puits à gaz de la Province.
No, 1 Purrs DE MAISONNEUVE (1,500 pds.)
RTS SP de rage die dat LOT A EL UCE Ho ae RE A ASE AE à 76 pds.
Calcaire de Trenton.—Calcaire. .................., 160 “ L ff LT RP EN PRE RENE EG al SE 270 ‘ di t CA Re Rte 400 À LC Calcaire et schiste.....,..... 400 F $ Hate-snloe DEA RTE 630 ‘ 1 1 CAICRILE CRE EEE fs à é Calcaire et schiste pétrolifère. di \ & Calcaire et pyritr de fer...... s:
S fe Gaz et eau sulfureuse........ 1,150 " de CaldAiTe pu, RUES ñ L ! Calcuire arenacé....,......., f
Purrs DE LOUISEVILLE,
Pds. Pds. Pds. Pds.
Puits No. 2—545, No. 3—-295, No. 4—-695, No. 5—300
Terrain superficiel. ................, td Lu 45 Schistes d'Utica...........,........ 125 165 160 Formation de Hudson)|Gaz et enu salée, 210 220 210
River et Utica. , | do . 260 295 260 Calcaire de Trenton...,............ AN SK AT 1 à. RARES RS NET
Le No. 5 est à 150 pds. du No. 3, et a présenté la même conformation.
sans
Purrs DE ST. GRÉGOIRE. (1,115 pds.) Terrain superficiel. .............................. à O0 pds
CES CNET, LE tre MT Net 75 “ 8e apr PP ER EPA SALE AA PE PAL AN | Schiste rouge de Médina|Gaz...... APN NEA, BE be gd: |." NPPER MIRE ACER : Dis Formation de Hudson|Calcaire inférieur magnésien... 640 “ River. Schiste noir................. 820 “
Dans son rapport sommaire de 1887, M. A. R. C. Selwyn, directeur de la Commission Géologique d'Ottawa, dit au sujet du gaz et du pétrole. “Je consi- “ dère comme très probable l'existence de tels réservoirs sur la côte Sud du Saint “ Laurent, dans lu région comprise entre le lac St. Pierre et St. Hyacinthe, “spécialement le long de la partie centrale de la ligne indiquée par Sir W. Le Login comme la course de l'anticlinale de Desrhambault, ow dans son voisi- “ nage.”
Et ailleurs, il ajoute : “ Dans tous les cas, c'est là ume question d'une grande “importance dont la solution n'entrainerait que de faibles dépenses. ”
En 1863 et 1866, Sir W. Logan et le Dr Sterry Hunt signalaient la possibilité de trouver du pétrole dans le calcaire de Trenton.
Le puits de St. Grégoire, mesuré en 1887 par M. Coste, donnait 50 mille pieds cubes de gaz par 24 heures et on avait constaté que le puits fermé pendant une heure donnait au manomètre une pression de 350 livres au pouce carré.
En jetant un coup d'œil sur la carte géologique de la province, on remarque que la vallée du fleuve entre Québec et Montréal est formée de calcaires de Trenton surmontés de schistes d'Utica, Hudson River et Médina, le tout recouvert d’une couche alluviale moyenne de 50 à 80 pieds, atteignant parfois 120 et même 160 pieds. En plusieurs points de la côte Nord, ces formations affleurent et sont visibles,
‘mais le plus souvent elles sont recouvertes d’alluvion. Sur lu côte Sud, on a peu
de données sur ces forinations ; peut-être sont-elles recouvertes par d'autres. Quoiqu'il en soit, on a reconnu dans la région au sud de Trois-Rivières des schistes rouges qui paraissent appartenir à la formation de Médina. Le sondage de St. Grégoire a été précisément fait sur ces schistes, et on n’a pas encore frappé le calcaire de Trenton. La formation indiquée sur la carte géologique pour la côte Sud est quelque peu hypothétique, tant par suite du défaut de sondages qu'à raison de l'épaisseur des couches d’alluvion. Nous pouvons cependant affirmer que la formation comprise entre Québec et Montréal, affleurant sur quelques milles de la côte nord et s'étendant sur 50 ou 60 milles au Sud, est apte à contenir du gaz et du pétrole,
Le plus grand nombre des géologues admettent que le gaz est formé par la décomposition de débris organiques animaux et végétaux accumulés depuis les époques géologiques les plus reculées. D'autres personnes, en plus petit nombre, et se recrutant parmi les gens dits alle prétendent que le gaz se forme incessaimnent par suite de réactions chimiques au sein de la terre.
D'après la première hypothèse, il y aurait communauté d’origine entre les combustibles minéraux solides, liquides ou gazeux ; la décomposition ayant produit des résultats différents sur des matières végétales ou animales. Dans ces conditions, les gaz et pétroles seraient indigènes des roches où on les trouve, et Bd serait limitée et sujette à épuisement comme tous les gisements minéraux.
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Les partisans de la 2ème hypothèse. prétendent que, par suite d'infiltration” les eaux superficielles (eaux des mers) arrivent à de grandes profondeurs, en contact avec des métaux natifs à de hautes températures, et là, en présence de carbone et sous de fortes pressions, sont décomposées, oxydent les métaux et forment des hydrocärbures qui se dégagent dans les parties plus hautes lorsqu'ils trouvent des issues et des roches poreuses pour s'y emmagasiner. D'après cette théorie, la quantité de gaz serait donc inépuisable, puisqu'il se reformerait incessamment comme dans un vaste laboratoire.
Aux Etats-Unis, les compagnies se basant généralement sur la première théorie prévoient le temps où le gaz disparaîtra. En admettant cette hypothèse, les géologues américains résument comme suit les conditions d'existence des dépôts de gaz exploitables :
10 La roche doit contenir manifestement des débris organiques,
20 Elle doit renfermer des strates poreuses aptes à emmagasiner l'huile ou le gaz.
30 Elle doit être imperméable à la fois en dessus et en dessous, et ne doit présenter ni fissures ni crevasses,
40 Elle doit être plissée, et présenter des parties élevées où le gaz puisse s’accumuler, F
Les mêmes géologues posent en principe que, étant donné que l'huile et le gaz ont une commune origine, ils doivent se trouver dans les mêmes régions en proportions variables.
Dans le cas de la 2e hypothèse, ces dépôts pourraient se rencontrer partout où les conditions stratigraphiques se trouveraient réunies.
Pour ce qui concerne notre province, ces conditions paraissent se trouver réunies, du moins sur la partie Sud du fleuve St-Laurent.
Aux Etats-Unis (1) on emploie les gaz naturels en grand dans plusieurs Etats, notamment en Pennsylvanie, dans l'Ohio, l'Indiana, New-York, cçte.
Le gaz naturel se rencontre aussi dans la province d’Ontario, (Canada), et sa découverte industrielle est due particulièrement à Mr E. Coste.
Il n’a pas été fait d'analyse du gnz de notre province, mais, à titre de renseignement, nous donnons une analyse faite sur du gaz de Pittsburgh (Ohio) par: MrS. A. Ford, chimiste de la “ Edgard Thomson Steel Works Co”, et considérée comme bon type moyen.
Acide carbonique. .......... 0.6 Oxyde de carbone. ......... 0.6 (A Nr a2) 1. LORIE RTE NE RER 0.S Hydrogène bicarboné....... 1.0 Hydrure d'Ethyle.......... 0.0 Hydrogène projocarhoné. . ... 67.0 VOD ni nee os pan 22.0 AODRE RS RU es à Me AUS 3.0
Pouvoir calorifique......... 789,691
Q) The geologic distribution of natural gas in the U. S.-Ch. A. Ashburner.—Priliminaty report on Petroleum andgas. E. Orton.—Reports of ‘ Geological Survey of Pennsylvania & Ohio.''— Beaucoup d'autres publications ont été faites sur le pétrole et le gaz des E.-U ; et un journal de Pittsburgh # The Iron Manufacturer ” a publié des suppléments très importants sur le gna.
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1000 pieds cubes de ce gaz pèsent 38 livres et ont un pouvoir calorifique de 210, 069, 604 unités.
Le même pouvoir calorifique est obtenu par 57 livres, 25 de carbone pur, 62.97 de coke à 90 °/, de carbone, 54.4 de charbon bitumineux de Pittsburgh ; c'est-à-dire que une tonne de charbon (de 2000 livres) serait l'équivalent de 36,764 pieds cubes de gaz. Ces chitfres sont théoriques mais on peut admettre pratiquement que une livre de charbon est l'équivalent de 74 pieds cubes de gaz.
* A l'état sec, ce gaz a une densité de 0.520 par rapport à l'air; lorsqu'il est saturé d'eau, il a une densité de 0.554.
Mélangé avec un volume d'air 9 à 14 fois égal au sien, 1l détonne violemment. Le gaz du district de Findlay (Ohio), provenant du Trenton, a la composi-
Les ] tion suivante, d'après le professeur C. C. Howard, de Columbus.
Hydrogène protocarboné..... 91.61 Ê bicarboné . ...... 0.30 HydMoBents 73e et 2.18 ARE nr too Vers nil 3.61 ORNE NET EURE .. + 0.2%4 Acide carbonique. .......... 0.26 Oxyde de carbone......... 0,50 Hydrogène sulfuré.. ........ 0.20 100.00
Pouvoir calorifique......... 878,082 Densité. ..... LE le) 0.57
La présence de l'hydrogène sulfuré communique au gaz de ce district une odeur désagréable que n'a pas celui de Pittsburgh.
Aux États-Unis le gaz naturel s'emploie pour le chauffage domestique, mais peu pour l'éclairage ; industriellement, on s'en sert pour Ya production de la vapeur, pour la fabrication de l'acier dans les réverbères, le puddlage et le réchauffage du fer, les verreries, les fours à poterie, à briques, à chaux, etc, ete. On l'utilise aussi pour sa simple pression dans les machines placées à l'air libre, où il remplace la vapeur ou l'air comprimé,
Son prix est généralement calculé sur le prix correspondant de la houille, mais dans certains districts, il est très bon marché et n’est pas même mesuré.
On a trouvé des puits produisant 15 millions de pieds cubes de gaz par 24 heures, avec des pressions en tube fermé de 800 à 900 livres au pouce carré.
En 1885, d’ après les statistiques officielles, ce gaz a remplacé 3,131,600 tonnes de charbon d’une valeur de $4,857,200, en 1886, 6,453,000 tonnes d’une valeur de $10,012,000, en 1887, 9,867 000 tonnes valant $15,838,500, D.xr4
On ne considère pas le gaz naturel comme inépuisable, mais on pourra utiliser les installations et canalisations pour des gaz artificiels fabriqués en grandes quantités et à bon marché; déjà d'impor tantes compagnies se sont établies pour ces fins.
Dans la province d'Ontario, on a percé des puits très productifs de gaz dans une région géologique supérieure à celle de notre province. En NE UT
Je n'ai aucun doute que des travaux judicieux feront découvrir dans notre province des champs de gaz très importants et probablement aussi du pétrole,
Ë Fi | F F È