‹ Miracles de Nostre Dame par personnagesChapitre 5 sur 16 · LIMANT · texte numérisé non relu

LIMANT

Amours, conment me cheviray ?

Tu me fais une dame amer 1 5

Dont trop me puis pour fol clamer.

Car elle est belle et bonne ensemble.

Ainsi pers mon temps, ce me semble, Qu'elle ne scet point que je Taime.

20 Pour c'a toy m'en complains et claime,

Amours, car com plus la désir, Plus me truis des roiz de désir ipj b

Pris et lacié de jour en jour.

Et plus ay peine sanz séjour,

25 Et n'est, qui me puist es jouir

Fors seulement d'elle jouir.

Et c'est chose a faire moult fort Conment j'aie d'elle confort :

Car onques a li ne parlay,

3o Ne de l'amistié qu'a li ay

N'a elle encore riens sceu ; Si me pourray pour deceu Tenir se ne li fas savoir Que de moy merci vueille avoir.

35 Pour ce m'en vueil de cy aler

Savoir s'a li pourray parler.

Seule la voy ; c'est bien a point.

Théodore, bon jour vous doint Li doulx Jhesus.

Théodore 40 Sire, et vous bien soiez venuz

En cest hostel.

^ L'amant

Dame, je sui pour vous a tel . Meschief que je ne le puis dire.

Vostre amour mon cuer tel atire 45 Que je ne say penser qu'a vous

Ne ne fis grant temps a , cuer doulx.

Je ne le vous puis plus celer :

Et s'il vous plaist moy appeller Et tenir pour vostre ami , dame ,

XVil! THEODORE J^

Je VOUS donrray robes, par m'ame, 5o

Et joyaux telx qu'il vous plaira , Si qu'en ceste ville n'ara

Vostre pareille.

Théodore Ne plaise Dieu que m'apareille Ne consente vous acointier 5 5

Pour telles choses convbitier !

Sire, trop seroit grant dajnage Que je brise mon mariage.

Ne m'avenra ja, se Dieu plaist.

Si ne m'en tenez plus de plait, 6o

ig7 c Car vostre deshonneur feriez Et vos paroles gasteriez.

Je vous promet.

L'amant Dame, en vostre mtrcy me met.

Mors sui se vous n'avez pitié 65

De moy, et que vostre amistié

Me soit donnée.

Théodore Dieu, qui me souffri estre née, Face que maie mort me morde Avant qu'a tel pechié m'amorde. - 70

Fuiez de cy.

L'amant Elas !' en paine et en souci Me convient dès ore mais vivre.

Ne je ne voy conment délivre, Dame, en seray pour ce refus. y S

Partir de vous dolent, confus Me faites, plain de desconfort.

Or ne sçay ou prendre confort ,

Car nu me voy et esgaré

De toute joie et séparé ; 80

Ne ne puis qu'est joie savoir, Puis que l'amour ne puis avoir De celle que j'ains ne la grâce, Qui les autres en biauté passe.

85 Mais ainsi pas ne la lairay

En paiz , ains y envoieray Telle pour ma besongne faire Qui scet qui faut a tel affaire.

Quérir la vois sanz estre lent.

90 La la voy. Margot de Mulent,

Qu'est ce ? ou vas tu ?

La maquerelle Ne scé qui a trop bien batu La Mignote , ce me dit on ; Si vois savoir en sa maison 95 Que ce peut estre.

L'amant Je te vueil en besongne mettre, Mais qu'il t'agrée.

La maquerelle ^97 ^

Est ce chose qui soit secrée ?

Ne me ment mie.

L'amant 100 Tout te diray conme a m'amie.

J'ains Théodore vraiement Tant con je puis, mais nullement Ne veult mes paroles ouir.

Se tu me peuz faire jouir io5 De lui, je te promet sanz lobe

Que je te donray une robe Trestoute neuve.

Maquerelle Feras ? et j'en feray l'espreuve Ens en l'eure, je te promet ; 1 10 Et s'en tel tour ne la te met

XVm THEODORE 7 3

Qu'en jouiras com de f amie^ Si di que ce ne suis je mie

Hardiement.

L'amant Et tu Paras certainement :

Va besoingnier. 1 1 5

La maquerelle En Peure sanz plus esloingnier, Mais qu'elle seulement m'escoute, La besongne feray sanz double.

Dieux y soit, dame Théodore.

Egar ! estes vous ci seule ore ? 1 20

Ou sont voz gens?

Théodore Dame, il n'y a que moy ceens Quant a ore. Venez vous querre Riens qui soit? Dites moy bonne erre.

Que voulés vous ? 1 25

La maquerelle Puis qu'il n'a icy que nous Deux femmes , gi^il vous vient a gré , Un po vous diray de secré ; Et ne prenez a villenie.

Pour Dieu, chose que je vous die, i3o

Je vous en pri.

Théodore ip8 a Nanil, dame, ce vous ottry.

Dites touzjours.

La maquerelle Mon enfant, il a plusieurs jours Qu'un riches homs, gaiz et jolis, i35

A du tout son cuer en vous mis Et vous aime tant sanz faucer Que riens nulle ne peut penser Fors conment de vous soit amez,

140 Et tout aussi qu'uns afifamez

Seiche et languist pour vous sur terre.

Si vous vien prier et requerre

Que pour li me vueilliez entendre.

Vous estes femme, si que tendre 14s Cuer devez avoir et piteux :

Ce dont il est si diseteux ,

Cest la vostre amour qu'il requiert,

Li donnez, dame : plus ne quiert.

Il vous sera amis loyaux ; 1 5o Robes vous donrra et joyaux.

Autre foiz le vous a il dit.

Mais refusé et escondit

L'avez, si qu'il ne scet qu'il face;

Et certes s'il n'a vostre grâce, i55 Perduz sera.

Théodore

Dame, je ne scé qu'il fera :

Dieu li doint bien faire ou qu'il voit;

Mais devant mon Dieu qui tout voit

Jamais tel pechié ne feroie ; 160 Certainement miex ameroie

La mort encorre.

La maquerelle

Dame, bien le pouez secourre.

Se vous voulez ; vezci conment.

Il est voir que Dieu clérement i65 Voit quanque on fait de jours : pour quoi ?

Pour la clarté du jojnr, par foy.

Mais riens ne scet, ne vous ennuit.

De chose c'on face de nuit ;

Et c'est pour ce qu'il n'y voit mie 170 Aussi com de jours, belle amie, ig8 h

Pour l'obscurté.

Théodore

Dame, dites vous vérité,

,%V1II THEODORE jb

Se Dieu vous gart ?

La maquerelle Aussi voir corn je vou5 regart

Vous di je voir. ijS

Théodore Ore vous li ferez savoir Qu'a moy viengne quant nuit sera , . Et je li promet qu'il ara Ce qu'il désire.

La maquerelle E ! mon enfant, Dieu le vous mire. i8o

Je li vois de par vous nuncier.

Pense de ton cuer eslessier, Meschant ribaut.

L'amant 'iGonment vfi ? di , pour saint Thibaut,

As tu riens fait? i85

La maquerelle Oil : il m'est promis de fait Qu'après l'anuittier tu yras Chiez li, et lors tu joiras Tout a plain d'elle.

L'amant Par foy, ci a bonne nouvelle : 190

Nous yrons souper moy et toy.

Et si aras je say bien quoy Que te donrray.

La maquerelle J'ay grant fain ; voulentiers yray.

Or alons ; il est près du soir. • 195

Mais nient Aïoins je voulray avoir Ma robe entière.

L'abbesse Suer Ysabiau, m'amie chiére,

La journée est près de complie.

200 Je vueil que nous disons complie :

Il en est temps.

Suer Ysabel Dame, vostre vouloir attens. ig8 c

Confnandez et Je respondray.

L'un ver direz, et Je diray 2o5 L'autre ensuivant.

L'abbesse Pour estre a nous mains ennuiant, Tout bas disons.

SuçR Ysabel Dame, il me plaist, et c'est raisons, Quant le voulez.

L'amant 210 Desvez seroie et afifolez

Se d'aler mettoie en detri Vers ma dame, de qui l'ottri J'ay que Je doy avoir s'amour.

g Pour t'y vueil aler sanz demour.

2 1 5 J'ay plus chier la entour attendre

Que par trop demourer mesprendre , Et aussi le me vault il miex.

Vezla la ou elle ses yex M'a jette. Je vois celle part.

220 * Ma chiére dame, Dieu vous gart

De mal et d'ire.

Vous soiez li bien venuz, sire.

Passez oultre hardiement :

Il n'y a que moy seulement.

225 En ma chambre vous vueil mener;

La pourrons ensemble parler

Privéement.

L'amant Granz merciz, dame. Vraiement De ma vie estoie en balance Se n^eusse vostre acointance, 23o

Je vous di voir.

Théodore Sire, je vous fas assavoir Qu'aussi avez vous m'amistié Pour une amoureuse pitié

Que de vous ay. 235

L'amant ig8 d Ma chiére dame, bien le sçay, Et je vous en scé si grant gré Qu'a touz sera par moy secré, Je vous promet.

Théodore Sire, en vous m'onneur toute met. 240

Je vous pri , si me soit gardée Qu'estre ne puisse diffamée '. De nul par vous.

L'amant Dame, miex voulroie avoir roups

Les braz par my. 245

Ore il m'est avis, chier ami, Qu'a ce premier conmencement Nous avons assez longuement Ensemble esté.

L'amant Dame, vous dites vérité. 2S0

Par vostre congié m'en iray.

Une autre foiz vous reverray Plus a loisir.

Théodore Sire, tout a vostre plaisir

En ordenez. 255

yS MIRACLE DE XVIII

L'amant

Or sui je de bonne heure nez

Quant j'ay de la belle jouy,

Qui tant a mon cuer esjouy

Que je n'en sçay dire le conte.

260 Car se j'estoie duc ou conte,

Si me doit il souffire voir

Telle dame a amie avoir.

Pour ce sera touzjours amée

De moy et ma dame clamée 265 Et ma maistresse.

QUEREUR DE SERMONS

Dame, par devers vous m'adresce Pour vous dire , n'est pas secrez , Qu'un vaillant clerc, maistre en decrez, Dit maistre Guillaume Rousée , 270 De qui n'est pas science ostée, igg a

Sermonnera présentement.

Venez y, dame, appertement.

Se me créez.

Théodore ' Perrin, est il maistre en decrez, 275 En bonne foy?

Le quereur des sermon Oil, dame, et sire de loy.

Onques n'oistes telle bouche.

C'est merveille conment il touche Biau son parler.

Théodore 280 Atens moy ; je vueil donc aler

A son sermon.

Le prescheur In ecclesiis altissimi apperuit os suum. Ecclesiastici xxiiij. Ou conmencement de nostre brève colacion sa-

XVUI THEODORE 79

luons tuit la vierge benoite pour grâce empêtrer et li disQns : Ave Maria, etc. In ecciesiis, etc. Pour avoir ma£ére de devocion a la vierge mère Marie, nous pouons dire de elle les paroles proposées qui veulent ainsi dire en firançois : es églises de Dieu le père. La a parlé la vierge mère. Es quelles paroles la vierge benoite pour qui amour et révérence nous sommes ci assemblez est reconmandée d^aucunes choses a lui proprement appartenens et especiaument de discrecion de parole. Car elle est monstrèe avoir en ses paroles meurté, opportunité et sobriété, conment il dit. Es églises du treshault : par les églises je n^entens fors la congregacion et rassemblée des saintes personnes aunez et assemblez a Tonneur du treshault, c^est de Dieu le père. En telles églises la glorieuse vierge ouvri sa bouche , voire pour parler discrètement,* meurement et soubrement, et en signe de ce est il dit de la forte femme, Proverbiorum ultimo : Os suum xgg b apperuit sapiencie et lex clemencie sub lingua ejus. Il est dit que la forte femme ouvri sa bouche a sagesce et la loy de doulceur estoit sur sa lengue. Or doiz tu savoir que je truis quatre églises, se sont quatre assemblées, ou la glorieuse vierge ouvri sa bouche. La première, fu de lui et de Gabriel Parchange: ileuc dist elle deux paroles, Tune de meure inquisicion, ce fu quant Gabriel lui dist que elle concevroit le filz de Dieu et elle li demanda : Conment me sera ce fait ? la seconde si fu de Tumble et paisible octroy et concession, quant Pange lui ot dit la manière et elle respondi : Ecce ancilla domini,'etc. : Vezci la chamberière de Dieu; il me soit foit conme tu me dis. La seconde église ou assemblée si fu entre lui et Elizabeth sa cousine, quant le benoist Baptiste s'esjouy de sa venue ou ventre de sa mère ; la ouvri sa bouche en Elizabeth saluant et en Dieu dévotement regraciant, quant elle dit : Mon ame magniffie nostre seigneur. La tierce église fu la compagnie de li , de Joitëpb, et de Jhesu son filz ; la dit Pevangeliste saint

8o MIRACLE DE XVIII

Luc, Ltice It*: Cum factus esset Jhesus duodecim annorunif etc.^ sequitur : Invenerunt eum in templo, etc.. Quant Jhesus ot douze ans, ses parens et Jhesus montèrent ou temple en. Jherusalem selon la coustume du jour de la feste ; et quant ilz s'en revindrent, ilz obliérent l'enfant Jhesu en Jherusalem et le perdirent trois jours ; et après ces trois jours ilz le trouvèrent ou temple entre les maistres et les docteurs de la loy ; la ouvri la vierge benoite sa bouche, en disant : Fili, quid fecisti nobis sic? Biau filz, que nous as tu fait? vezci que ton

igg c père et moy dolens te querion ; et ceste parole fu d'une amoderèe reprehencion. La quarte église fu de la com-

^. pagnie du benoist Jhesu, de Marie, et des disciples Jhesu, quant ilz furent appeliez aux noces ; la ouvri la vierge sa bouche a parole de doulce compassion , disant a son filz Johannis IP : Vinum non habent, Biau filz, ilz n'ont point de vin ; a parole de seure informacion quant elle dist aux menistres : Faites tout ce qu'il vous dira. Ce furent quatre églises qui proprement furent du treshault ; car ce furent quatre assemblées faites a l'onneur du tfeshault, c'est de Dieu le père; et en ces quatre églises est dit que la glorieuse vierge ouvri sa bouche a parler, set foiz et non plus. Mais regarde conment elle l'ouvri fructueusement, car elle parla meurement, prouffitablement et sobrement. Dont saint Jehan Crisostomes dit : Marie ne fut ne ligiére parlerresse, ne jouerresse, ne chanterresse ne de laides paroles amaresse, conme sont plusieurs pucelles a il ou monde ; pour ce dît saint Anseaumes de elle en ses meditacions : O famme singulière merveilleusement, o famme merveilleuse singulièrement, par qui li ellement sont renouvelle et li fil d'enfer ont remède trouvé, par qui li hommes sont sauvé et li anges réintégré; dame, tes bénéfices trepercent les enfers et surmontent les cieulx, car par la planté de ta grâce ceulx qui estoient en enfer sont liement délivrez et ceulx qui sont es cieulx joieusement retorez. Et saint Bernart

XVIII THEODORE 8l

si dit que elle est la clére estoille née de Jacob qui par ses xaiz enlumine tout le monde, qui tout trepçrce par ipgd 'exemples et reluit par mérites. Pour ce, tu quiconques es, qui te vois es ondes du fluve de ce monde plus plungier que sur terre aler, ne ostes onques tes yex de la lueur de ceste estoille regarder, se. tu ne veulz trebuchier. Car se dit saint Bernart : Se tu la suiz, tu ne peuz forsvoier; se tu la pries, ne te doiz désespérer; se tu penses a li, tu ne peuz errer ; se elle te deffent, tu n^as ame a doubter ; se elle te mainne , tu ne te peuz lasser ; se elle tfest propice, ne f estuet de parvenir a la gloire de paradis doubter. Laquelle gloire nous ottroit ille qui est Detis benedictus in secula seculorum. Amen.

Lasse ! pecherresse ! en quel an Sui )e, lasse, plaine de rage ?

Qu'ay je fait ? J'ay mon mariage Brisé, et a perdicion 285

Mis m'ame , et a destruccion Ma biauté, mon honneur, mon corps.

Ha ! tresdoulx Dieu misericors, Conment ay je esté si surprise ?

Lasse ! lasse ! a tart m^en avise. 290

Certes du dueil morir voulroie.

Lasse I jamais jour n'aray joie

Et a bon droit.

Le mari Qu'est ce? Qu'avez vous orendroît.

Ma suer? Estes vous affolée, 295

Qui ainsi estes esplourée ?

Je vous dy bien que je m'en dueil ; Et certainement savoir vueil

Dont ce dueil vient.

Théodore 3oo Mal ait la vie qui me tient !

Lasse! lasse! que pourray faire? 200 a

Lasse ! trop mal va mon afiaire.

Laissiez m^en paiz.

Le mari Et ne finerez vous hui mais ' 3o5 Autrement? Au mains dites moy

Que vous avez, je vous en prpy, Et pour m'amour vous déportez De tel dueil, et vous confortez; Et s'en y peut remède mettre, 3 10 Je vous jur par le roy celestre

Je Pi mettray.

Théodore C'est pour nient. Ce dueil maintendray Certes tant conme j'aray vie.

Si n'ay de nulle riens envie 3i5 Fors de la mort.

Le mari Puisque vostre vouloir s'amort Que ce dueil point ne laisserez Et qu'autre riens ne me direz, Je vois souper chiez mon compère.

320 Cy ne pourraie a telle chiére

Mengier ne boire.

Théodore Souveraine dame de gloire, Fontaine de miséricorde.

Quant de mon pechié me recorde .325 De paour me tremblent li membre.

E ! dame, de moy vous remembre.

Car je ne scé s'il peut voir estre Qu'en sache riens le roy celestre.

Pour ce que je l'ay fait de nuit.

'^•3o Mais maintenant, quoy qu'il m'ennuit.

XVm THEODORE 83

L'iray demander a Tabbesce :

Elle est assez bonne clergesce.

Elle ne m^en mentira mie.

Je vois a li en s'abbaie.

Je vieng bien a point; la ta voy. 335

Ma dame, pour Dieu, dites moy :

Voit Diex et scet aussi le fait 200 b Dû pechié qui de nuiz est fait

Gk>nme de jours ?

Uâbbesse Certes, m'amie, oil, touzjours : 340

Soit bien, soit mal, quanque faisons, Quanque pensons, quanque disons Soit de jours, soit de nuit sanz doubte, Il en scet la vérité toute

Sanz ficcion. 345

Théodore Pour miex a vostre oppinion Croire, ma dame, je vous pri Q'un livre aie cy sanz detri D^evangilles, car g^ voulray Je mesmes sortir; si verray 35o

S^il est ainsi.

UilBBESSE

Voulentiers. Apportez me cy.

Suer Ysabiau, sanz detrier Nostre grant evangelier :

Faites bonne erre. 355

Suer Ysabel Dame, en Peure le vous vois querre.

Vezci celui que demandez.

Ou le mettray je ? Conmandez Que j'en feray.

Théodore • Bailliez ça, suer; je Pouverray. ' 36o

De ceste première ouverture, Dame, qu^a il en Pescripture De ce mot cy?

Uabbesse Il y a : Quod scripsi, scripsi, 365 Qui veult y tant dire en françoys :

Ce que j^é escript une fois Si est escript.

Théodore Que feray je, doulx Jhesu Crist ?

M'amie, tenez vostre livre.

370 Dame, je voi tout a délivre

Que ce que m^avez dit est voir.

J'ay bien cause de plourer, voir. 200 c

Lasse I dolente, que feray, ' Ne conment du dueil cheviray

375 Que j'ay au cuer?

Page 1