SCÈNE IV
TAVEN, MIREILLE.
/C'est donc vrai?... Conte-moi ton secret à l'oreille^ C^ - - C'est donc vrai que Vincent est aimé de Mireille? ^
Vers Tenclos des mûriers, en passant Taiitre fois, Je l'entends qui m'appelle et j'accours à sa voix ; « Un nid, dit-il, un nid! » Et, riant de ma joie,
A peine a-t-il parlé, Qu'il s'élanc*^. dans l'arbre! Et la branche qui ploie
Lui livre son trésor ailé!...
Alors, moi, par m.'^lice, et m'asseyant dans Therbc ,
« Ami Vincent, connais-tu le proverbe? Lorsque l'on trouve à. t eux un nid dons un mûrier. Avant la fin de l'an on se doit marier. — Pourvu que les petits ne quittent point la cage! » Dit-il. « Mon Dieu! j'ai peur! dis-je, emprisonne-les; Car, s'ils prenaient leur vol, ce serait grand dommage ! De ma main aussitôt les gentils oiselets, Avec mille baisers, glissent en mon corsage. Et, folle, je m'enfuis, en murmurant tout bas : « Adieu, Vincent, proverbe ne ment pas! »
TAVEN, tristement.
Richesse et pauvreté s'accordent mal ensemble ! Je lis dans l'avenir, ô Mireille!... Et je tremble! Écoute... Si jamais ton cœur navré d'ennui S'alarme d'un malheur pour toi-même ou pour lui» Va porter ton offrande à l'église des Saintes; Elles seules là-haut accueilleront tes plaintes, Et te prêteront leur appui! ,..
Moi, jusque-là, je promets de me taire; Et si je puis t'aidor d'un avis salutaire, Si tu crois qu'on fait bien parfois de m'écouter, Souviens-toi de Taven ! Compte sur moi, mignonne, / ^ ^ ^ - - Et viens là-bas me consulter.
Elle s'éloisme à pas lents.
VtV)
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