‹ Miquette et sa mere, comédie en trois actesChapitre 87 sur 138 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Comment? Vous aussi?

LE MARQUIS

Pensez-vous que je vais manquer vos débuts ? Du reste, j'ai affaire par là. Où allez-vous?

MONCHABLON.

A Beauvais, d'abord, j'y suis adoré !

LE MARQUIS

Bravo. Mon médecin m'a toujours recommandé le climat de Beauvais.

MONCHABLON.

Je Vais VOUS envoyer VOS rôles. (A. madame Grandier.)

Tu sauras vite le tien, il n'a que cinq lignes.

MADAME GRANDIER

Seulement!

Ça, c'est d'une artiste. Je sors par le fond.

II remonte et sort avec majesté MIQUETTE.

Et, maintenant, pas un instant à perdre. Vite, monsieur le marquis, vous allez accompagner maman aux contributions indirectes. Il faut que vous obteniez pour elle un congé de six mois.

MADAME GRANDIER

C'est vrai! mon bureau de tabac.

LE MARQUIS

Moi, chez un fonctionnaire de leur République. Jamais!

Vous en prie...

LE MARQUIS, après un violent effort.

Avec plaisir.

MADAME GRANDIER

Es-tu heureuse, au moins?

Oh ! ma petite mère.

MADAME GRANDIER

Alors, je ne regrette rien. Je me résigne à devenir une grande actrice, à être acclamée par le public! Venez, monsieur le marquis, venez, vous allez me montrer où l'on achète du blanc, du rouge et des pattes de lièvres. Pauvres bêtes I Ce sera bien dur, mais j'offrirai mes rôles au Seigneur! Car savez-vous où j'irai en sortant d'ici ?

LE MARQUIS

Où ça?

MADAME GRANDIER

Me confesser.

LE MARQUIS

Moi aussi, nom de Dieu 1

Ridaaa.

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