DU VERTIGE
Le docteur Leven a fait dans le Journal des connaissances médicales , un excellent article sur le vertige que Trousseau nommait a stomacho lœso, bien que l’estomac en soit l’aboutissant et non le point de départ. Le docteur Leven attribue ce trouble nerveux à l’irritation du noyau encéphalique, c’est-à-dire puisant sa source dans la protubérance annulaire. Ce vertige finit par entraîner des vomissements par voie réflexe, comme dans le mal de mer. L’auteur dit qu’il ne. peut être expliqué par l’anémie cérébrale, car parmi les vertigineux, les uns font cesser le phénomène parla position verticale ; les autres par la position horizontale. 11 ne paraît pas souvent dû directement aux influences de la circulation, mais à une irritation du noyau encéphalique. — S’il est si commun chez les dyspeptiques, ce n’est pas parce que la dyspepsie crée l’anémie dans le plus grand nombre de cas, les dyspeptiques ne sont pas anémiques, mais l’estomac irrité impressionne jour et nuit l’encéphale et finit par l’irriter dans le noyau qui doit recevoir les excitations musculaires. Cette explication équivaut au fameux : « Voilà pourquoi votre fille est muette ». Mieux aurait valu indiquer le traitement. Or, dans le vertige de Trousseau, les saignées font constamment du mal : preuve qu’il y a anémie cérébrale; par contre, la strychnine, 1 acide phospho-
rique, la quassine et la caféine (arséniate ou citrate) le font cesser ou du moins le soulagent. Dans quelques cas il faut recourir à l'hyosciamine, à la cicutine, s’il y a gastralgie.il ne saurait donc s’agir de spécifique. Il y a longtemps qu’on cherche le remède du mal de mer; et on a cru le trouver dans le chloral et l’opium ; mais on ne fait qu’établir ainsi une suspension momentanée des vomissements, avec un état de stupeur ou de narcotisme qui force d’en suspendre l’usage. Aux personnes qui ne supportent pas la mer et qui doivent la traverser, nous conseillons de prendre, conjointement avec le repas, 3 granules d arséniate de strychnine et 1 granule d’hyosciamine, précisément afin de prévenir l’action réflexe du cerveau sur l’estomac, et vice versa.
EMPLOI DU SULFURE DE CALCIUM DANS LE FAVUS ET l’hERPÈS TONSURANT.
M. le docteur Félix propose le traitement suivant : 1° faire tomber les croûtes ; 2° badigeonner, quatre fois par jour, la tête avec : sulfure de calcium : 10 grammes ; glycérine pure : 100 grammes. Comme traitement interne : quelques gouttes de Fowler par jour ; sirop dépuratif au proto-
iodure de fer. ,
Nous demanderons à notre confrère de Bruxelles s’il ne serait pas préférable de donner des granules de sulfure de calcium jusqu’à production d’hydrogène sulfuré? Ce traitement se rapprocherait davantage de celui du docteur Giovanni Polli : par les sulfites et les hyposulfites.
Nous ajouterons que c’est particulièrement chez les enfants teigneux que les diphthéries sont fréquentes. Ce serait donc faire deux pierres d’un coup. Rien n’empêche ensuite de reconstituer le sang avec les arsenicaux et les ferrugineux. B