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DES PAROLES

LA COVRSE D'ATALANTE 61

V^UE maudits soient vos pieds aux sandsJes rapides, Atalante!... Souples et minces, purs et blancs, sans retour entraînés par de nouveaux élans, ils vont, ils vont, suivant le destin qui les guide...

Ils vont, et vous serrez plus fort vos poings nerveux. 0 coudes rapprochés du buste qui se cambre, seins lisses — boucliers qu'un joyau serti d'ambre rend féminins — jeu souple et mol de vos cheveux !

Ils vont... Le souffle est court sur vos lèvres ouvertes, une ardente moiteur fait luire votre peau... Ils vont, ils vont... Ces champs où paissent des troupeaux n'inclinent qu à demi sous eux des toisons vertes ;

ils vont... Le cercle d'or qui brille à votre col semble quelque rayon d une lune en faucille, et les anneaux passés autour de vos chevilles tintent leur bruit d'argent quand vous frappez le sol ;

ils vont — ô pieds étroits ! — ils vont le long des sources murmurantes pour eux de désirs imprécis, mais l'inquiète ardeur qui fait votre souci jamais n'aura laissé nul répit à leur course.

62 Sous les bois opportuns et des dieux explorés la terre a déplié ses ténébreuses couches, et de vous voir passer, l'homme, d'un cœur farouche a voulu retenir ce qui ne peut durer...

Mais déjà vous fuyez vers d'autres paysages, Atalante! Souples et minces vont vos pieds, et les chemins d'hier déjà sont oubliés, les flots et les rumeurs, les fleurs et les visages,

les déserts, les cités, les temples, les jardins... Jusqu'aux bords nébuleux des crêtes incertaines ils vont, ils vont... Vos yeux ont des lueurs lointaines, votre front obstiné d'impassibles dédains ;

et l'Amour vous convie, et les reflets des fêtes se glissent à travers vos cheveux déployés.. Mais vous fuyez encor, mais toujours vous fuyez, Atalante aux pieds vifs, sans détourner la tête!

DANSEVSE 63

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ijŒUR des Sœurs tisseuses de violettes, une ardente veille blêmit tes joues...

Danse ! Et que les rythmes aigus dénouent tes bandelettes.

Suis la courbe insente au jardin des songes, ploie au sein des voiles que l'air déploie, danse, frémissante... danse! Ta joie vibre et prolonge...

Vase sveîte, fresque mouvante et souple, danse, danse, paumes vers nous tendues, pieds étroits fuyant, tels des ailes nues qu'Eros découple...

Sois la fleur multiple un peu balancée, sois 1 echarpe offerte au désir qui change, sois la lampe chaste, la flamme étrange, sois la pensée !

Danse, doux reptile. — Tes chairs sont mates qu enveloppe l'ombre des nuits stériles ; sur tes seins d'enfant j'ai versé des huiles, des aromates...

64 Danse, danse au chant de ma flûte creuse,

sœur des Sœurs divines. — La moiteur glisse, baiser vain, le long de ta hanche lisse... Vaine danseuse !

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