‹ Miroirs :Chapitre 6 sur 11 · SIC · texte numérisé non relu

SIC

Technique. Fonte dans l'alliage rose, brasage de la tige, polissage, argenture. Aucun trou de rivet dans la tige.

Conservation. L'argenture n'a laissé (jue de rares traces; elle devait être très superficielle. Patine jaspée vert et rouge sur la face; croûte d'oxydation sur le revers.

BiBL. : Journal d'entrée du Musée, n" 3o8i3.

44075. Disque de miroir. — Bronze. — Haut, o m. 262 mill. (o m. 0^2 mill. pour la tige), larg. o m. 222 mill., épaiss. 0 m. oo3 mill.; poids 1 kilogr. lySgr. — Mit-Rahînèh, 1892.

Renflé au centre, principalement sur le côté face; le côté revers est moins bombé. La comparaison est facile à faire en posant successivement chaque côté du disque sur une table absolument plane. Les deux côtés sont décorés au burin d'une bordure simulant une tresse en cordelette ou en sparterie indiquée sommairement par deux cercles concentriques dans lesquels se poursuit un double jeu de hachures en sens inverse (fig. 8). En regard de la tige, ce tracé s'interrompt pour faire place à des traits

verlicaiix imitant une ligature. Des deux bouts de ce lien s'échappent, comme d'un nœud, les deux extrémités de la bordure repassant en biais sur le premier dessin. Peut-être faut-il voir là le souvenir des miroirs bordés en réalité d'une lisière nattée

l-ig. s.

en cordelettes de lin, en cuir ou en fibres de papyrus. Sur la face, en bas et par conséi[uent au-dessus de la ligature sont gravés en hiéroglyphes les titres et nom de la propriétaire du miroir :

li'-')t:m\WTi

Technique. Le dis(jue est fondu dans l'alliage spécial (sonorité argentine); la face a été soigneusement polie et dorée; le revers a été simplement poli, mais on y remarque tout un travail de pointillé exécuté à la roulotte (|ui sable la surface par mouvements ondulés et qui n'a de raison d'être que comme préparation pour recevoir une feuille de revêtement en or ou en argent. En examinant les deux faces de très près, on y constate des joints non complètement effacés par le travail du polissage dans le prolongement de la tige, laquelle avait été rapportée et brasée. La partie de la lige ainsi engagée est longue de 2 G millimètres. Pas de trou de rivet dans la tige.

CoNSEiiVATiOiN. La dorure de la face apparaît par intervalles dans les éclipses de la patine verte. Légères croûtes de vernis de momie du même côté. Sur le revers, patine très sombre, uniforme.

BiBi.. : Jounml d'entrée du Musée, n' uooG."); Viui-v, Cnlaloffue, tSga^n'SSi; Maspero. Guide, igoS, p. a4G, n° 85i ai édil. 1906. |i. t'it, mi'iiie numéro.

44076. Disque de miroir, muni d'une partie de la monture. — Bronze. — Haut, o m. 20 cent., larg. o m. i85 mill., épaiss. au milieu o m. oob niiii.; poids 877 grammes. — Mît-Rahinèh, fouilles de Daninos pacha, 1901 (pi. XVII).

Le disque, du type cordiforme, légèrement renflé au centre, est décoré sur le revers d'une scène figurée et d'inscriptions; la face est recouvert' d'une gangue épaisse, à laquelle adhèrent par place les débris d'une feuille de revêtement en argent appartenant à un autre objet et qui s'est amalgamée au miroir sous l'action décomposante du sol : cet objet est d'ailleurs facile à déterminer pour peu (ju'on examine l'ensemble de la trouvaille Daninos dont le miroir faisait partie. On distingue sur ces débris le bas d'une robe et deux pieds posant sur une natte; d'une scène d'offrandes ayant décoré un coffret ou tout autre petit meuble, et qui était du même format et du même bronze que le Nil porteur d'offrandes reproduit dans les Annales du Service des Antiquités, t. 111, pi. I, n° 4, du mémoire Daressy, p. i3cj-i5o. Ce fragment de placage nous prouve que quelques-uns des bronzes de la trouvaille de Mît-Rabînèh, peut-être un grand nombre, étaient revêtus d'argent.

La scène du revers consiste en un édicule ou naos vu de face avec sa perspective de colonnettes, de colonnes et de trois corniches superposées, couronnées par une

rangée d'urœus * au-dessus de laquelle est gravé le disque ailé, flanqué de sa

légende ordmaire ~^ plus deux signes verticaux qui d'un côté sont I et de

l'autre Tl. Chacune des trois corniches, qui sont censées représenter une enfilade de

trois portes est décorée du disque ailé sans légende. Les deux colonnettes, aux extrémités, supportent le motif de couronnement qui forme l'auvent du naos et par conséquent sont censées être à un pian plus avancé que les deux colonnes qui viennent ensuite et qui sont fasciculées et à chapiteau campandorme surmonté de têtes d'Hâthor. La cella qui forme l'arrière-plan abrite la déesse Maout assise avec ses attributs ordinaires; devant elle est un autel sur lequel sont posés un pain d'offrande et des fleurs; de l'autre côté de l'autel et face à la déesse, se tient debout une femme présentant des deux mains un miroir. Tout est tellement confondu dans ce dessin que l'un des bras qui élève le miroir ressemble au manche et le manche lui-même, avec

son extrémité coudée, à un bras ! Légende de la scène : (■ — >-) I | "^ j

De chaque côté, l'édicule est flancjué d'un Des, de face, et au-dessus du dieu, de

l'œil ^^ (les deux yeux dans le même sens). Enfin, une légende hiéroglyphi([ue

de deux lignes horizontales remplit le bas du dis([ue : (-« — •) il ^

Tout ce décor, figuré et épigraphique, est d'une exécution hâtive et grossière. La

monture consiste en un ckapiteau hiéracocéphale sur le revers et hathorique sur la face d'où partent des cornes très prononcées munies d'une glissière dans laquelle vient se sertir la moitié inférieure du disque. Sous le chapiteau s'ouvre une mortaise dans laquelle s'engage la tige du disque.

Technique. Le disque fondu et décoré au burin. La lige ou soie venait regagner la poignée après avoir traversé le chapiteau.

Conservation. Patine fauve, tigrée de vert sur le revers; gangue épaisse sur la face; les écaillures de cette gangue découvrent la surface du disque en bon état.

BiBL. : Journal d'entrée du Musée, n* 35 107: G. Daressy, Une trouvaille de bronzes d Mit Rahinek, dans les Anmd. du Serv. des Ant., 1. III, p. iSg-iSo el pi. II, n° 5.

44077. Disque de miroir fragmentaire, muni d'une partie de sa monture. — Bronze. — Haut, o m. -200 niill., largeur mesurée entre les deux extrémités des coins de la monture 0 m. 188 mil!., épaisseur au milieu 0 m. 003 mill. 5. — Mit-Raliinèh, fouilles de Daninos, 1901 (pi. XVI).

Le disque, du mt'nie type que le numéro précédent, est décoré, sur le revers, d'une scène analogue à celle (jui a été décrite ci-dessus; on y relève quelques difTérences de détails, indépendamment des qualités d'exécution. Les chapiteaux des deux colonnes halhoriques montent jusqu'à la toiture légère qui est le couronnement de l'auvent, ce qui n'est pas le cas dans le miroir précédent. De même, pas de disque ailé ni d'inscription au-dessus de celte toiture. Par contre, au lieu de trois corniches, la superposition est ici de cinq. Dans l'intérieur de la celln, la scène déjà décrite.

La lét'ende s'y réduit au nom de Forante . Les deux Bès, de proportion

tout à fait réduite, sont perchés chacun siy un support; celui de droite est presque invisible. Aux deux extrémités de la ligne de terre sur laquelle est posée la scène est un ibis. Au-dessous, légende de deux lignes horizontales : (•« — «)

I A»s«~A I * ] Il ^w~.A ,< ji 1 C 3 " Il I I ..^- -=

Le chapiteau de la monture est hathoricpie sur les deux faces.

ThxiiMQUK. La même <pie dans le miroir précédent. Un peu plus de minutie dans le trait de la gravure; les particularités décoratives de la prêtresse sont plus nettes; le troue de la déesse est plus détaillé. A cela près, la main-d'œuvre n'y est pas très supérieure. Les têtes d'Hàlhor du chapiteau de la monture n'ont pas l'inqjortance de In tête d'Horus dans le miroir précédent.

Conservation. Le disque est en deux fragments (jui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs autres recollés entre eux; tel (|uel, il est encore incomplet, la partie manquante, bien (uie formant environ un cinquième ou un sixième de la surface du disque, n'alïecte pas sensililement la scène représentée. Patine très sombre, scories qui semblent provenir de l'action du feu du cùté de la face. \ a-t-il eu incendie? ou simplement mise au feu |)our en séparer les appbcations de métaux précieux? La disparition de l'argent cpii n'a laissé que de rares traces dans la trouvaille de Daninos donne du poids à cette dernière hypothèse.

BiBL. : La même que pour le n" fxko'jQ.

44078. Disque de miroir. — Bronze. — Haut, o lu. 206 mill. (o m. o.^G mill. pour la tige), larg-. o m. iGo mill., épaiss. 0 m. oo3 mill.; poids ûio grammes. — Mit-Rahinèh, fouilles de Daninos, 1901 (pi. XVIII).

Le disque, de même épaisseur dans toute son étendue et légèrement concave du côté de la face et par conséquent convexe de la même quantité du côté du revers, porte de ce côté une représentation analogue à celles des deux numéros précédents. Dans un naos llan(|ué de deux colonnes hathoriques, qu'encadre l'architecture légère de l'auvent, et dont le couronnement comporte une superposition de trois disques ailés, plus la corniche à têtes d'urœus , trône la déesse Maout avec ses attributs habituels. De l'autre côté de l'ordinaire table d'offrandes, posée devant la déesse, se tient une jeune femme dont les formes très accentuées se profilent dans la transparence d'un long vêtement à franges; elle fait l'offrande du miroir à manche coudé.

La netteté du dessin, à défaut de la correction, rend ce disque intéressant. Il est curieux de noter que dans les colonnes hathoriques du type campaniforme à fût fascicule, les petites liges surmontées d'un bouton qui, dans la structure réelle de la colonne, sont insérées symétriquement dans le faisceau des tiges, en sont ici nettement séparées en vertu de la formule scripturale du dessin égyptien qui donne une valeur autonome au détail dans toute représentation. De cette manière, d'ailleurs, les boutons concourent plus efficacement à la décoration.

La légende de la scène est : (- — >■) ^m 1 ^^ (-• — ■) A T ^ I i J ■

La dédicace en deux lignes est : (— ) 3; ^ P ill^ ^ ^I ^ f] /^ ^ ^ P ~ f

Technique. Le disque fondu est très librement gravé.

Conservation. Patine noire uniforme sur le revers; sur la face, quelques croûtes d'oxydation.

BiBL. : Journal d'entrée du Musée, n' 35 107: G. Daressï, o/). cit., pi. II, n" h.

44079. Disque de miroir. — Bronze. — Haut, o m. 22 cent. (0 m. o5 cent, pour la tige), larg. 0 m. 178 mill., épaisseur au centre 0 m. oo/i mill. et 0 m. oo3 mill. sur les côtés; poids 599 grammes. — Mit-Rahînèh, fouilles de Daninos, 1901 (pi. XIX).

Le disque, entièrement plat du côté de ia face, est renflé au milieu sur le revers. La représentation qu'il porte de ce côté est d'un meilleur style et d'une meilleure exécution que dans les miroirs précédents. L'édicule, simplifié, n'ayant que deux corniches à disques solaires, y est, de ce fait, d'édielle un peu plus grande, et par suite, la scène d'adoration apparaît très nette. La déesse a pour légende : (■ — >■)

^^ . L'orante, aux formes indiquées d'un Irait sûr, dans sa robe, réduite à

un simple contour, s'avance, le corps légèrement incliné vers la déesse, le sem très arrondi, la tète, forte pour le corps, comme dans la réalité, le bras gauche présentant le miroir, l'autre tournant vers Maout la paume de la main dans l'altitude de l'adoration. Le miroir, dessiné avec autant de soin que le reste, est intéressant à observer parce (pi'on y trouve l'exacte notation de ses parties constitutives. Ainsi, on se rend compte que la partie coudée avait pour but de le poser debout sur une table, de quel([uc façon qu'on procédât pour cela; en outre, le dis(|ue est représenté enchâssé à sa partie inférieure dans une monture qui rappelle celle des n"' /4/1076 et 4/1077. Il n'est peut-être pas téméraire d'en inférer que les miroirs (le la série de Mit-Rabfnèh avaient des manches du type ici représenté. Les deax colonnes du genre halborique qui llanquent le naos, ont le fût aminci au sommet et renflé vers le bas, sans indication de fasciculage. Les chapiteaux supportent directement la toiture horizontale, ([ue surmonte ici une rangée d'urœus très espacés. Pas de colonnettes ni d'auvent. La légende dédicatoire est : (■ — >■)

Techmi.le. Le disque est fondu et soigneusement poli, 11 est recouvert d'une patine marron très sombre (bronzes japonais) qui ne parait pas accidentelle et l'on peut se demander s'il n'existait pas une catégorie de miroirs non dorés, ni argentés, mais pourvus d'une patine polie et douée du pouvoir réilécbissant. La gravure du revers est faite par im artiste consommé : pas d'hésitation dans le tracé qui est en même temps très fin. Là où le trait est multiplié, par exemple dans les plumes des ailes, dans les ornements imbriqués du siège, nulle confusion. Les hiéroglyphes sont détaillés.

CoNSF.iiVATioN. L'actiou du sol ne s"e>t pas fait sentir par empâtemeni, mais p.i érosion. Dans les endroits intacts, la patine est très luisante et réiléchissantc.

RiBi,. : La même que pour !.• nniinM-o précédent.

44080. Disque de miroir. — Bronze fourré d'étain ou de fer. — Haut. 0 m. i58 niill., larg. o m. i63 miH., épaiss. o m. 002 niill. 5: poids 3oi grammes. — Mît-Rahînèh, fouilles de Daninos, 1901 (pi. XX).

Le disque entièrement plat est, malgré son épaisseur relative, doué d'une certaine flexibilité et peut se redresser à la main. Il est en même temps, d'une légèreté très sensible comparativement aux autres. La représentation du revers présente les variations suivantes : L'édicule est surmonté d'une architrave supportant une corniche au-dessus de laquelle est le couronnement ordinaire des urœus. Par-dessus tout, est la ligne infléchie de la toiture reposant à ses deux extrémités sur deux fines colonnettes hathoriques d'un type essentiellement décoratif, d'inégale hauteur, celle de droite supportant la partie surbaissée du toit. Ajoutons que ces colonnes sont flanquées sur le côté, à mi -hauteur, de bouquets analogues aux chapiteaux, détail qui s'observe sur les colonnes réelles, mais d'autre façon qu'ici, où nous retrouvons la loi ordinaire du dessin égyptien, relative à la fonction du détail. Les urœus du couronnement forment une gamme ascendante de gauche à droite de manière à garnir le vide inégal compris entre le toit rampant et le listel horizontal de la corniche. Celle-ci, de même que l'architrave, est meublée d'un disque ailé.

Celui de l'architrave est seul muni de l'inscription d'usage : (■< — ■) H I,

mutilée du côté droit. La déesse, indépendamment de son sceptre j tient de la

même main (la gauche), une fleur de lotus. Sa légende est : (» — >-) ^|à .

Pas de table d'ofîrande. La prêtresse, qui a ici les traits d'une jeune fille, présente du geste accoutumé le miroir. Quelques particularités sont à relever dans la représentation de cet objet : 1" le disque repose dans le croissant comme dans le numéro précédent; on y voit en outre, tracé d'une façon sommaire, mais reconnaissable, un signe rectangulaire cpi ne peut être que la reproduction de la scène du naos qui décore les miroirs de cette série; 9° la partie verticale du manche sommairement indiquée se ramène, pour qu'on l'analyse de près, à une colonnette hathorique; 3° la partie horizontale n'y est plus le retour coudé de la partie verticale, mais une sorte de tablette, ce qui confirme l'opinion que nous avons là un dispositif desfiné à poser droit le miroir. Rien de plus naturel dans le cas des miroirs votifs que l'on consacrait à la déesse Maout et qu'on dressait sur la banquette d'offrande de sa chapelle. L'orante est vêtue d'une robe transparente, plissée et

frangée. Au-dessus est la légende : \ |\ =î=*^ ^B^W' P"^^ ^^^^ signes O O

qui peuvent passer pour des fleurs posées sur sa coifl^ure. De chaque côté de Pédicule est le dieu Dès, de face, posant sur la ligne de terre, et au-dessus, régnant à hauteur de la toiture, les deux yeux^^^^.

La légende dédicatoire, à la base, est ainsi conçue : (m — *■) * fi M *

° ' to. I ^— ^ X * I I 1 1 1 I I

44099. Gaine de miroir fragmentaire. — Vannerie. — Haut, o ni. i/iô mill.. largeur prise de la bordure du haut o m. 20 cent., largeur reconstituée 0 m. 9. 1 ô niill. (pi. XXIV).

Elle se compose de deux pièces semi-circulaires en papyrus tressé de brins de trois couleurs : jaune ou couleur naturelle de la fibre, bleu et rouge. Une bordure en cuir, plate en haut, en boudin sur le pourtour, consolide la juxtaposition des deux pièces, réunies en outre par une couture de sac, laissant par conséquent ouverte la partie supérieure, orifice par lequel le disque du miroir était enfoncé dans la gaine, le manche en l'air, comme le représentent de nombreux monuments.

Technique. On a procédé comme pour une natte. Une trame faite de petites baguettes plates en fibres de papyrus est couverte en sens contraire par des brins en fibres tordus d'un millimètre au plus; une partie des brins étant colorés, comme il a été dit, en rouge et en bleu, on a obtenu des alternances de tons rouges d'une part et bleus sur jaune de l'autre. Puis la natte a été découpée suivant le modèle voulu, avec la précaution de laisser les brins assez longs pour les tresser autour d'une fine armature de jonc ou de bois de papyrus. On a ensuite cousu en surjet cette armature en se servant d'une fibre végétale très souple. Une lanière de cuir cousue à l'aiguille recouvre ce boudin. En haut, on a simplement usé, pour la bordure, d'une double lanière plate d'un centimètre de large, formant lisière sur le bord de chaque face.

Conservation. Un des côtés a perdu fa partie supérieure sur une hauteur de 6 centimètres, mais sa bordure circulaire, quoique bien endommagée, est sufiisammenl conservée pour dévoiler la technique. L'autre côté a gardé toute sa hauteur; mais la plus grande partie de la bordure a disparu et la pièce est presque effrangée tout autour. Il reste cependant environ 3 centimètres et demi du bord supérieur, qui manque à l'autre pièce et grâce à cela on peut reconstituer l'objet presque en entier. Il faut encore y ajouter, en se basant sur les représentations, une courroie de suspension.

BiBL. : I/olijel porte sur une e'iiquetle le nombre i58 ou i5o (?).

44100. Deux fragments de gaine de miroir. — Vannerie. — Hauteur des deux fragments réunis o m. 12 cent., larg. 0 m. 91 cent., largeur reconstituée o ni. 2 i ô niill. (pi. XXIV).

Ils se rajoutent pour former le côté qui reste encore très incomplet, d'une gaim' de miroir. Décor en damier coupé par deu.\ bandeaux transversaux.

Technique. Même technique que dans le numéro précédent; les couleurs vont également par trois : le jaune naturel de la fibre, le rouge britpie, et un ton noisette ([ui n'est autre que du vert décoloré.

Catal. du Mutée , n° 4ioo i . 7

Conservation. La bordure en cuir du cintre est conservée d'une manière pius continue (jue dans le numéro précédent; ceile du haut a disparu avec le bord, qu'il faut suppléer sur une hauteur de près de i? centimètres pour reconstituer la surface complète du côté.

44101. Boîte à miroir. — Bols et ivoire. — Long, o m. 28 cent. (0 m. 16 cent, pour la partie tlu manche), largeur de Técrin du disque 0 m. 1 3 cent., haut, (y compris le couvercle) 0 m. io5 niill.. épaisseur du couvercle

0 m. 008 mill. — Deir el-Bahari, cercueil de la reine f |^ ^ >f = J (pi. XXIII).

Sa forme, conçue de manière à emboîter exactement les deux parties constitutives du miroir, comprend un corps cylindricpe et un prolongement rectangulaire, ayant l'un et l'autre leurs parois verticales. Le couvercle, simplement posé à même, est plat et n'a pas de feuillure ipii le maintienne engagé' dans l'mtérieur de la boîte; mais la présence d'un troude pivot à l'une des extrémités, et d'un bouton de prise à l'autre attestent un mode de fermeture analogue à celui des boîtes à parfum, où le couvercle se meut en plan liorizontal autour d'un pivot. L'intérieur est des plus rudimentaires. Le bois est simplement enduit d'une couche de stuc, grossièrement appliquée, là où l'on attendrait une doublure en basane ou tout au moins un stucage soigné. Comme pour le coffret de l'Orient musulman, toute la richesse de la décoration a été réservée à l'extérieur.

BoUr. — Par le peu (ju'il en reste, on constate (jue le décor se composait d'un placage d'ivoire sur lequel étaient tracés et peints les ornements floraux , très simples dans la partie rectangulaire, plus riches dans l'autre. Le motif en est une frise, bordée, en bas, d'un étroit bandeau décoré en dents de scie, procédé géométrique employé ici pour schématiser une rangée de campanes renversées. Ces campanes sont peintes alternativement en vert et en rouge; dans les intervalles, un rond schématisant par le même procédé, une baie d'arbre fruitier. Toutes les baies sont rouges. La frise, nue dans la partie quadrangulaire, était remplie, dans l'autre, d'un motif lotiforme consistant dans l'alternance d'une ombelle épanouie et d'une ombelle entr'ouverte d'où l'on voit pendre la tête d'un bouton. Le motif est renversé : les bouquets ont la tête en bas.

Couvi'rcle. — Le dessous présente l'aspect grossier déjà constaté à l'intérieur de la boîte; de plus, le stuc qui le recouvre est ici enduit de matière momifiante. Le dessus, par contre, est très élégamment décoré et c'est précisément là qu'est concentré tout l'intérêt artistique du monument. Le motif principal est une figure de jeune fille, les motifs secondaires sont des arrangements décoratifs de fleurs et d'oiseaux. La façon dont ils ont été combinés est très ingénieuse. Le rectangle correspondant au manche du miroir forme un panneau qui se prolonge jus([u'à peu près le milieu de la partie circulaire coupée par une bande écpialoriale décoré du motif (campanes et baies)

observé sur la hoîlc. Cette coupure forme ainsi, d'une part, un tympan semi-circulaire et, d'autre part, deux secteurs de cercle de chaque côté du panneau. Les deux secteurs sont garnis d'une Heur de lotus irradiant ses pétales, en rose des vents. Sur le tympan , s'épanouit , au centre , un liouquel de papyrus | f vers lequel volette , de chaque côté, un canard au plumage hariolé. Un nid garni de trois œufs, complète l'arrangement au-dessus de chacun des oiseaux. Le panneau rectangulaire se subdivise en un tableau principal, au centre de la composition et un panneau secondaire, faisant à l'autre extrémité pendant, par sa décoration, au tympan cidessus décrit : on y retrouve en effet, mais en variante, la touffe de papyrus et les deux canards. La touffe est ici un bouquet de cinq campanes haut sur tige, et les canards volent, la tête en bas, dans des directions contraires. Le tableau paint est en même temps le principal attrait de la composition, non par sa nouveauté, car le sujet en estl'uii des plus fré([uemment représentés, mais par le charme et la délicatesse de l'exécution. Une jeune tille, nue, parée seulement d'un collier cl de bracelets aux poignets, aux bras, aux avant-bras et aux chevilles, s'avance tenant de la main gauche le long rameau qui parait être l'une des formes du bouquet égyptien, celle même qui était usitée dans les rites religieux, tandis qu'elle présente de la main droite un non moins bizarre arrangement végétal, en forme de gousse plus renflée à la base et très amincie et infléchie à l'autre extrémité, qui se termine par une campane, représentation aussi conventionnelle que celle du | . L'abondante chevelure de la jeune égyptienne est cerclée

par un bandeau d'où s'échappe la tresse dislinclive des princes et des princesses, rejetée sur l'épaule. Sur la tête s'épanouit un boucjuet de lotus. De la chevelure se détache un énorme pendant d'oreilles. La narine, de même que les lèvres, n'est pas indiquée, de manière à laisser au profil plus de délicatesse. Le pubis est accusé. Le tout est bordé de l'ornemenl-lisière habituel. Sur la tranche, court un lilet d'ivoire entre deux filets d'ébène.

A l'intérieur de la boîte est, encore, un petit disque de miroir dépourvu de son manche. Il est en bronze, mesure o m. i-j5 mill. de long, y compris les 2 centimètres de la tige, sur 1 1 centimètres de large. Son épaisseur n'est pas même d'un millimètre; il est plat, rigide et ne présente aucune autre particularité.

Teciimqie. Le corps de la boîte, en bois de sycomore, est formé d'une planchette de fond découpée à la forme voulue, et de planchettes latérales de h à ô millimètres d'épaisseur assemblées avec de la colle de boyau. Pour la partie ronde de la paroi , on a tendu la ou les planchettes par un moyen qui ne devait pas difl'ércr de ceux de nos jours. La partie ligneuse du couvercle est, comme le fond de la boîte, une planchelle uni(pie de 5 millimètres d'épaisseur, découpée suivant le contour voulu.

Le placage de la boite donne lieu aux observations suivantes : le seul panneau rectangulaire encore en place montre qu'on a eu recours à une lame d'ivoire pour la frise, qui est nue, de manière à ne pas altérer par les joints cet aspect uni, tandis (|u'on a rapporté des pièces pour la bordure qui est décorée. De même pour le corps cylindri(|ue, où l'on constate encore par le peu qu'il en reste, l'emploi de petites

placiuelles trenviron 2 centimètres de large, assemblées en douves et épousant très convenablement la convexité du bois. Dans ia bordure de celle même partie, on voit encore en place un fragment de ,") centimètres de long appliqué, après avoir été courbé par un procédé industriel probablement très simple, l'action de l'eau. Le placage du couvercle a réclamé l'emploi de grands morceaux : un pour le tympan, un autre pour le tableau central; mais ici, avec celte inconséquence constructive que Ion relève à tout instant dans l'art et l'industrie de l'Ancienne Egypte, on a tiré partie d'un excédent de matière pour amorcer l'un des secteurs de cercle, celui de droite, complété par deux morceaux rajoutés bout à bout; l'autre secteur est fait de deux pièces; enfin le panneau du bas, d'une pièce. Dans le panneau central dont il vient d'être question, deux petites pièces rapportées aux angles inférieurs, résultent peut-être d'un raccommodage antinue. Les trois réglettes (pii recouvrent la tranche, sont d'une mar([ueterie très solide; elles n'ont joué nulle part, reposant, comme le reste, sur un lit de colle très tenace. Le dessin a été partout repassé à la pointe. On a fait ensuite emploi de deux tons, dont l'alternance suifit à donner un effet assez riche à la décoration : l'ocre jaune et le rouge sombre; les parties jaunes sont, par endroits, repiqués de rouge. Un troisième ton, le vert malachite, apparaît dans les lleurs de la paroi circulaire de la boîte. Ces couleurs, insolubles dans l'eau pure, sont résistantes ; elles paraissent fixées à l'aide d'un mordant. Le tout a été poli après coup.

Conservation. 11 ne reste du corps primitif de la boîte que la partie de la planchette du fond, et le côté indiqué ci-contre où le pointillé indi([ue la restauration (fig. 10); mais cela suffit pour se représenter intégralement le décor, car un côté entier de la partie quadrangulaire et le commencement de la partie courbe sont encore en place.

Le couvercle est heureusement beaucoup plus intact. Les deux brisures qui déparent ia bordure, à droite, dans la partie circulaire et à l'angle du panneau reclangidaire sont modernes et doivent remonter à l'époque de la trouvaille. Dans ces deux brisures, on constate aussi deux encoches do forme régulière enduites de substance momifiante : elles correspondent avec des mortaises ménagées dans la partie de la boîte. Il y avait donc là un mode de fermeture au moyen de chevilles plates ou tenons en bois, que je ne considère pas comme primitif, mais qui a été employé lors des préparatifs du mobilier funéraire, pour assujettir le couvercle.

Il est difficile de dire à quel point les couleurs primitives se sont modifiées : ce qui paraît certain, c'est que le rouge sombre a tourné au Ijrun très foncé, presque au noir.

BiBL.: Journal d'entrée du Muace . n"' 26278 et 26279 •'^^'' '•' menlion : 'Trouvé en juin 1S86, au moment flu dépouillement, sur la poitrine delà reine Honl-loui ( XXI' dynastie h ; Calalogue , 1892, n° 1209; Calalogue, 1897, même numéro.

44192. Moule gabarit pour manche de miroir ou écrin de miroir. — Bois. — honp-. 0 m. 3i3 mill.. lar^. o m. it>5 mill., épaiss. o m. oi cent.

— Drah Aboul-Neggah, toinbeau du Mj^ "Si»^J ■ janvier i86o.

Cet objet est une tablette d'acacia faite de deu\ lais longitudinaux assemblés à la colle. On y a {;ravé ou sculpté en creux dans la moitié inférieure, un manche de miroir en forme de T , mesurant o m. i i cent, de long et o m. oi cent, de profondeur dans

les parties les plus creuses. Sur l'un des côtés de l'espace libre sont également taillés deux godets coniques ayant à la partie supérieure aô millimètres de diamètre et au fond i5 millimèlres. Ce fond qui est rapporté est uni.- languette du même bois, poussée dans une glissière, peut-être en vue de la mobilité, de manière à pouvoir retirer ou rétablir le fond des godets à volonté. Enfin, particularité à noter, toute la moitié supérieure de la tablette est entièrement unie. Trois trous de cheville percés sur les côtés (^uncn haut du côté droit, deux aux deux extrémités de l'un des petits côtés), et portant encore des débris de cbevdle, soni à négliger. Ils montrent simplement (|ue l'ustensile a été fabriqué avec du bois ayant eu antérieurement un autre usage.

Celte tablette a pu servir de creux à mouler, moitié par moitié, des manches de miroirs en matière plastique, en fritte sableuse ou terre à émailler; elle a pu également servir de matrice à battre les placages d'or ou d'argent. Les godets à paroi évasée jouaient-ils, en pareil cas, un rôle analogue et complémentaire? 11 est à remarquer que leurs deux diamètres ne correspondent ni au diamètre du collier, m à celui de la partie la plus renllée du bulbe, ni à celui du manche en question. Peut-être servaient-ils à broyer ou à malaxer les poudres colorantes dont se composait l'émail. Des traces de bleu y adhèrent encore. Le vide de la partie supérieure de la tablette, qui paraît intentionnel, devait, en pareil cas, servir à supporter le disque dans l'opération de l'emmanchement.

Autre hypothèse. Peut-être l'objet en question n'est-il qu'une sorte d'écrin destiné à recevoir un miroir et constituer aves ses deux godets un petit nécessaire de toilette réduit à sa plus simple expression.

BiBL. : Journal d'entrée du Miisée, n' 6162 ; Maspero. fiche n° 3827 ; Guide, j883, même numéro, p. 111.

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