ACTE TROISIEME
je m'aperçois que ce vieux fou, c'est un vieux sage. Et pu?s, il m'aime bien.
MADAME GRANDIER
Oh! il peut. Est-ce que tu as été essayer?
Mais non, tu ne penses plus qu'à ça. Tiens, Périne, emporte tout ça.
Elle lui donne son rôle, son petit sac, ses gants, et s'assied de côté sur le canapé.
PÉRINE
*"" Vlà les lettres.
MIQUETTE, regardant les lettres.
Ah ! ce courrier... le directeur de Bruxelles... Zut, je n'irai pas... je n'ai pas le temps. Tien*, pour toi. (Lisant l'en tête.) Maison Franck Lourtier et Gle, banquiers?
MADAME GRANDIER, gônée.
Ah ! oui, c'est le coulissier qui est actionnaire du théâtre. Il est très gentil, très artiste.
Qu'est-ce qu'il veut?
Donne, donne... c'est pour un petit placement.
Ça, c'est bien, maman, tu fais des économies... J'avais peur du contraire... c'est vrai, quelquefois je m'inquiète... Tu dépenses tant d'argent...
MADAME GRANDIER
Ne te tourmente pas, maman! Au fait, j'oubliais de te dire : tu ne sais pas qui j'ai rencontré tout à l'heure? Monjjrébin |...
118 MIQUETTE ET SA MZRE MIQUETTE.
Pas possible!
MADAME GHANDIER.
Il m'a donné des nouvelles de Château-Thierry Et suis-tu ce qu'il m'a appris ? Le contrat de mariage du comte Urbain se signe demain.
MIQUETTE, très froidement et prenant une autre lettre
Tiens, voilà une facture
MADAME GRANDIER
C'est la fleuriste. J'ai répondu à ce vieil imbécile que nous nous en moquions pas mal, que nous n'avions pas revu le comte Urbain depuis que nous avons quitté Château-Thierry, que nous n'avions même plus entendu parler de lui et que tu t'en souciais comme de ça...
Tu as bien fait.
C'est étonnant tout de même que le marquis ne nous en ait rien dit. Sans doute, il a eu peur...
De quoi?... Qu'est-ce que ça peut faire?... (eu*
jette deux lettres nerveusement.) Flûte I Flûte!... Oh! C6
que ces gens sont embêtants avec leur réclame. (Elle
prend la dernière enveloppe. Sa figure s'adoucit et sa voix
change.) Ah! une lettre de mon ami...
MADAME GRANDIER
L'inconnu ?
Un homme qui vous aime n'est jamais un inconnu.