‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 127 sur 246 · PAR LE PROFESSEUR JACCOUD · texte numérisé non relu

PAR LE PROFESSEUR JACCOUD

(Hôpital de la Pitié.)

L’honorable professeur, après un brillant exposé au lit du malade, est arrivé à diviser les maladies microbiennes en deux classes : 1° celles pour lesquelles ïious ne pouvons pas incriminer d’autre cause que l’introduction

du microbe dans l’organisme : charbon, morve, syphilis, tuberculose (?) ; celles où le microbe peut faire partie de l’organisme sain et n’est pas pathogène normalement; pour qu’il le devienne il faut quelque chose de plus, et ce quelque chose de plus, c’est l’étiologie antique qu’on a voulu, bien à tort, supprimer.

Dès lors plus de dissertation : traitons le macrobe et non le microbe.

DES RAPPORTS ENTRE LES MALADIES ET LES MICROBES PATHOGÈNES, PAR LE DOCTEUR ROGER.

(Gazette hebdomadaire de médecine et chirurgie, 8 mars 1890.)

C’est convenu! pas dé microbes, pas de maladies. Autrefois on disait : des miasmes, des virus; mais la réceptivité ou la résistance vitale est toujours là. On ne saurait admettre une sorte d’acclimatation, car c’est dans leur pays d’origine que les maladies infectieuses sont les plus violentes. Ainsi le choléra dans l’Inde ; la peste en Asie; les fièvres pernicieuses dans nos contrées palustres. Microbes, miasmes ou virus, c’est toujours au principe vilal qu’il faut en venir, et c’est à augmenter ce dernier que tend la dosimétrie, tandis qu’avec la vieille allopathie, celte auxiliaire de la mort, on le diminue et' même on l’abat par les moyens spoliateurs. Faut-il admettre, avec l’auteur, que c'est parce que les microbes s’abattent sur tel ou tel organe qu’il y a des maladies propres à ces derniers? Une cardite si c’est sur le Cœur. Une méningite si c’est sur le cerveau. Une gastrite si c’est sur l’estomac. Une hépatite, une splénite, une néphrite si c’est sur le foie, la rate, aux reins? Sans doute le danger est en raison de l’importance de l’organe attaqué, mais le point essentiel est d’empêcher ces localisations ou du moins d’y rendre les organes réfractaires. Or, on ne dira pas que c’est en les affaiblissant qu’on obtiendra ce résultat. Pour comballre ces agents morbigènes la nature nous donne des remèdes appropriés. Ainsi des plantes fébrifuges qui se résument dans leurs alcaloïdes. Comment ces derniers agissent-ils? Évidemment comme névrosthéniques et, si l’on veut, comme parâsiticides —le mode d’action importe peu, le résultat étant le même. Nous ne voulons nullement proscrire la bactériologie ; c’est une étude

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

très curieuse, mais, après tout, une «inutile histoire naturelle» sans thérapeutique. Les vaccins sont des préservateurs ; mais sait-on comment? Il est heureux que la constatation du fait ait précédé son explication. Les anciens employaient l’éponge brûlée dans le traitement du goitre, ignorant qu’il y avait de l’iode, qui ne fut découverte dans les plantes marines que de nos jours. De même, les anciens combattaient les fièvres palustres par l’arsenic quand il n’y avait pas d’autres fébrifuges. Les Péruviens boivent l’eau des mares où ont macéré des troncs de quinquina. Pourquoi serions-nous moins empiriques qu’eux, puisque l’empirisme c’est le bon sens du peuple? Vox populï vox Dei.

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