‹ Minnie BrandonChapitre 67 sur 68 · Nouveau serment... mauvaise fortune · texte numérisé non relu

Nouveau serment... mauvaise fortune

Je me sauve... emprisonne Minn dans l’atelier, par crainte balourde... La rue, le cabaret borgne, l’atmosphère chaude, une heure de repos, de repos actif, où je muse presque joyeux, où mon âme se neutralise...

Les trottoirs fourmillent de gens; les étalages bayent; les omnibus grondent, grincent...

Je songe forêts, avoines, solitudes vertes, ciels de plaines et de montagnes, rivières d’ombre gazouilleuse , peupliers robustes que hantent les pies...

Un âpre, un aigu besoin de réintégrer ma niche!... Je la réintègre...

Mais quoi!... le vieil aubergiste, à la porte de l’atelier?... Il cache une bouteille... Il grelotte, abasourdi... Un long tube de caoutchouc pend de la serrure...

— Filez! filez!

J’ouvre la prison de Minn... Elle est assise, balance comme une herbe, et mon

ex-charmer , mon ex-petit oiseau dégoise Navire , les yeux hystériques.

Minn regagne Londres, ce soir...

A jeun, muette, nerveuse, les joues tuméfiées, elle s’agite, au milieu de ses malles... ses malles de l’hôtel Gluck... d’un désordre qui fleure l’héliotrope... Et, bien en vue, — humble, dernière malice! — j’aperçois nies bouquets d’anlan, contre une pile de robes... la Bible, sur un corset rouge... le portrait des sœurs Brandon, coiffées à la grecque...

La gare du Nord, un quai, un train.

J’étouffe... Ma bravoure défaut... Minn a son ticket, Minn pitoyable, Minn tremblante... Elle roucoule :

— Nous avons été heureux, my iluck ', heureux, un automne!

Vais-je la retenir, essayer une dernière fois?...

Je perdrais ma peine!... Une forme dure, plate, vers son cœur, dans la poche de sa jaquette, une forme précise le montre. C’est l’autre! l’adversaire!... 11 consolera.

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