ACTE TROISIÈME
Mon annnt? Oui... et voilà son bouquet, et voilà ses lettres .. Et ce n'est pas un fourbe comme vous, un menteur comme vous.'
URBAIN, avec défi.
Allons donc!... Vous diles cela pour m'éprouver... mais je vous défie bien de me dire son nom.
Ah! c'est comme ça!... Eh bien, il s'appelle... il s'appelle Pierre-Marie-Augu^tin Brion.
Hein?
Et je suis sa maîtresse, entendez-vous?... sa maltresse... sa mailresse !...
URBAIN
Ce n'est, pas vrai.
Pourquoi?
URBAIN
Parce que Pierre Marie-Augustin Brion, c'est moi!...
(Miquette le regarde avec effarement ) C'est moi ! MIQUETTE» très émue, après un silence.
Alors, cette lettre. Qu'est-ce qu'il y a dedans?
URBAIN
Il y a : « Mademoiselle, je vous aime. » (n tire un
papier raturé de sa poche.) Voilà le brouillon. MIQUETTE.
C'était vous!... Mais alors, ce mariage?
urbain*.
Que voulez- vous?... Je suis timide... je laisse aller
les événements... J'espérais toujours qu'il surviendrait un incident heureux, que je me casserais la jambe... que mon Leau-pére serait arrêté., que ma Lancée tomberait malade... J'attendais, et puis rien n'est arrivé... Je n'ai pas eu de chance...
MIQUETTB.
En effet!...
URBAIN
Mais, quand, hier, M. Mercadier m'a annoncé qu'il reculait le mariage, je lui ai dit : « Oh ! merci ! merci!... » Et je suis parti, et je suis accouru soidisant pour réclamer mon oncle ; mais, au fond, pour vous revoir, pour vous dire que je vous aime toujours.
Et moi, je vous ai toujours aimé ! Si je me suis sauvée, c'est parce que je vous croyais fiancé. C'était pour vous faire souffrir. C'était une preuve d'amour!
URBAIN
Et moi, si j'ai accepté ce mariage, c'était pour me venger de vous. C'était aussi une preuve d'amour.
Les preuves d'amour, ça consiste toujours à embêter les gens qu'on aime.
URBAIN
Ah! Miquette, allons-nous être heureux! Nous nous marierons... et nous aurons des enfants.
Oh ! oui, tout le temps!
Elle se jette dans ses bru URBAIN.
Seulement, il y a ma fiancée...