ACTE DEUXIÈME
LE MARQUIS
Mais oui... Qu'après la conduite de votre neveu, j'aurais mieux aimé mourir que de rester une heure de plus à Château-Thierry, que je vous avais rencontré juste au moment où je m'enfuyais à Paris, et que vous m'aviez offert l'hospitalité avec une bonté toute paternelle.
Elle va au devant de sa mère qui entre. LE MARQUIS, à part.
Est-ce qu'elle est bête ou bien est-ce moi qui le suis? Ce qu'il y a de certain, c'est que c'est l'un ou l'autre !
MADAME GRANDIER, entrant, affolée.
Quelle catastrophe! Ah! monsieur le marquis !...
LE MARQUIS
Madame Grandier... je vous salue !
MADAME GRANDIER, tombant sur une chaise.
Oui, quelle catastrophe!... Ah! mon Dieu, qu'est-ce que son pauvre père aurait dit, lui qui était garde général des forêts, fils d'un colonel de gendarmerie.' Ma belle-mère était née Pichon!
LE MARQUIS
Pichon. Fichtre !
MADAME GRANDIER
Et qu'est-ce qui serait arrivé si Miquette n'avait .pas eu la chance de vous rencontrer hier au soir et si vous n'aviez pas été assez aimable pour nous inviter toutes les deux à passer quelques jours chez tous ?
LE MARQUIS
Moi, je vous ai invitée!...
MIQUETTE, lui faisant des signes d'intelligence. Mais oui.
LE MARQUIS
Ahl en effet, je vous ai invitée...
MADAME URANDIER.
Et je vous en suis bien reconnaissante... monsieur le marquis. Mais, qu'est-ce qu'on va penser? Je suis si convenable, ma fille est si convenable 1 Toute ma famille est si convenable ..
Mais, maman, M. le marquis aussi est très convenable. Dites le vous-même à maman, que vous êtes très convenable.
LE MARQUIS
Mais certainement, certainement, madame Grandier, je suis très convenable.
Et puis, tout le monde sait bien que M. le marquis est un homme respectable, âgé
LE MARQUIS
Mais...
Enfin, pas compromettant. Monsieur le marquis, dites-le vous-même à maman que vous n'êtes pas compromettant.
LE MARQUIS, à part.
C'est très désagréable.
MIQUETTB.
Je vous en prie.
Elle regarde le marquis qui cède aussitôt.