‹ Misanthropie et repentirChapitre 3 sur 57 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PETERS, venant du château en courant après un papillon , qu'à la fui il attrape .

Ah ! je le tiens ! j’ai eu bien de la peine : oh S qu’il est joli ! Je ne suis pas mal adroit, pourtant; quoique mon père dise toujours : grand nigaud ! mais Peters n’est pas si sot ! ( Il attache le papillon à son chapeau. ) voilà qu’il a mis à son chapeau de quoi faire courir après lui toutes les jeunes filles

du village « Mon père veut toujours être si raisonnable ! Il

veut toujours savoir tout mieux qu’un autre. Tantôt je parle trop, lântôt je parle trop peu ; et si je parle seul , il dit que je suis fou. ...... J’aime pourtant bien de parler seul; car je

m’entends à merveille , et je ne me moque pas de moi, comme les autres ont coutume de faire. Se moquer comme cela des gens ! fi î c’est une bien mauvaise habitude. Passe encore quand c’est madame Miller qui me raille ; elle est si douce, si bonne, si gracieuse! Elle me gronderait, que j’au~ ra»s autant de plaisir a 1 entendre qu’à la voir. Oh! cela est bien vrai. Oh! tatigué ! j allais presque oublier pourquoi ]^

suis venu l c’est pour le coup qu’on aurait pu rire à mes dépens. Voilà de l’argent que je porte au vieux Tobie • et madame Miller m'a bien recommandé de n’en rien dire à personne. Elle peut être tranquille , il ne sortira pas un mot de ma bouche !.... C’est une bien jolie personne , que madame Miller : oui , bien jolie et bien aimable. Cependant , c’est une sotte ; oui, une sotte. Voici ce que me dit mon père : « Celui qui dépense son argent n’est pas sage -, mais celui v qui le donne, il faut, sans délai, l’envoyer aux Petitesy Maisons ». C’est bien dit.

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