A LA ROSE-THÉ
v-^R, dans le cristal qui vous possède. Rose,
dans l'intimité des pénombres décloses,
vous m apparaissez, Princesse de langueur ;
votre lourd front las porte le poids d'un rêve...
Rose, dans la chambre aux pénombres moroses
vous vous souvenez. Rose-thé, nouvelle Eve,
du jardm perdu que troublait votre cœur,
de ce paradis embaumé de corolles...
Et je n'ai pour vous. Rose, que mes paroles.
Rêvez... Penchez- vous... Ne suis-je votre sœur?
N'ai -je aussi vécu la mmute fatale
où le paradis échappe à l'Eve folle?
Mais je vois, ie vois s'effeuiller vos pétales...
Rêvez... Penchez- vous... Donnez-moi votre cœur,
Rose, Rose-thé, Princesse de langueur!
A LA ROSE ROVGE 73
Ct vous si multiple, Cramoisie, au bord de l'uni bassin dormant
où s'attarde ma fantaisie ; vous. Odorante, qui persistez comme un regret dans la brume chaude, et dont mes mains s'imprègnent longuement ; vous, effeuillée sur l'émeraude visqueuse des eaux, pétale à pétale...
Rose, n'êtes-vous la sanglante beauté dernière des mourants étés ?
Ou peut-être, livrée à l'aile brutale des nocturnes désirs.
Rose, n'êtes vous parmi les vierges sages que cette pudeur montant à leur visage?